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Auteur Sujet: 1984 de George Orwell  (Lu 19814 fois)

RickFloyd

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04 août 2007 à 22:47
« le: 04 août 2007 à 22:47 »



1984, ou Nineteen Eighty-Four, de son titre original, est un roman captivant de George Orwell (écrivain anglais né en Inde, diplômé de l'université d'Eton).
Composé de trois parties, il a été écrit au cours de l'année 1948, mais pour le titre, Orwell a dû inverser les deux derniers chiffres suite à la censure exercée par sa maison d'édition.
Imaginez un monde régi par seulement trois super-états, appelés Eurasia, Eastasia et Oceania.
Dans ce troisième vit un certain dénommé Winston Smith employé au Ministère de la Vérité, chargé de faire disparaître toute pièce écrite, ou image gênant la souveraineté du gouvernement totalitaire, appelé "Le Parti".


Pour vous donner une idée de l'aberration de ce Parti, et de jusqu'où il peut aller dans la manipulation, je vous cite son slogan :

WAR IS PEACE
FREEDOM IS SLAVERY
IGNORANCE IS STRENGTH
[/i]

(La guerre, c'est la paix / La liberté, c'est l'esclavage / L'ignorance, c'est la force) .

 Winston Smith n'est pas un membre du Parti comme les autres. Il est "Le dernier homme sur Terre", dans le sens où, lui seul, comprend ce que les mots "liberté" et "égalité" devraient signifier pour tout homme. Il connaît la vérité qui depuis son enfance lui avait été cachée par les despotes au pouvoir.
Lui seul a compris qu'il devait lutter contre ce Parti. Mais face à un peuple ignorant et heureux de sa condition, et aux "lèche-bottes" du système, que peut-il faire? Rien.
En Oceania, les rues sont parsemées d'affiches disant "BIG BROTHER IS WATCHING YOU" (Le grand frère vous surveille). Big Brother est le véritable emblême du Parti. Tout le monde en a peur parce que tout le monde doit en avoir peur. Winston hait Big Brother. Big Brother est l'allégorie parfaite du "lavage de cerveau", du "contrôle de pensée". Si Big Brother dit que 2 et 2 font 5, alors le peuple doit l'admettre sans avoir même l'idée de contrarier la chose.
Car même les idées sont bannies. Si on pense mal, (si on pense perversion, rébellion, et même vérité), on commet un crime de pensée et on risque de se retrouver à la fameuse "chambre 101". Afin d'empêcher le peuple de trop penser, on supprime les mots. Le dictionnaire Novlangue (Newspeak, langue inventée afin de mieux affirmer sa main-mise intellectuelle sur les populations) est le seul dictionnaire au monde à ne pas s'étendre, mais rétrécir, puisque ce sont les mots, principalement, qui conduisent aux idées.
Je n'en dirai pas plus, c'est déjà trop. C'est le roman à lire pour mieux comprendre l'histoire du XXème siècle.


Ce pot-pourri de tous les régimes totalitaires et des dictatures du XXème siècle constitue un des plus grands chefs d'oeuvre engagés jamais écrit. On peut passer du coq à l'âne dans ce livre, tant ses scènes peuvent être choquantes en violence, mais aussi fortes en érotisme.
Le style, quant à lui, reste très académicien, à la manière d'un essai, ce roman faisant tout d'abord office d'une critique.

1984 et Pink Floyd

Roger Waters est un inconditionnel d'Orwell, dont le roman Animal Farm a été une source d'inspiration majeure pour l'album Animals. En ce qui concerne 1984, on en retrouve certains éléments dans The Wall, avec l'idée d'un totalitarisme si fort qu'il fait même danser les gens de la même manière (cf Run Like Hell, dans le film d'Alan Parker). On retrouve également, dans Another Brick In The Wall, l'idée d'un contrôle de pensée :
"We don't need no thought control", phrase qui aurait pu être prononcée par Winston Smith.
Le dernier mot de l'album Amused to Death, donc sur le titre éponyme, est "Nineteen Eighty-Four", répété deux fois.

Nota : Une adaptation cinématographique de 1984 a été tournée en Grande Bretagne, et est sortie en... Je vous laisse deviner! :D :)

P.S. : Désolé pour les anglicismes, cela vient du fait que je l'ai lu en version originale anglaise.
« Ňous trouvoήs beau ce qui ήous est assez iлdifférent pour ʼnous permettre de voir ce que лous vouloήs à la place. ». - Boris Viaň ^^
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MP

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05 août 2007 à 12:08
« Réponse #1 le: 05 août 2007 à 12:08 »
"1984" est un de mes romans préférés au même titre que "Le Procès" de Franz Kafka, "Tendre Est La Nuit" de Francis Scott Fitzgerald ou encore "l'Attrape-coeur" de Salinger. C'est d'ailleurs grâce à Pink Floyd et leur album "Animals" que j'ai découvert George Orwell, je conseille d'ailleurs à ceux qui ont aimés "1984" de lire "La Ferme Des Animaux" un autre grand livre de George Orwell ;)
Yoko Ono: "John, tu veux bien descendre la poubelle?"
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05 août 2007 à 17:10
« Réponse #2 le: 05 août 2007 à 17:10 »
Je ne connais pas ce livre, enfin je ne l'ai jamais lu mais ta présentation me donne envie de combler ce manque. Bravo Rick, c'est une très bonne présentation que tu as fais là :)

ps : Mp, attention aux grandes citations comme ça, ça alourdit inutilement la base de données (c'est pas moi qui le dit, c'est écrit dans la charte :P)

:)

Lbs44

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05 août 2007 à 17:59
« Réponse #3 le: 05 août 2007 à 17:59 »
1984.. ca ne serait pas 2007 en France par hasard ??

Bon ok.... Je sors..:sifflote:
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manu

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05 août 2007 à 18:09
« Réponse #4 le: 05 août 2007 à 18:09 »
Big Brother est passé par là et a corrigé l'image de Rick qui est maintenant dans sa galerie sur le forum. Il a également enlevé la citation non-nécessaire de MP qui multipliait la taille de son message par 10 dans la base de donnée.

Little Sarkother vous remercie de lire la Charte du forum pour plus d'explications sur ces interventions musclées.

:cool:
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MP

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06 août 2007 à 12:11
« Réponse #5 le: 06 août 2007 à 12:11 »
Sorry :ange:, pas fait exprès XD

Atom Heart

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06 août 2007 à 14:00
« Réponse #6 le: 06 août 2007 à 14:00 »
Elle est vraiment très bien ta chronique 1961 tant et si bien que tu m'as vraiment donné envie de découvrir les livres d'Orwell. Je me suis donc commandé ce matin 1984 et La ferme des animaux... je pense que je vais les dévorer! miam! ^^
"L'équilibre est à mi-chemin entre les deux extrêmes" www.bernardwerber.com

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06 août 2007 à 22:41
« Réponse #7 le: 06 août 2007 à 22:41 »
J'ai lu La Ferme des Animaux, et il est pas mal je trouve :)
Shine On You, Crazy Diamond... :coeur:

RickFloyd

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07 août 2007 à 18:03
« Réponse #8 le: 07 août 2007 à 18:03 »
Citation de: Atom Heart
Elle est vraiment très bien ta chronique 1961 tant et si bien que tu m'as vraiment donné envie de découvrir les livres d'Orwell. Je me suis donc commandé ce matin 1984 et La ferme des animaux... je pense que je vais les dévorer! miam! ^^
Waouh.. En Français?
En tout cas ravi d'avoir réussi à partager ce chef d'oeuvre avec quelqu'un ;).

PS : commence par 1984, si ça ne te dérange pas, je veux connaître ton avis :)

Bonne lecture!

Atom Heart

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07 août 2007 à 22:47
« Réponse #9 le: 07 août 2007 à 22:47 »
Oui, en français! lol.

Je devrais recevoir les livres après-demain et promis je commencerai par 1984. Je te ferai part de mes réactions sur ce topic ;)

RickFloyd

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08 août 2007 à 20:33
« Réponse #10 le: 08 août 2007 à 20:33 »
Ah c'est adorable ça!
Je te préviens :
-Partie 1 : tu vas trouver ça intéressant et amusant
-Partie 2 : tu vas te faire chier comme jamais lorsque Winston commence à ouvrir son livre et à le lire... Mais essaie de ne rien louper pour autant, c'est très intéressant si tu prends du recul. Adopte une lecture active, et non passive pour cette partie.
-Partie 3 : la partie de toutes les surprises et, sans doute, celle qui va le plus te couper le souffle. Mais tu vas survivre! :D

Je te souhaite bien du plaisir à le lire ;)

MP

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09 août 2007 à 13:29
« Réponse #11 le: 09 août 2007 à 13:29 »
Pour ceux qui ont aimés "1984", je conseille également le grandiose "Procès" de Franz Kafka!

RickFloyd

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09 août 2007 à 16:32
« Réponse #12 le: 09 août 2007 à 16:32 »
C'est comme si tu l'avais déjà dit, plus haut, fais-en une description sur un topic, j'ai hâte que tu nous en parles! ;)

Comfortably Floyd

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17 août 2007 à 23:29
« Réponse #13 le: 17 août 2007 à 23:29 »
J'ai lu le livre d'une seule traite cette semaine (j'ai fini la 3ème partie aujourd'hui même :cool: ). Ce livre est terrifiant mais porte également un regard terrifiant sur le XXème siècle et sa monstruosité.

ATTENTION CE QUI SUIT CONTIENT DES SPOILERS NE PAS LIRE SI VOUS VOUS VOULEZ GARDER LA SURPRISE.

Dès la première page on se sent déjà opprimé, Big Brother (BB) est déjà là, il ne nous quittera plus, même après la fin du livre. On n'a pas lut le premier chapitre que l'on sait déjà que tout espoir pour Winston est vain, on entre-apperçoit son avenir. On sait qu'il n'est que "just another brick in the wall", il n'a rien d'un héros, juste un employé comme un autre, même s'il peut paraitre humain, on se rend vite compte que ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'il ne rentre dans le troupeau.
Dès le premier chapitre on sait que seul le Parti peut vaincre, il n'y aura pas de rebellion possible. Déjà là Orwell nous pose les bases de son oeuvre. Cependant en lisant la suite on peut supposer qu'il ne s'agit que d'une sorte de prétexte pour parler du totalitarisme. Winston n'est qu'un exemple qui sert à parler du Parti et de sa méthode, il n'est qu'un exemple parmis tant d'autres choix possible. Tout comme Julia qui ne servira que d'alibi pour aborder la question de l'anihilation des sentiments humains. De même que le Parti n'est qu'un exemple parmis les 2 autres régimes qui se situent en Estasia et en Eurasia.
Ces choix sont eux même arbitraires, ce qui introduit parfaitement le sujet. Orwell n'explique pas ces choix et n'aura pas besoin de s'expliquer.

L'histoire se déroule sur Terre, il ne s'agit pas d'un livre de science-fiction, il s'apparenterait plutôt à de l'anticipation même si les éléments qui le constituent font parti du passé et du présent comme je vais l'expliquer.
En effet on peut aisément deviner que le Parti n'est que la version ultime de la dictature communiste. Il est la version poussée à l'extrême du modèle stalinien. Les prolétaires, les capitalistes, l'Angsoc, le culte de la personnalité et tant d'autres éléments confirment qu'Orwell s'est inspiré du régime communiste pour décrire le Parti.
Là encore il ne s'agit que d'un exemple pour décrire un phénomène plus vaste: le totalitarisme. Et c'est dans ce sens que va la 2ème partie du bouquin, c'est d'autant plus clair lorsque Winston lit le livre . Là l'auteur ne se cache plus, on s'est littéralement écarté du récit de fiction pour rentrer de front dans l'analyse du système. Comme dirait 1961 c'est chiant. Certe. Mais c'est également très finement écrit et analysé. Nous ne sommes plus là dans une étude basique et superficielle (on n'est pas là juste pour dire "bouhhhhhhh les vilains méchant pas beau") mais dans une étude poussée qui n'est pas sans rappeler Le Système Totalitaire d'Hannah Arendt (le style s'y rapproche beaucoup).

Cette partie explique le fonctionnement du Parti tandis que la 3ème partie nous le montre de
l'intérieur, grâce à qui il fonctionne. C'est probablement le passage le plus terrifiant du livre tant on est abasourdi par le degré d'endoctrinement des gens et à quel point ils arrivent toujours à nous convaincre que 2+2=5. Terrible.
Le roman se conclue comme il l'avait commencé: zoom direct sur Big Brother. Il ne nous a pas quitté d'une semelle, et cette dernière occurance nous rappelle qu'il ne va jamais nous quitter.

Bref Orwell place le lecteur dans un monde bien réel et palpable (Angleterre) dans une situation à l'échelle planètaire nous rappelant ainsi qu'aucun pays n'est à l'abri de sombrer dans un tel régime.
Même si tout n'est que fiction Orwell se base sur des éléments réels pour tenter de comprendre un siècle qui a vu naitre les projets d'exterminations humains.


Bon je m'arrête là je fatigue XD
Comme vous l'aurez peut-être compris j'ai adoré ce livre qui est d'une rare lucidité et intelligence.

RickFloyd

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18 août 2007 à 18:55
« Réponse #14 le: 18 août 2007 à 18:55 »
Je suis ravi de ce commentaire dont tu nous fais part. C'est très intéressant, bravo.
C'est exactement ce que j'aurais voulu faire si je ne m'étais pas interdit de dévoiler l'évolution du récit.

Citation de: Comfortably Floyd
Là l'auteur ne se cache plus, on s'est littéralement écarté du récit de fiction pour rentrer de front dans l'analyse du système. Comme dirait 1961 c'est chiant. Certe. Mais c'est également très finement écrit et analysé.
Je dis que c'est chiant si on lit cette partie comme je l'ai fait, c'est à dire de façon passive. De plus, cette deuxième partie ne nous apprend rien de plus, à nous, qui sommes allés à l'école, en cours d'histoire. Sans compter qu'on percevait déjà ce qui est dit à travers le récit narratif qui couvre la première partie. Evidemment, à l'époque, ces précisions n'étaient pas de trop. Ce livre m'a toutefois beaucoup plus dégoûté du totalitarisme que n'importe quel cours d'histoire, et je suis prêt à parier que cela opère sur n'importe quelle personne qui possède un coeur.

Comfortably Floyd

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19 août 2007 à 22:00
« Réponse #15 le: 19 août 2007 à 22:00 »
Citation de: NineteenSixty-One
Je dis que c'est chiant si on lit cette partie comme je l'ai fait, c'est à dire de façon passive. De plus, cette deuxième partie ne nous apprend rien de plus, à nous, qui sommes allés à l'école, en cours d'histoire.
Exactement ! Enfin non ça nous apprend quand même pas mal de choses que l'on n'apprend pas en cours. A l'école on nous apprend précisement les modes de développement de certaines dictature (principalement le Fascisme, le Nazisme, et le Communisme soviétique). Or dans 1984, Orwell ne distingue aucun de ces régimes et fait une sorte de condensé. Il ne nous explique absolument pas comment Big Brother et le Parti sont arrivés au pouvoir (il n'est fait mention que de la Révolution dont on ne sait absolument rien), il nous décrit plutôt comment, d'une façon plus globale, les régimes totalitaires s'installent au pouvoir et comment ils fonctionnent. Il s'agit de tout les systèmes totalitaire et non d'un seul en particulier, et c'est là que c'est particulièrement brillant. A travers le livre il délivre une analyse générale du système totalitaire. Ce Goldstein EST Orwell, sans aucun doute (selon moi je précise). C'est d'autant plus brillant que le livre a été écrit en 1948 alors que le monde sortait de la plus sanglante guerre de l'humanité et que le nazisme venait juste d'être éradicait et qu'on ne commençait qu'à peine à découvrir l'étendu du désastre. D'ailleurs je pense que c'est justement par ce manque de recul qu'Orwell a prit la dictature stalinienne en modèle puisque déjà implantée depuis pas mal de temps et que ces méfaits étaient bien connus, ainsi à travers le Parti on ne peut reconnaitre directement le nazisme ou le fascisme.
Ce n'est pas non plus pour rien que j'ai fait allusion à Hannah Arendt et son oeuvre de référence sur le totalitarisme. Pour ceux qui l'ont lut on peut facilement remarquer la similarité avec la seconde partie de 1984, le style est bizarement très proche.
Donc ce n'est pas le genre d'infos qu'on nous apprend au lycée à propos de tels régimes, c'est d'ailleurs pour ça que c'est mon prof de philo qui nous a fait lire le livre d'Hannah Arendt, même partiellement.

Atom Heart

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06 septembre 2007 à 10:30
« Réponse #16 le: 06 septembre 2007 à 10:30 »
"J'existais si peu que je n'étais même pas personne"
Bernie Bonvoisin

Naïvement, il est de coutume de dire que l'amour peut tout. Même soulever des montagnes. Avec lui, rien n'est impossible et toutes les folies semblent accessibles. L'amour est le ciment qui maintient les peuples unis. Il est l'élixir qui donne du courage pour abattre tant de murs si souvent infranchissables. Pour le défendre, les hommes sont capables de créer des révolutioons et de renverser les plus puissantes dictatures.

Mais si l'on pouvait un jour tuer l'amour, il serait alors possible d'asservir les individus à un éternel et inamovible régime totalitaire.

1984 est un cri de désespoir, une complainte désabusée sur la déshumanisation des hommes. C'est le récit cynique de la réussite d'une improblable autocratie où le pouvoir acquiert la plus grande des forces: Ne plus exister au travers d'une personne bien réelle - avec toutes les faiblesses et les travers de l'homme - mais grâce à une savante aliénation collective. Une fois rompus tous liens sociaux et anéanti le précepte ancestral que l'union fait la force, il n'existe plus aucun obstacle au pouvoir dictatorial. Aucune rebellion n'est possible. Avec une incroyable cruauté, les hypothétiques dissidents au régime ne sont pas purement et simplement éliminés - ce qui serait un avoeu d'échec et de renonciation pour le Parti - mais leurs esprits sont littéralement torturés et façonnés sans relâche pour qu'enfin s'abattent les deniers remparts de la conscience. Ceci fait, lorsque tout sentiment humain a disparu, alors la liberté physique peut être rendue à ces anciens rebelles. Devenus mentalement inoffensifs, ceux-ci ont renoncé à toute conviction personnelle et sont maintenant prisonniers d'une implaquable Doctrine.

Le seul amour véritable qui se doit d'exister, c'est l'amour pour Big Brother.

RickFloyd

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13 septembre 2007 à 12:59
« Réponse #17 le: 13 septembre 2007 à 12:59 »
Bonne synthèse, Atom Heart. La citation que tu as proposée est, je le pense, tout à fait appropriée ici. Ca me rappelle le fameux dialogue entre Winston et O'Brien, avant qu'ils n'entrent dans la salle 101, au cours duquel Winston demande si Big Brother existe bien comme lui existe, et O'Brien lui répond "Tu n'existes pas."
Le Parti propose une entreprise collective qui fait que chacun existe. Une vie, c'est rien. Autant se mettre au service de quelque chose d'éternel, d'immortel. Tout seul, nous n'existons pas. Et c'est d'ailleurs ce que rappelle Orwell, à la fin de la partie III, avant que Winston ne se déshabille : "Do you understand that you are alone? You are outside history, you are non-existent". Je crois qu'on ne peut être plus près de l'idéologie communiste, sans le citer. :D

Wulfnoth

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16 septembre 2007 à 04:21
« Réponse #18 le: 16 septembre 2007 à 04:21 »
Bizarre, cette unanimité à trouver la deuxième partie ennuyeuse. C'est celle qui m'a le plus glacé, par son analyse froide et insensible, très scolaire effectivement, de la dictature de Big Brother.

Je ne vais pas répéter ce qui a déjà été dit et me contenter d'un brin de témoignage personnel : relire le livre est une expérience douloureuse. Lors de la première lecture, l'espoir subsiste, de plus en plus ténu, mais il reste toutefois présent : non, Winston ne va pas être pris, non, il ne va pas céder... et la fin claque, inexorable. À la relecture, l'espoir n'est plus là : la fin est toujours aussi inéluctable, mais on n'a plus cette espérance insensée qu'il va se passer quelque chose pour l'empêcher.
C'est facile quand tu es gros au Japon.

RickFloyd

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16 septembre 2007 à 11:50
« Réponse #19 le: 16 septembre 2007 à 11:50 »
Ce qui est assez logique, non? :euh:
 

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