Signification de la pochette de Wish you were here ?

Démarré par Césario, 10 Août 2010 à 06:02

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manu

Il y a surement un peu de ça oui, de toute façon cette pochette avec les deux mecs en costards est clairement faite pour pouvoir être interprétée de plusieurs façons. Ce sont les studios de la Warner au passage^^

Perso si j'ai un mec en feu devant moi, je vais pas lui serrer la main comme si de rien était... Donc soit y'en a un qui est incroyablement faux-cul soit l'autre n'est pas vraiment là ?

Pour le plongeur qui saute dans un lac sans aucune éclaboussure, là c'est nettement plus claire : s'il était vraiment là il y en aurait partout^^ Donc encore ce thème de l'absence...

Même la pochette toute noire : il n'y a rien, même pas une couleur !
« You can never get enough of what you don't need to make you happy. » — Eric Hoffer
« Désolée mais la trilogie de Nico... A côté, Berlin c'est Disneyland. » — E.G.

Dr Wu

Je déterre ce post car la couverture est effectivement intriguante.

Parfois, et même souvent, chez Hypgnosis il ne faut pas chercher de sens, il s'agit de représentations suggestives, qui incitent à la reflexion, qui peuvent être comprises de multiples manières, mais des fois ça ne va pas bien loin. Disons que c'est sympathique dans le sens où cela permet à l'observateur de croire ce qu'il veut.

Pour Wish.. je pense que la photo est tout simplement en rapport avec le titre et la chanson. J'aimerai que tu sois là. C'est l'homme normal qui pense cela. L'autre, celui qui brûle, qui est grillé, cramé, heurté par les aléas de la vie ou par ses choix n'est pas (plus) là. L'homme de gauche aimerait serrer la main de celui qui s'est brûlé dans l'existence.
En même temps ce n'est pas possible, l'autre n'est plus là, et on ne peut serrer la main de quelqu'un qui se consume. Tout est souhait, tout est regret.


roger keith

Je ne sais plus si on l'a évoqué, le type qui brûle m'a presque toujours fait penser à Syd, qui s'est cramé les ailes en pleine gloire et qui sur la fin était tout aussi absent.

A noter, qu'il est apparu dans le studio pendant l'enregistrement de Shine On, et je me demande si le morceau titre lui même avait déjà été écrit/mis sur bande.

Après je me trompe surement, ça peut très bien évoquer les tensions entre Gilmour et Waters, ou bien même la perte de vue d'un(e) ami(e) très chere à cause d'un différent train de vie (l'un allant de l'avant quitte à y passer, l'autre stagnant dans son coin).

Avec Pink Floyd on est un peu libre d'interpréter à sa sauce.

bruno graphic

Bon, alors, qu'est-ce que cela peut bien vouloir exprimer ?

Il faut déjà avoir en tête que cet album n'a pas un mais plusieurs visuels.

Ensuite, la première approche de Wish you... , tout du moins au temps du vinyle, c'est un plastique noir opaque, avec un autocollant au centre. La fameuse poignée de main "robotique", qui illustre vraisemblablement Welcome To The Machine. Au départ même, Hipgnosis voulait juste mettre le plastique noir, pour illustrer le thème de l'absence (en l'occurrence, l'absence de pochette...). Mais, comme d'habitude, l'éditeur a eu peur (de ne pas gagner assez de "money") et on se retrouve donc avec l'autocollant.

Une fois le disque en main, on déchire le plastique et apparait ce curieux visuel, sur fond blanc. Premier choc de contraste. On passe du noir au blanc. La poignée de main surprend peut-être un peu moins. On l'a déjà vu, dans un autre style, sur l'autocollant. Par contre, il y a ce type qui brûle ! Le contexte de cet image est on ne peut plus intrigant, renforcé par un détail supplémentaire : la photo est imprimée à l'envers ! Le cerveau de l'humain est surprenant. Même s'ils n'ont pas connaissance de ce fait, la plus part des gens vont trouver qu'il y a quelque chose qui "cloche" dans ce visuel, outre la mise en scène spectaculaire.
Pour la signification du visuel, Pô a dit qu'ils voulaient illustrer le concept "être grillé par l'industrie, de la musique, du spectacle, etc". Bien sûr, d'autres interprétations sont possibles comme Syd qui...
Pour la petite histoire, il n'y a aucuns trucages en studio ou informatique. Ce type, un cascadeur, est vraiment en feu ! D'ailleurs, à un moment donné, les flammes ont commencé à "danser" autour de son visage et il a dit stop ! avant d'être recouvert  de couvertures et de mousse anti-feu.
Autre petit détail amusant. Dans le coin en haut, du côté du gars en feu, le fond commence à brûler.

D'après différentes sources, notamment le documentaire Pink Floyd, the story of wish you were here.
Pour en savoir un pichot plus sur lo gars http://bruno.dumen.pagesperso-orange.fr

Dr Wu

Pour le personnage sans visage qui tend le disque, il y a deux niveaux de lecture, eternels thèmes de l'album:

1) le groupe est devenu une grosse machine à faire de l'argent, elle propose un produit mais à l'intérieur du costume les musiciens ne sont plus là, ce ne sont plus vraiment eux qui s'expriment, du moins comme à l'origine vers 66-67.

2) Le disque est proposé, mais dessus figure un grand absent, le costume est là, son bagage est estampillé Pink Floyd, mais la personne n'est plus là. Le disque est de lui mais lui n'est pas dessus...

Ces deux niveaux bien évidemment sont en rapport avec Barret.

RV

bruno graphic

Il y a un autre visuel intriguant dont on parle assez peu semble-t-il. Et pourtant...
C'est ce voile rouge qui semble voler dans un paysage bucolique. Pour moi, il évoque le morceau Wish You Were Here.
Pour en savoir un pichot plus sur lo gars http://bruno.dumen.pagesperso-orange.fr

Blue-Berry

C'est la photo qui évoque l'air, "matérialisé" par le vent qui emporte ce voile et déforme le cadre. Le rapport avec la chanson Wish You Were Here est peut-être dans le vers "a smile from a veil"...
I would have liked to be this
jewish
canadian
poet
who sings Love and its meanders so well.
But by this time I would be dead,
And I would never have
met,
known,
and, above all, loved
You.
So too bad if I'm not this
jewish,
canadian,
poet
It's all right.

bruno graphic

Effectivement. J'avais oublié qu'outre le thème de l'absence, Hipgnosis était parti sur le chiffre 4 : les 4 musiciens, les 4 éléments - la terre, l'eau, le feu et l'air...
Pour en savoir un pichot plus sur lo gars http://bruno.dumen.pagesperso-orange.fr

Mnzaou

La femme qui se cache derrière ce voile n'est pas non plus souvent mentionnée.
Bonzi Bonzi. Niam diboutou sa ka moudou matsi (Nzille)

roger keith


Hereward_the_wake3

Bon.

David Gilmour est de droite.

Roger Waters est de gauche. Voir très à gauche. C'est un coco. "economy will collapse" dit-il à Pompéi.

David Gilmour avait l'intelligence d'éviter les questions de politique quand les journalistes de mes deux essayaient de faire glisser le groupe sur le terrain des rockeurs engagés.

Waters, c'est tout le contraire. Roger Waters, c'est un peu le Florent Pagny anglais. Le Jean-Patrick Capedevielle de Londres !

Et comme par hasard le groupe a pété sur le disque sur les Malouines.

Tout ça pour dire qu'à la lumière du texte de "Have a cigar", cette pochette est une critique limpide de l'industrie du disque, batie sur le mythe de faust.
"Baby, baby, baby oooooo, baby, baby, baby, oooooo"

Blue-Berry

I would have liked to be this
jewish
canadian
poet
who sings Love and its meanders so well.
But by this time I would be dead,
And I would never have
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known,
and, above all, loved
You.
So too bad if I'm not this
jewish,
canadian,
poet
It's all right.

DJ Eric

chaque photo représente un membre de Pink Floyd (avec des références aux héros Marvel)

la guitare planante de Gilmour se retrouve dans le voile rouge virevoltant au grès du vent, en accord avec les arbres verdoyants et les champs de blé, le voile rouge se dépose sur les épaules de la femme invisible, tandis que les bords de la photo gondolent comme l'homme élastique (from the Fantastic Four)

la poignée de main des robots c'est Wright, qui jongle avec les sons électroniques et synthétiques de ses claviers futuristes

la poignée de main avec l'homme en flamme, c'est Waters, véritable tête brûlée, prêt à s'enflammer pour tout ou pour un rien, d'ailleurs combien d'homme y a t il ? 2 ou 3 ? le troisième se détachant à peine des deux autres, c'est la torche (from the Fantastic Four)

le plongeur planté dans les récifs, c'est l'inamovible Mason, qui plutôt que de jeter de l'huile sur le feu, essaye d'éteindre tous les conflits à grands renforts de Canadair

l'homme à la valise, c'est Barett, l'éternel voyageur, parti pour un voyage d'où l'on ne revient pas, perdu dans les limbes de son inconscient, dans les méandres de son imaginaire psychédélique




selon la rumeur, Gilmour et Waters ont décidé d'enterrer la hache Eugène de guerre
on ne connaît pas encore les réactions de Ricard Wrigt

roger keith


Dr Wu

Citation de: DJ Eric le 28 Août 2013 à 17:08
chaque photo représente un membre de Pink Floyd (avec des références aux héros Marvel)

la guitare planante de Gilmour se retrouve dans le voile rouge virevoltant au grès du vent, en accord avec les arbres verdoyants et les champs de blé, le voile rouge se dépose sur les épaules de la femme invisible, tandis que les bords de la photo gondolent comme l'homme élastique (from the Fantastic Four)

la poignée de main des robots c'est Wright, qui jongle avec les sons électroniques et synthétiques de ses claviers futuristes

la poignée de main avec l'homme en flamme, c'est Waters, véritable tête brûlée, prêt à s'enflammer pour tout ou pour un rien, d'ailleurs combien d'homme y a t il ? 2 ou 3 ? le troisième se détachant à peine des deux autres, c'est la torche (from the Fantastic Four)

le plongeur planté dans les récifs, c'est l'inamovible Mason, qui plutôt que de jeter de l'huile sur le feu, essaye d'éteindre tous les conflits à grands renforts de Canadair

l'homme à la valise, c'est Barett, l'éternel voyageur, parti pour un voyage d'où l'on ne revient pas, perdu dans les limbes de son inconscient, dans les méandres de son imaginaire psychédélique





Mouais. Interprétations plausibles mais faut-il aller jusque là... ?
Au final le sens des photos est toujours le même: la tête ailleurs, l'absence. Je pense plutôt que c'est Barrett qui est évoqué dérrière tout ça, dans la plupart des images qui illustrent les chansons. L'absence et l'industrie de la musique étroitement mélées. Après, des images suggestives ou intriguantes font vendre, c'est hypgnosisant.. ..euh hypnotisant je veux dire...  ;)

Thomas

Bonjour à tous,

Je me permets de ramener mon tout petit grain de sel, mais à mon avis, toutes les pochettes représentent le thème de l'absence qui est le cœur, le moteur des textes et de la musique de cet album merveilleux (plus qu'un album de musique, une oeuvre d'art contemporain au sens le plus noble du terme, musique et pochette(s) !). Bref, tout cela pour dire que je crois que chaque pochette, liée à un des quatre éléments, me semble (peut-être) représenter une chanson de l'album, à savoir : Have a Cigar (les deux hommes en feu), Wish you were here (l'homme à moitié plongé dans l'eau), Shine On (le voile qui s'envole au milieux des arbres), et Welcome to the Machine (l'homme sans visage). Après, j'ai sans doute tort, mais je l'avais perçu comme cela.

Bonne journée :)

ZeZapatiste

Citation de: Blue-Berry le 28 Août 2013 à 13:14
Gilmour de droite ? Hum...
Ben ouais, si t'affirmes pas tes opinions politiques toutes les 5 minutes, c'est que t'es pas un vrai gauchiste, un social-traître de la pire espèce.
Let the sun shine in

Blue-Berry

P'taing', ça fait au moins 6 mn que j'ai pas clamé "Contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre. Et réciproquement"
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and, above all, loved
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poet
It's all right.

Mr.Blonde

#58
Je viens de lire vos théories et tout ça me semble très intéressant.
Je pense que chacun peut se faire sa représentation de la chose et y donner un sens, mais à ce moment là, il ne faut pas oublier que le concepteur en avait forcement une idée aussi.  L'image de l'homme en feu m'évoque beaucoup de choses, mais en se basant sur les thèmes abordé dans l'album, je m'en fais une interprétation.
Pour commencer, le lieu de l'action n'est autre que les studios Warner, donc on est déjà dans un contexte de l'industrie. Ensuite, bien qu'on ne puisse pas le vérifier entièrement (cravate), les deux hommes sont sensiblement habillés pareil. Ils portent tout les deux des costards, on peut associer les costards une fois de plus à l'industrie. De plus, on peut noter une ressemblance assez conséquente entre les deux hommes. Je pense que leur poignée de main représente une sorte d'accord entre les deux, en le rapprochant au contexte de l'industrie, un contrat.
Après, ça devient encore plus ambigu et personnel.
L'homme en feu, d'après l'idée que je m'en fais, serait un artiste qui serait victime de deux interprétations :
-Il est déjà en feu, donc désabusé, perdu, et se vend finalement à l'industrie.
-Il s'enflamme au moment ou il passe cet accord, il brûle, consumant son être après cette poignée de main significative. Dans le sens où il devient un écrou de plus dans ce vaste univers qu'est l'industrie (du disque ici ou en général) .
Suivant ces deux interprétations, on peut voir peut être, une sorte de compassion, de remord dans le regard de l'homme à gauche. Maintenant qu'il est une vis de plus dans cet engrenage, je me fais encore deux interprétations :
- Il se voit lui-même dans cet homme.
- Plus indirectement, il fait passer à son tour un accord avec un autre homme, et avec ce regard, il se rend compte qu'ils ne sont pas bien différents et se revoit à travers lui. D'où la ressemblance.  Voila une des interprétations que je me fais de cette sublime image.

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