Mon projet de texte

Démarré par The Dark Wall, 03 Mai 2015 à 20:33

|

The Dark Wall

J'ai prévu d'écrire un livre nommé "La Traversée Du Desert" qui traitera des années 1980 pour le rock progressif. Voici le tout début :

Préambule et âge d'or du rock progressif  :
Avant de commencer notre traversée dans la décennie la plus hostile au rock progressif, il est utile, indispensable même, de rappeler ce qu'est le rock progressif, et quelles furent ses grandes heures... Rédiger la définition du rock progressif, ou prog, est assez dure, puisqu'il existe de nombreux sous-genres qui obéissent chacun à des règles assez souples... Mais on peut tout de même dire que le rock progressif est une forme de rock puisant ses inspirations dans le jazz, la musique classique, et bien sûr le rock. L'album « In The Court Of The Crimson King » de King Crimson, sorti en 1969, est souvent considéré comme le premier album de rock progressif. Oui et non. C'est en tout cas le premier album réellement et totalement progressif, mais l'album « Days Of Future Passed » des Moody Blues, ou encore le morceau « A Day In The Life » des Beatles affichent clairement des ambitions progressives... Le rock progressif est donc une forme de rock complexe, qui éclate totalement la forme couplet/refrain pour créer de véritables œuvres musicales aux métriques variées, aux durées souvent longues et aux expérimentations sonores nombreuses. Plusieurs sous-genres en découlent : la Scène de Canterbury qui offre un prog aux sonorités plus jazz et pop, et souvent aux paroles humoristiques et légères. Caravan, Soft Machine et Hatfield And The North sont des groupes phares de ce mouvement. Le heavy prog est comme son nom l'indique un croisement entre le heavy metal et le rock progressif, même si il a plus des inspirations. Parmi les fameux groupes heavy prog, on peut citer Rush, Atomic Rooster et High Tide. Le prog symphonique est sûrement le sous-genre le plus connu puisqu'il est représenté par de grands ténors du genre : Yes, Genesis, Emerson, Lake & Palmer, Camel... S'ensuit de nombreux dérivés comme la zeuhl de Magma, le prog folk de Jethro Tull ou encore le RIO (Rock In Opposition) d'Univers Zéro et Henry Cow. Certains sous-genres apparaîtront plus tardivement comme le métal progressif, représenté surtout par Dream Theater, qui ne naquit qu'à la toute fin des années 1980 et qui explosera vraiment au début des années 1990, ou encore le néo-prog qui apparaît dans les années 1980, et qui sera donc abordé dans ce livre. L'âge d'or du rock progressif « traditionnel » se situe entre 1969 et 1975. Durant ces 6 années sortiront des albums cultes par des artistes tout aussi renommés : Pink Floyd Genesis, Yes, Jethro Tull, King Crimson, Van Der Graaf Generator, Frank Zappa... En plus d'un succès critique, le rock progressif connaîtra un succès commercial puisque « The Dark Side Of The Moon » de Pink Floyd et « Tubular Bells » de Mike Oldfield, tous deux parus en 1973, se classent parmi les albums les plus vendus de tous les temps. 1973 est d'ailleurs une année particulière puisque c'est en 1973 que le rock progressif subira pour la première fois des critiques particulièrement violentes. Montant d'un cran dans la complexité et la démesure, Yes, Jethro Tull et Emerson, Lake & Palmer sortent respectivement les albums « Tales From Topographic Oceans », « A Passion Play » et « Brain Salad Surgery ». L'un est un double album composé de 4 suites de 20 minutes, l'autre n'est composé que d'un unique morceau de plus de 40 minutes et le dernier contient une pièce de 30 minutes et des adaptations de pièces classiques. Il faut bien le dire, ces albums ont une démesure prétentieuse. « Trop c'est trop ! » s'exclament alors la plupart des critiques de la presse. Chris Welch en particulier écrira une critique virulent envers « A Passion Play ». Il ira même jusqu'à souhaiter la disparition du rock progressif ! Cette soudaine insurrection contre le prog poussera ces trois groupes à revoir leus intentions à la baisse : l'album suivant de Jethro Tull, « War Child », reviendra à des morceaux plus simples et, surtout, plus courts et Emerson, Lake & Palmer feront une pause jusqu'en 1977. Seul Yes ne se calme pas, puisque leur album « Relayer » paru en 1974 n'est composé que de trois morceaux, dont une suite de plus de 20 minutes ultra-complexe nommée « The Gates Of Delirium ». Le groupe fera ensuite lui aussi une pause jusqu'en 1977.
Mais en 1974 et en 1975, de nombreux albums prog cultes sortiront et connaîtront un succès critique. Le prog n'est donc pas mort. Le seul coup dur sera la première séparation de King Crimson en 1974, qui laissera un gros vide puisque King Crimson est un des noms les plus importants du genre. Mais à partir de 1976, les choses vont commencer à se gâter...

1976-1979 : Le début de la fin
La fin des années 1970 est aussi la fin de l'âge d'or du rock progressif, à cause de deux raisons : le punk et la crise économique. Le punk, musique très simple – voire simpliste – aux antipodes du prog, mène une véritable guerre contre les ténors du genre comme Pink Floyd (en apparence seulement, puisque John Lydon des Sex Pistols par exemple, affirme beaucoup aimer Pink Floyd, alors que celui-ci à porter des T-Shirts « I Hate Pink Floyd » dans les années 1970). Les jeunes se tournent vers des groupes comme The Clash, The Sex Pistols, The Damned, ou encore les Ramones. L'heure n'est plus aux suites expérimentales et complexes du rock progressif, la nouvelle génération veut un rock expéditif et simple, comme la génération précédente avait découvert le rock 'n' roll d'Elvis Presley et Chuck Berry. Si la génération précédente, après le rock simple d'Elvis et compagnie a commencé à « compliquer » sa musique avant d'aboutir au prog, la nouvelle génération le fera aussi puisque le punk donnera naissance au post-punk, plus recherché et expérimental et guidé par des groupes comme Wire, PiL ou encore Television. La deuxième raison est donc la crise économique. Les gens ont moins d'argent, et donc les maisons de disques ne prennent plus de risques. Pas question d'investir de l'argent dans des groupes progressifs qui risquent fortement de vendre peu de disques. Il faut donc un rock formaté qui puisse passer à la radio. C'est la naissance du rock FM de Boston, Journey, Foreigner, ou encore Styx. Le prog est donc agonisant, et ça se voit par la quantité de groupes qui se séparent ou qui prennent un virage pop. Pink Floyd sort « Animals » et « The Wall ». Si le premier garde ses ambitions progressives, le deuxième est clairement non-prog. Genesis, après le départ de Peter Gabriel et Steve Hackett, deviendra un groupe de pop FM avec des tubes comme « I Can't Dance » ou encore « Invisible Touch ». Jethro Tull sort le très mauvais « A » et Yes devient lui aussi un groupe de plus en pop avec des albums comme « Tormato ». Quant à Emerson, Lake & Palmer, c'est un cas particulier tellement qu'il est catastrophique. En 1977 et 1978, il sort les deux volumes de « Works », deux double albums où il y a à chaque fois trois faces individuelles (plutôt classique pour Emerson, plutôt pop pour  Lake et plutôt jazz pour Palmer) et une face collective. Les deux volumes soufflent le chaud et le froid (et même plus souvent le froid) car si quelques moments sympathiques subsistent, le tout est assez décevant. Les faces d'Emerson tiennent plus de la démonstration que de la véritable cohérence musical, les faces de Lake ne sont composées que de morceaux pop « guimauve » et sans intérêt, seule les faces de Palmer est assez intéressante, avec quelques morceaux plutôt jazz sympathiques. Les faces collectives sont, évidemment, les meilleures. Mais le pire arrive fin 1978 lorsque le groupe sort « Love Beach », un album très mauvais composé à 90 % de morceaux pop mielleux. En plus de son titre et de sa pochette affreuse, les morceaux sont d'une niaiserie affligeante. L'album est quelque peu sauvé par l'adaptation du Canario de Rodrigo et par la suite « Memoirs Of An Officier And A Gentleman », peu cohérente mais décente tout de même. Mais le pire arrive fin 1978 lorsque le groupe sort « Love Beach », un album très mauvais composé à 90 % de morceaux pop mielleux. En plus de son titre et de sa pochette affreuse, les morceaux sont d'une niaiserie affligeante. L'album est quelque peu sauvé par l'adaptation du Canario de Rodrigo et par la suite « Memoirs Of An Officier And A Gentleman », peu cohérente mais décente tout de même. Le groupe sortira ensuite le très très moyen « Black Moon » en 1992, et « In The Hot Seat » en 1994, tout simplement un des pires albums de prog jamais sortis. Entre temps, un groupe dérivé nommé Emerson, Lake & Powell aura sorti un album éponyme, décent,  en 1986. Quant à Gentle Giant, autre groupe phare du rock progressif, il aura commencé peu à peu une descente aux enfers (notamment avec l'album « Giant For A Day ») avant de se séparer en 1980 après un ultime album. Après le décevant mais bon quand même « The Quiet Zone/The Pleasure Dome » sorti en 1977, Van Der Graaf Generator préféra purement et simplement cesser ses activités (jusqu'en 2005) plutôt que de se transformer en machine à tubes aseptisée. Les groupes de rock progressif italiens sortiront plénitude d'albums honteux dans les années 1980, un des exemples les plus marquants étant « ...E Via » de Banco Del Mutuo Soccorso. Mike Oldfield dévia sa route vers la pop pour sortir des morceaux à succés comme « Moonlight Shadow » ou encore « To France ». Quant au jazz-fusion, cousin proche du progressif, la quasi-totalité des artistes de ce genre cesseront leurs activités ou deviendront des artistes de jazz/disco/pop horribles ou de fuzak. Bref, il y a quelque chose de pourri au royaume du prog à la fin des années 1970. A peine 10 ans après sa naissance, le rock progressif est déjà en train de mourir de façon atroce. Le rock progressif, n'était-il qu'une mode passagère pour satisfaire des bourgeois ou des hipsters au début des années 1970, sans aucun avenir ? Pas du tout, mais il va falloir attendre un peu pour le savoir...

The Dark Wall

version corrigée :
Préambule et âge d'or du rock progressif  :
Avant de commencer notre traversée dans la décennie la plus hostile au rock progressif, il est utile, indispensable même, de rappeler ce qu'est le rock progressif, et quelles furent ses grandes heures... Définir le rock progressif, ou prog, est assez dur, puisqu'il existe de nombreux sous-genres qui obéissent chacun à des règles assez souples... Mais on peut tout de même dire que le rock progressif est une forme de rock puisant ses inspirations dans le jazz, la musique classique, et bien sûr le rock. L'album « In The Court Of The Crimson King » de King Crimson, sorti en 1969, est souvent considéré comme le premier album de rock progressif. Oui et non. C'est en tout cas le premier album réellement et totalement progressif, mais l'album « Days Of Future Passed » des Moody Blues, ou encore le morceau « A Day In The Life » des Beatles affichent clairement des ambitions progressives... Le rock progressif est donc une forme de rock complexe, qui éclate totalement la forme couplet/refrain pour créer de véritables œuvres musicales aux métriques variées, aux durées souvent longues et aux expérimentations sonores nombreuses. Plusieurs sous-genres en découlent : la scène de Canterbury qui offre un prog aux sonorités plus jazz et pop, et souvent aux paroles humoristiques et légères. Caravan, Soft Machine et Hatfield And The North sont des groupes phares de ce mouvement. Le heavy prog est comme son nom l'indique un croisement entre le heavy metal et le rock progressif, même si il a plus des inspirations. Parmi les fameux groupes heavy prog, on peut citer Rush, Atomic Rooster et High Tide. Le prog symphonique est sûrement le sous-genre le plus connu puisqu'il est représenté par de grands ténors du genre : Yes, Genesis, Emerson, Lake & Palmer, Camel... S'ensuit de nombreux dérivés comme la zeuhl de Magma, le prog folk de Jethro Tull ou encore le RIO (Rock In Opposition) d'Univers Zéro et Henry Cow. Certains sous-genres apparaîtront plus tardivement comme le métal progressif, représenté surtout par Dream Theater, qui ne naquit qu'à la toute fin des années 1980 et qui explosera vraiment au début des années 1990, ou encore le néo-prog qui apparaît dans les années 1980, et qui sera donc abordé dans ce livre. L'âge d'or du rock progressif « traditionnel » se situe entre 1969 et 1975. Durant ces 6 années sortiront des albums cultes par des artistes tout aussi renommés : Pink Floyd Genesis, Yes, Jethro Tull, King Crimson, Van Der Graaf Generator, Frank Zappa... En plus d'un succès critique, le rock progressif connaîtra un succès commercial puisque « The Dark Side Of The Moon » de Pink Floyd et « Tubular Bells » de Mike Oldfield, tous deux parus en 1973, se classent parmi les albums les plus vendus de tous les temps. 1973 est d'ailleurs une année particulière puisque c'est durant cette année que le rock progressif subira pour la première fois des critiques particulièrement violentes. Montant d'un cran dans la complexité et la démesure, Yes, Jethro Tull et Emerson, Lake & Palmer sortent respectivement les albums « Tales From Topographic Oceans », « A Passion Play » et « Brain Salad Surgery ». L'un est un double album composé de 4 suites de 20 minutes, l'autre n'est composé que d'un unique morceau de plus de 40 minutes et le dernier contient une pièce de 30 minutes et des adaptations de pièces classiques. Il faut bien le dire, ces albums ont une démesure pompeuse et prétentieuse. « Trop c'est trop ! » s'exclament alors la plupart des critiques de la presse. Chris Welch en particulier écrira une critique virulent envers « A Passion Play ». Il ira même jusqu'à souhaiter la disparition du rock progressif ! Cette soudaine insurrection contre le prog poussera ces trois groupes à revoir leurs intentions à la baisse : l'album suivant de Jethro Tull, « War Child », reviendra à des morceaux plus simples et, surtout, plus courts et Emerson, Lake & Palmer feront une pause jusqu'en 1977. Seul Yes ne se calme pas, puisque leur album « Relayer » paru en 1974 n'est composé que de trois morceaux, dont une suite de plus de 20 minutes ultra-complexe nommée « The Gates Of Delirium ». Le groupe fera ensuite lui aussi une pause jusqu'en 1977.
Mais en 1974 et en 1975, de nombreux albums prog cultes sortiront et connaîtront un succès critique. Le prog n'est donc pas mort. Le seul coup dur sera la première séparation de King Crimson en 1974, qui laissera un gros vide puisque King Crimson est un des noms les plus importants du genre. Mais à partir de 1976, les choses vont commencer à se gâter...

1976-1979 : Le début de la fin
La fin des années 1970 est aussi la fin de l'âge d'or du rock progressif, à cause de deux raisons : le punk et la crise économique. Le punk, musique très simple – voire simpliste – aux antipodes du prog, mène une véritable guerre contre les ténors du genre comme Pink Floyd (en apparence seulement, puisque John Lydon des Sex Pistols par exemple, affirme beaucoup aimer Pink Floyd, alors que celui-ci à porter des T-Shirts « I Hate Pink Floyd » dans les années 1970). Les jeunes se tournent vers des groupes comme The Clash, The Sex Pistols, The Damned, ou encore les Ramones. L'heure n'est plus aux suites expérimentales et complexes du rock progressif, la nouvelle génération veut un rock expéditif et simple, comme la génération précédente avait découvert le rock 'n' roll d'Elvis Presley et Chuck Berry. Si la génération précédente, après le rock simple d'Elvis et compagnie, a commencé à « compliquer » sa musique avant d'aboutir au prog, la nouvelle génération le fera aussi puisque le punk donnera naissance au post-punk, plus recherché et expérimental et guidé par des groupes comme Wire, PiL ou encore Television. La deuxième raison est donc la crise économique. Les gens ont moins d'argent, et donc les maisons de disques ne prennent plus de risques. Pas question d'investir de l'argent dans des groupes progressifs qui risquent fortement de vendre peu de disques. Il faut donc un rock formaté qui puisse passer à la radio. C'est la naissance du rock FM de Boston, Journey, Foreigner, ou encore Styx. Le prog est donc agonisant, et ça se voit par la quantité de groupes qui se séparent ou qui prennent un virage pop. Pink Floyd sort « Animals » et « The Wall ». Si le premier garde ses ambitions progressives, le deuxième est clairement non-prog. Genesis, après le départ de Peter Gabriel et Steve Hackett, deviendra un groupe de pop FM avec des tubes comme « I Can't Dance » ou encore « Invisible Touch ». Jethro Tull sort le très mauvais « A » et Yes devient lui aussi un groupe de plus en pop avec des albums comme « Tormato ». Quant à Emerson, Lake & Palmer, c'est un cas particulier tant il est catastrophique. En 1977 et 1978, il sort les deux volumes de « Works », deux double albums où il y a à chaque fois trois faces individuelles (plutôt classique pour Emerson, plutôt pop pour  Lake et plutôt jazz pour Palmer) et une face collective. Les deux volumes soufflent le chaud et le froid (et même plus souvent le froid) car si quelques moments sympathiques subsistent, le tout est assez décevant. Les faces d'Emerson tiennent plus de la démonstration que de la véritable cohérence musicale, les faces de Lake ne sont composées que de morceaux pop « guimauve » et sans intérêt, seule les faces de Palmer sont assez intéressantes, avec quelques morceaux plutôt jazz sympathiques. Les faces collectives sont, évidemment, les meilleures. Mais le pire arrive fin 1978 lorsque le groupe sort « Love Beach », un album très mauvais composé à 90 % de morceaux pop mielleux. En plus de son titre et de sa pochette affreuse, les morceaux sont d'une niaiserie affligeante. L'album est quelque peu sauvé par l'adaptation du Canario de Rodrigo et par la suite « Memoirs Of An Officier And A Gentleman », peu cohérente mais décente tout de même. Le groupe sortira ensuite le très très moyen « Black Moon » en 1992, et « In The Hot Seat » en 1994, tout simplement un des pires albums de prog jamais sortis. Entre temps, un groupe dérivé nommé Emerson, Lake & Powell aura sorti un album éponyme, décent,  en 1986. Quant à Gentle Giant, autre groupe phare du rock progressif, il aura commencé peu à peu une descente aux enfers (notamment avec l'album « Giant For A Day ») avant de se séparer en 1980 après un ultime album. Après le décevant mais bon quand même « The Quiet Zone/The Pleasure Dome » sorti en 1977, Van Der Graaf Generator préféra purement et simplement cesser ses activités (jusqu'en 2005) plutôt que de se transformer en machine à tubes aseptisée. Les groupes de rock progressif italiens sortiront pléthore d'albums honteux dans les années 1980, un des exemples les plus marquants étant « ...E Via » de Banco Del Mutuo Soccorso. Mike Oldfield dévia sa route vers la pop pour sortir des morceaux à succès comme « Moonlight Shadow » ou encore « To France ». Quant au jazz-fusion, cousin proche du progressif, la quasi-totalité des artistes de ce genre cesseront leurs activités ou deviendront des artistes de jazz/disco/pop horribles ou de fuzak. Bref, il y a quelque chose de pourri au royaume du prog à la fin des années 1970. A peine 10 ans après sa naissance, le rock progressif est déjà en train de mourir de façon atroce. Le rock progressif, n'était-il qu'une mode passagère pour satisfaire des bourgeois ou des hipsters au début des années 1970, sans aucun avenir ? Pas du tout, mais il va falloir attendre un peu pour le savoir...



1980 : REMINESCENCE DES ANNEES 1970

Pour la première année de la décennie, pas beaucoup de nouveaux groupes à l'horizon, mais surtout quelques anciens noms du genre qui n'ont pas cédé (du moins pas encore) aux diktats de la nouvelle décennie. L'album le plus marquant de l'année est certainement « Permanent Waves » de Rush.

vegetable man

Tu as une palette de talents dis donc... Vivement la suite ! ;)

The Dark Wall


The Dark Wall

#4
la suite :

Rush a sorti son premier album éponyme en 1974. Pendant ses premières années, le groupe sera plus orienté vers une musique hard rock, influencé par Led Zeppelin et Deep Purple. En 1975, leur second album « Fly By Night » contient la suite « By-Tor & The Snow Dog » qui atteint quasiment les 9 minutes. La même année sort « Caress Of Steel » qui montre clairement les ambitions progressives du groupe deux morceaux : « The Necromancer » et « The Fountain Of Lamneth », d'une durée de 12 et 20 minutes respectivement. Mais le pas est clairement franchi en 1976 avec l'album « 2112 » dominé par la suite-titre de 20 minutes, elle même divisée en 7 sous-parties. Sur la quasi totalité de l'album, une influence progressive est présente, même si le côté hard rock de la musique est resté. Ce mélange fait rentrer Rush dans la catégorie des groupes heavy prog, qui influenceront énormément les groupes de métal progressif. En 1977 et 1978, Rush sort « A Farewell To Kings » et « Hemispheres », deux albums complètement progressifs, liés par la pièce « Cygnus X-1 », œuvre en deux parties pour un total de 21 minutes. En 1980 donc, le groupe sort « Permanent Waves », considéré comme un de ses meilleurs albums. L'album contient à la fois des morceaux plus conventionnels (« The Spirit Of Radio », « Freewill » ou encore « Entre Nous ») et des morceaux progressifs comme « Jacob's Ladder » et le superbe « Natural Science », considéré comme un des plus grands morceaux de Rush, ce qui n'est pas peu dire. Le hard rock est un peu plus en retrait (excepté sur « The Spirit Of Radio » et son riff de guitare endiablé) et laisse plus de place a un rock prog tendant parfois du pop rock aventureux. Peter Hammill, chanteur, parolier et leader de Van Der Graaf Generator, mène depuis 1971 une carrière solo pariculièrement réussie. En 1980, il sort son album « A Black Box ». Avant « A Black Box », Peter Hammill avait déjà sorti 7 albums, parmi lesquels « Over », « The Silent Corner And The Empty Stage » et « In Camera ». En 1979, l'album « ph7 » montre un rock expérimental fortement teinté de new wave. « A Black Box » continue sur cette voie, mais sans sombrer dans de la pop aseptisée, loin de là. La première face est composée de 7 morceaux courts dont la durée oscille entre 1 minute 45 et 4 minutes 04. Ce sont des morceaux minimalistes et expérimentaux, dans un univers sonore électronique. Mais le plus intéressant est la face 2, composée uniquement de la suite « Flight » et ses 19 minutes de haute volée. Sur cette pièce, Hammill revient sur un rock progressif traditionnel dominé par le piano, comme il le faisait sur ses premiers albums solos, même si il reste quelques éléments new wave dans le morceau. « Flight » compte parmi les meilleures pièces de Peter Hammill, et, malheureusement, il ne refera plus d'aussi bons albums. «  A Black Box » s'impose comme la dernière grande œuvre de son auteur. Steve Hackett est connu pour avoir été le guitariste de Genesis de 1971 à 1976. Son premier album solo, l'excellent « Voyage Of The Acolyte » paru en 1975 , a montré que Hackett apportait énormément de choses au son de Genesis. En 1978, Hackett publia « Please Don't Touch », un album bon, mais décevant. « Spectral Morning », sorti en 1979, signe un retour en force, puisque c'est un album magnifique, aussi bon que « Voyage Of The Acolyte ». On attendait donc beaucoup de Hackett en 1980 lorsque sortit « Defector ». Cet album est clairement inférieur à « Spectral Morning » et « Voyage Of The Acolyte », mais reste un album sympathique et rafraîchissant, un peu moins prog, mais très bon quand même. Malheureusement, Hackett sortira ensuite l'horrible « Cured » en 1981, et il faudra attendre 2003 pour retrouver un Hackett en pleine forme avec le très beau « To Watch The Storms ». Eloy est un groupe de rock progressif allemand. Il a débuté avec des albums proches du krautrock avant de s'orienter vers un prog plus symphonique. Le groupe est surnommé « le Pink Floyd allemand », et c'est compréhensible, tellement le groupe est influencé par la bande à Gilmour. Leur carrière est une belle réussite, car depuis leur premier album sorti en 1971, le groupe n'a pas encore sorti de mauvais albums (il faudra attendre 1983 et l'album « Performance » pour ça) ! « Dawn », sorti en 1976, fut le premier grand album d'Eloy, mais c'est en 1977 que le groupe se révèle avec « Ocean », son meilleur album et un album culte pour beaucoup de proggeux. En 1979, Eloy sort « Silent Cries And Mighty Echoes », autre album culte. En 1980 donc, Eloy publie son 8ème album « Colours ». Peut être moins progressif que les albums précédents, « Colours » reste un très bon album. Que ce soit son introduction funky « Horizons » ou les épiques « Child Migration » et « Silhouette », l'album propose un prog proche du space rock particulièrement réussi. Mention spéciale aux claviers de Hannes Folberth, prédominants dans l'album et aux parties particulièrement léchées. Si le son « années 80 » commence à être présent, la musique n'est pas formatée pour autant, loin de là ! Fred Firth est la figure emblématique de l'avant-prog, ou Rock In Opposition, c'est-à-dire une forme beaucoup plus expérimentale et complexe du rock progressif. Ce sous-genre est representé par des groupes comme Univers Zéro, Art Zoyd, Henry Cow ou encore Art Bears. Fred Firth, guitariste virtuose et déjanté, est donc la figure de proue du genre puisqu'il a quelque peu inventé l'avant-prog, et surtout parce qu'il a fait partie des plus grands groupes du genre : Henry Cow, Art Bears, Naked City ou encore Skeleton Crew. Son premier album solo fut « Guitar Solos » en 1974 mais c'est avec « Gravity » en 1980 que sa carrière solo débute réellement. Mélangeant avec plaisir la folk, le classique, l'avant-garde, le jazz et le rock, tout en reprenant et en « déstructurant » des morceaux connus comme « Dancing In The Street » et en plongeant le tout dans un univers décalé et drôle, « Gravity » s'impose comme un superbe album de RIO et de rock avant-gardiste. Si les mélodies sont parfois accessibles, l'aspect barré de la musique rend l'album particulièrement difficile d'accès pour les néophytes. Yes a déjà annoncé un virage pop avec l'album « Tormato » en 1978, et avant de se livrer a une pop new wave formatée à partir de « 90125 » en 1983, il décide de livrer un dernier album assez prog avec « Drama » en 1980, même si on est loin de « Relayer » ou de « Close To The Edge ». Yes livre quand même un album très correct traversé de quelques moments de grâce comme « Machine Messiah » ou encore « Tempus Fugit ». Le plus grand problème de l'album est le départ de Jon Anderson, qui laisse place à Trevor Horn, dont la voix, correcte en elle même, devient vite insupportable avec des manièrismes vocaux inutiles et ridicules. Mais il faut bien se contenter de ça, puisuqe « Drama » est le dernier vrai bon album de Yes... The Alan Parsons Project a, depuis ses débuts, proposé un rock progressif fortement teinté de pop. Après le très bon « Tales Of Mystery And Imagination » sorti en 1976, le groupe a proposé « I Robot », « Pyramid » et « Eve », trois albums décents mais plus proches du pop rock aventureux que du véritable rock progressif. En 1980, le groupe sort « The Turn Of A Friendly Card » qui est le dernier album de APP a proposé un album proche du progressif (on peut même le considéré comme l'album le plus progressif du groupe). Le sommet de l'album est la suite-titre d'environ 16 minutes, peut être le sommet de la carrière du projet d'Alan Parsons. En 1982 sort « Eye In The Sky », encore plus pop que prog. Le groupe s'offre son plus grand succès (notamment grâce au morceau titre et au morceau d'ouverture « Sirius) mais tourne le dos au prog pour se lancer dans un pop rock certes aventureux, mais certainement pas progressif. Plus haut, j'ai cité Art Zoyd dans les groupes d'avant-prog. Cela tombe bien puisque ce groupe français publia son album « Génération Sans Futur » en 1980. Ce groupe d'avant-prog s'est caractérisé par une musique très sombre et pesante, parfois proche de la musique ambient. Entre jazz, musique classique et rock progressif bien entendu, Art Zoyd livre un album proche de la musique de film d'horreur (le groupe sortira d'ailleurs un album pour servir de bande-originale au film Nosferatu en 1989). Seul l'orchestral « Speedy Gonzales » offre une pause plus légère au milieu de cet album ténébreux. La musique d'Art Zoyd est clairement plus proche de celle d'Univers Zéro que celle, plus burlesque et humoristique, d'Henry Cow et du sus-cité Fred Firth. Toujours dans l'univers de l'avant-prog, il est obligé de parler de « Triskaidékaphobie » de Présent. Fondé par un ex-membre d'Univers Zéro, Présent livre un premier opus proche d'Art Zoyd. Sombre, presque ambient, avec des éléments de la musique classique et du jazz. Composé de trois pièces de 19, 15 et 3 minutes aux intitulés évocateurs (« Promenade au Fond d'un Canal » et « Répulsion » sont de bons exemples), l'album est particulièrement intense, violent et difficile d'accès tellement la musique est sombre et complexe. Mais « Triskaidékaphobie » reste un chef d'oeuvre du RIO, clairement. Lorsqu'on parle de prog en 1980, il est nécessaire de parler d'Hawkwind. Entre 1971 et 1975, le groupe sort une série de chef d'oeuvres du space rock, guidé par la basse lourde de Mr. Lemmy. En 1980, le groupe sort « Levitation ». Si Mr. Lemmy n'est plus à la basse, Hawkwind livre tout de même un album très bon, et très progressif. La dimension progressive est sûrement apportée par Tim Blake, claviériste de Gong qui s'est retrouvé chez Hawkwind. Si les morceaux ne sont pas très longs, ils sont tout de même complexes et aventureux, et les musiciens sont extrêmement compétents. « Levitation » s'impose comme un des meilleurs albums d'Hawkwind, au même titre que « Doremi Fasol Latido » ou encore « In The Hall Of The Mountain Grill ». Saga est un groupe qui, comme Alan Parsons Project, propose un prog fortement teinté de pop. C'est de 1978 à 1981 que le groupe connaîtra sa période la plus progressive avec notamment « Silent Knight » en 1980. Après un album éponyme et le très bon « Images at Twilight », le groupe propose ce nouvel album avec toujours la même recette : du pop rock teinté du heavy prog de Rush. Et ça marche ! « Silent Knight » est un très bon album qui s'écoute avec plaisir,  même si il a mal vieilli. Pour finir, il est obligatoire de parler de SBB. Groupe polonais de rock progressif entre jazz, symphonique et improvisation, SBB s'est fait remarqué par sa discographie exemplaire. Sur 15 albums studio, 6 albums sont vraiment décevants sans être mauvais, et donc 9 sont très bons. « Memento Z Banalnym Tryptykiem » est clairement leur meilleur album. Composé de 4 morceaux dont la suite titre de 21 minutes, cet album s'impose comme un grand album prog, avec son mélange détonant entre prog symphonique de Genesis, jazz fusion et improvisations étonnantes tellement elles sont pertinentes. Le groupe fera ensuite une longue pause avant de reprendre ses activités en 2002 avec le décent « Nastroje ». Bref, malgré la chute de la majorité des ténors du genre, et la présence de plus en plus envahissante de la musique formatée, 1980 propose de très bons albums. Pour allonger un peu plus la liste, je vous recommande Melt de Peter Gabriel, Commercial Album des Residents, Between Flesh And Divine d'Asia Minor, Familjesprickor de Zamla Mammaz Manna, The Most Beautiful Day d'Exodus, Un Peu de L'Ame Des Bandits d'Aqsak Maboul, Smallcreep's Day de Mike Rutherford, Private Parts And Pieces II : Back To The Pavilion d'Anthony Phillips, Sky 2 de Sky et enfin QE2 de Mike Oldfield.

The Dark Wall

1981 :
Si en 1981, les choses ne se sont pas améliorées pour le rock progressif, il y a bien une très bonne nouvelle à relever : King Crimson revient, et sous une toute nouvelle forme. Si Robert Fripp (guitare) et Bill Bruford (percussions) sont toujours là, tous les autres membres sont partis pour laisser place à Adrian Belew (voix et seconde guitare) et Tony Levin (basse). Robert Fripp ayant décidé qu'il était inutile de continuer sur la même voie que le King Crimson de 1974 et qu'il valait mieux tout recommencer à zéro, le King Crimson nouveau est americanisé et quelque peu converti à la new wave. Imaginez le choc des fans du groupe, après le torturé, presque métal, et complexe « Red » en 1974, lorsqu'ils découvrirent « Discipline » et son morceau d'ouverture « Elephant Talk », presque funk, déjanté, avec sa basse chaloupé, le texte humoristique d'Adrian Belew et la guitare trafiquée de Fripp. C'est complètement différent même si il y a des points communs avec l'ancien King Crimson (dissonances, tritons, parties de guitare ultra-rapides...). Si « Discipline » est particulièrement étonnant et différent des précédents albums du Roi Cramoisi, c'est un album excellent, avec des morceaux allant du très bon au génie. Pendant ce temps, Rush continue sur la bonne voie avec « Moving Pictures » qui est tout simplement un des meilleurs albums de rock progressif de tous les temps. Même si les morceaux moins progressifs sont toujours là (« Tom Sawyer » et « Limelight »), on a le droit à des prestations instrumentales exceptionnelles comme le prouve « YYZ », avec tout simplement la meilleur prestation de Geddy Lee à la basse, ce qui n'est vraiment pas peu dire, et aussi à des compositions complexes, avec des cassures de rythme, de longs solos, etc.... Bref du progressif. Mention spéciale à « The Camera Eye » et ses 11 minutes incroyables. Retrouvons maintenant plusieurs groupes que nous avions vu en 1980. Saga, après le très bon « Silent Knight », sort son meilleur album : « Worlds Apart ». L'album le plus progressif de Saga. Toujours avec une influence très forte de Rush, le groupe propose des mélodies efficaces, des riffs épiques et des parties de claviers particulièrement plaisantes. Après « Head Or Tales » en 1983 qui était correct mais assez décevant, Saga enchaînera les mauvais albums, sortant même « Pleasure & The Pain » en 1997 qui est un des pires albums de rock progressif de tous les temps. Il faudra attendre 2001 et l'album « House Of Cards » pour que Saga reprenne du poil de la bête. Eloy, après le très bon « Colours » sort « Planets », légèrement inférieur à « Colours », mais toujours très bon. L'album vaut surtout le détour pour le titre « Mysterious Monolith », tout simplement un des meilleurs d'Eloy. Les claviers et l'ambiance space de l'album rendent « Planets » encore meilleur. Je pense que « Planets » est le premier volet d'un diptyque composé de « Planets » donc et de « Time To Turn ». Le style des deux albums est très proche, et les pochettes se ressemblent aussi. Le plus heureux dans tout ça est qu'Eloy a réussi à bâtir sa propre identité, et n'est donc plus un clone de Pink Floyd mais un groupe unique. Au pays de l'avant-prog, les choses se passent toujours plutôt bien. Fred Firth sort « Speechless » qui fait suite à « Gravity ». Les parties de guitare sur cet album sont particulièrement ébouriffantes, même si ce n'est un secret pour personne que Firth est un virtuose de la six-cordes. En plus des éléments présents dans « Gravity », Firth s'essaye au collage sonore. Contrairement à la joie barrée de « Gravity », « Speechless » est un album assez sombre, et surtout malsain. Fred Firth, la même année, joue sur l'album « The World As It Is Today » des Art Bears, autre grand groupe de l'avant-prog. Ici on n'est plus proche des Residents, c'est à dire des morceaux aux mélodies pop, mais avec des arrangements et des effets sonores de façon à ce que les chansons ne soient plus agréables et joyeuses, mais plutôt malsaines et dérangeantes. De plus, les paroles de l'album sont engagées politiquement (inutile de préciser pour quel parti sont les musiciens d'Art Bears), ce qui n'est pas forcément un avantage d'ailleurs... Toujours dans l'avant-prog, Art Zoyd sort une nouvelle version de l'album « Symphonie Pour Le Jour Où Bruleront Les Cités » dont la première mouture fut publiée en 1976. La principale différence est l'apparition de nouveaux instruments comme le piano. La version de 1981 est clairement la meilleure version de cette œuvre, composée de deux suites, elles mêmes divisées en trois et deux parties respectivement. Comme toujours, la musique est très sombre, proche de la musique classique et de l'ambient. 1981 est une bonne année pour la zeuhl (musique proche de l'avant-prog et du jazz, créée par Magma) puisque trois très bons albums du genre sont publiés cette année là. « Eros » de Dün est tout simplement le meilleur album de zeuhl publié par un groupe autre que Magma. Composé de 4 pièces dont la durée varie entre 7 et 10 minutes, l'album s'impose comme une grande œuvre. Inspiré du livre Dune de Frank Herbert, cet album est totalement instrumental. Puisant ses inspirations musicales dans des groupes comme Magma ou encore Mahavishnu Orchestra, Dün propose un œuvre puissante et totalement réussie. Malheureusement, c'est le seul album que le groupe ait réalisé. Eskaton est un autre très bon groupe de zeuhl. Après le bon « Ardeur » en 1980, il sort le magnum opus « 4 Visions » en 1981. « 4 Visions » est non seulement un des meilleurs albums de zeuhl de tous les temps, c'est aussi un des meilleurs albums de rock progressif français. La particularité de « 4 Visions » est l'intégration d'élements de la musique électronique, en plus des éléments jazz habituels. C'est donc un album de zeuhl unique. Les 4 pièces de l'album sont réussies, et très intenses. Toujours dans le monde de la zeuhl, l'album « Eider Stellaire » du groupe du même nom s'impose lui aussi comme un des albums majeurs de la zeuhl hors Magma. Une des particularités les plus intéressantes de « Eider Stellaire » est le croisement entre la zeuhl jazz habituelle et le RIO inspiré de la musique classique. Une sorte de mélange entre Magma et Art Zoyd. Une autre particularité est la présence plus importante des guitares électriques. La zeuhl d'Eider Stellaire est plus rock que les autres. La prestation des musiciens est d'ailleurs exemplaire. Partons de la zeuhl pour voir un peu de folk progressive avec Los Jaivas et l'album « Alturas De Machu Picchu ». Influencé par la musique traditionnelle andalouse, Los Jaivas livre un album lumineux, très folk, basé sur un poème de Pablo Neruda. Cet album s'est imposé comme un des meilleurs albums de folk progressive, et c'est compréhensible tant il y a une magie qui se dégage de cet album. Pendant ce temps, Kayak, groupe de rock progressif symphonique sort « Merlin », un album concept inspiré des légendes sur le magicien du même nom. Depuis 1973, Kayak a sorti plusieurs albums sans jamais sortir un très bon album. C'est finalement en 1981 avec « Merlin » que le groupe atteint son sommet artistique avec un album magique, avec des mélodies merveilleuses et des arrangements somptueux. Quelques titres disco empêchent l'album d'atteindre le statut de chef d'œuvre, et c'est dommage, puisque Kayak ne fera jamais aussi bien, sauf en 2003 avec un remake de l'oeuvre nommée « Merlin – Bard Of The Unseen » où « Merlin » est rejoué avec une meilleure production et avec de nouveaux titres. Le remake vaut le détour, et mérite autant d'être écouté que l'original.  Pour finir, il faut mentionner Camel qui, après avoir sorti des albums décevants à la fin des années 1970 revient avec l'album « Nude » qui est particulièrement réussi, ce qui est assez étonnant vu que tous les confrères de Camel sont en train de sombrer lentement. Il n'est pas inopportun de faire un tour du côté obscur de la force. Soft Machine, groupe phare de la scène de Canterbury ; sort son pire album avec « Land Of Cockayne », Ange, groupe français inspiré par Genesis, sort lui aussi une atrocité avec « Moteur ! », Rick Wakeman, claviériste de Yes connu pour ses albums solos très mauvais, et Anthony Phillips, ex-guitariste de Genesis, sortent tous les deux un album nommé « 1984 ». Les deux albums n'ont pas grand-chose en commun si ce n'est qu'ils sont décevants et ne méritent pas forcément une écoute. Pendant ce temps, Genesis connaît le succès avec « Abacab », quelque peu sauvé par la pièce « Dodo/Lurker » , mais très décevant tout de même avec des morceaux pop sans intérêt. Pour finir ce chapitre sur 1981, je vous recommande les albums suivants : Kenso de Kenso, Out In The Dark de Flame Dream, Sky 3 de Sky, Los ninos que escriben en el cielo de Spinetta Jade, 185 des Muffins, Fictious Sports de Nick Mason, Alain Eckert Quartet de Alain Eckert Quartet et 33 de M. Efekt.