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La Fusion

La Fusion

Le jazz fusion (ou jazz rock) est un genre hybride mélangeant des éléments jazz et rock. Ce courant est né vers la fin des années 60 et à connu son âge d’or dans les années 70.

L’école Davis : du rock dans le jazz

Avec l’album « Miles on the sky » en 1968, Miles Davis est le premier à faire entrer l’électricité dans le jazz. Cette démarche sera développée par la plupart des musiciens présents sur ses deux albums clé, « In a silent way » et « Bitches brew. Cette fusion est le plus souvent instrumentale, proche du funk ou des musiques latines. Courant essentiellement américain.

Miles Davis

Miles Davis se sent un peu débordé par l’électricité. Au lieu de la rejeter, il laisse ses jeunes musiciens l’exprimer librement et en tire parti. Le génie est parfois passif. C’est beau ce que je dis hein ?

In a silent way (1969), Bitches brew (1970)

Weather Report

Le groupe emblématique de la fusion. Classieux, métissé et sensuel. Décline doucement mais sûrement à partir de 1975. Garanti 0% guitare.

Mysterious traveller (1974)

Mahavishnu Orchestra

Parfait complément de Weather Report, Big Mac et ses artificiers misent sur la vitesse et l’énergie pour se transcender. Décline très rapidement mais pas de mauvais disque à signaler.

Birds of fire (1973)

Lifetime

Intéressant car formé par un batteur (Tony Williams). Brut de fonte comme le premier Mahavishnu, Big Mac est d’ailleurs invité à mettre le feu en compagnie de Larry Young et son orgue déglingué. Airbag non fourni.

Emergency ! (1970)

Herbie Hancock

Sans doute la meilleure carrière solo fusion avec Miles Davis. Comme Zawinul, Hancock utilise les synthétiseurs pour la recherche de sons et de climats, tout en sachant rester couillu.

Sextant (1972)

John Abercrombie

Guitariste injustement méconnu du public rock. Une tête de boucher charcutier mais des doigts d’orfèvre. Abercrombie n’a rien à envier à l’autre John, si ce n’est son physique d’acteur (je suis drôle).

Timeless (1974)

Joe Zawinul

Joe a plutôt un physique de clochard avec ses bonnets péruviens. Le principal explorateur électronique du jazz avec Herbie Hancock, en solo ou avec Weather. Joe nous a quitté en septembre dernier, une bonne raison pour s’envoyer ce skeud de 1971 dans les écoutilles.

Zawinul (1971)

Wayne Shorter

Le plus attaché à la tradition jazz, ce qui rend ses disques d’autant plus admirables mais exigeants. Shorter a atteint l’excellence dans deux décennies différentes, ce qui est la marque des grands.

Odyssey of Iska (1970)

Mais aussi

Chick Corea (si possible sans son Return Forever), Billy Cobham, John McLaughlin, Gateway, Brand X…

L’école Zappa : du jazz dans le rock

Avec l’album « Uncle Meat » en 1968, Frank Zappa et ses Mothers invitent le jazz dans le rock. Cette démarche sera surtout suivie en Europe par des groupes de Canterbury et quelques ovnis hexagonaux. Cette fusion est plus écrite et mélodique, souvent chantée. Courant essentiellement européen.

Zappa & Mothers

Trois raisons pour justifier l’absence de « Hot rats » : 1. Tout le monde le connaît. 2. Zappa a fait mieux et plus jazz. 3. Cela permet de mettre en lumière « Roxy & Elsewhere » qui marque l’apogée de sa « vraie » période fusion.

The grand Wazoo (1972), Roxy & Elsewhere (1974)

Soft machine

L‘imagination, la folie et la classe dans le même flacon. La folie s’en va après « Third ». L’imagination après « Fourth ». Une fois Hugh Hopper parti, ça devient quand même un peu fade.

Volume two (1969), Third (1970)

Magma

Zeülh lës deüh premiërs zhönt wraiment jazz-röhk, mèh ön senth déjä leuh grüp lörgné werh le Zheul (zhi tü n’a päh cömpri, klik izih).

2 (1971)

Gong

L‘imagination, la folie et la classe dans le même flacon. La folie s’en va après « You ». L’imagination après « Shamal ». Une fois Steve Hillage parti, ça devient quand même un peu fade.

You (1974), Shamal (1975)

Henry Cow

Seul le premier est vraiment jazz-rock, mais on sent déjà le groupe lorgner vers l’avant-prog. (si tu n’as pas ri, clic ici).

Leg end (1973)

Manfred Mann chapter III

Surtout connu pour sa formule « Manfred mann’s earth band », le troisième chapitre consiste en un rock progressif très pop et très daté (CrazyDiamond a une petite érection) mais traversé de trucs-cuivrés-qui-tuent-et-qui-font-la-différence-et-justifient-pleinement-sa-place-ici.

Volume two (1970)

Mais aussi

Matching mole, Robert Wyatt, Zzebra, Moving gelatine plates…

Quelques inclassables

Carla Bley

Les Carla B. sont souvent surprenantes. Celle-ci ne gratouille pas sa guitare en susurrant des trucs inaudibles mais vient du free jazz et joue du piano ‘achement bien. Fusion inclassable, empruntant au cabaret, à Kurt Weil, au théâtre, à la chanson ou à la comédie musicale. Grand.

Escalator over the hill (1971)

Keith Tippett

Bien connu des fans de King Crimson pour avoir prêté les services de son CENTIPEDE sur « Lizard » et « Islands ». Tippett vient également du « vrai » jazz et aime les très gros orchestres où tout le monde joue et personne ne s’écoute. Du free sans en être, et donc du free original.

Frames (1978)

Santana

Ses origines latines en font un groupe à part, avec en prime cette touche world qui n’est pas pour nous déplaire. Tout est excellent jusqu’à « Lotus », vous gênez pas.

Caravanserai (1972)

Nucleus

Nucleus est le premier à avoir mis en pratique la leçon de Miles Davis (avant même ses disciples) alors qu’il est anglais ! Pour anecdote, deux membres fondateurs (Karl Perkins et John Marshall) rejoindront Soft Machine pour l’aider encore à ramollir. Plus jazz que rock, pas pop du tout mais très cool, avec ce qu’il faut d’électricité pour justifier sa place ici. Un précurseur oublié (à mon avis).

Elastic rock (1969)



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Auteur de la page : Alistair.

conseils-musicaux/la-fusion.txt · Dernière modification: 27/06/2011 à 13:36 (modification externe)