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Le rock des années 80

Le rock des années 80

J’ai cru comprendre que les années 80 ne soulevaient pas l’enthousiasme parmi les foules seedfloydiennes. J’espère que cette page contribuera à réhabiliter cette décennie victime d’une médiatisation déformée (FM, radios libres, clips, MTV…) et vous fera découvrir certaines de ses meilleures formations. Bonne lecture.

Les origines

Le punk

Le mouvement punk est né en Amérique en 1965, témoin d’une certaine réalité sociale. Le mouvement musical qui lui est associé prône un retour aux formes d’expressions primaires par la spontanéité et la provocation. Il s’inspire de l’art décadent et des aspects rebelles du rock’n roll. Les punks stigmatisaient la léthargie du rock plus que les artistes eux-mêmes. Rappelons que Johnny Rotten admirait Peter Hammill et son album « Over ». Rappelons aussi que les groupes punks aimaient la musique noire, reprenaient des standards soul, défendaient le funk et le reggae. Le « no future » que l’on attribue fréquemment à l’ensemble du mouvement provient d’une chanson des Sex Pistols et visait la monarchie britannique. La scène punk est d’abord new yorkaise, intellectuelle et littéraire, un prolongement du Velvet Underground, puis touchera Londres où elle prendra l’ampleur que l’on connaît.

L'arbre Pistols

Ni précurseurs, ni talentueux, ni authentiques, les SEX PISTOLS étaient d’abord un coup marketing monté par Malcolm McLarren. Leur unique album reste néanmoins une secousse sans précédent dans l’histoire du rock, et sur un plan purement historique, « Never mind the bollocks » est un disque capital. Que ceci n’occulte pas les bons groupes punk, car il y en eut :

THE RAMONES, THE DAMNED, THE BUZZCOCKS, THE FALL, THE CLASH…

Pas d’extraits mp3.

Nouvelles Vagues

1977, l’an 0

Le rock des années quatre-vingt commence en 1977. Cette année est cruciale non seulement parce qu’elle marque la déferlante punk mais aussi parce qu’elle voit émerger un nombre stupéfiant de groupes décisifs (souvent éphémères) et de disques forts, porteurs de fraîcheur et de nouveauté : Television (Marquee moon), Suicide (Suicide), Pere ubu (The modern dance), Talking heads (1977), Kraftwerk (T.E.E), Wire (Pink flag), Brian Eno (Before and after science), Ultravox (Ultravox !), The Sex pistols (Never mind the bollocks), Iggy Pop (The idiot), David Bowie (Low), The Stranglers (IV rattus norvegicus), The clash (The clash)… C’est aussi en 1977 que Robert Fripp et Brian Eno s’immergent dans les milieux punk new yorkais, confirmant le caractère rénovateur de ce mouvement.

La new wave

La new wave désigne tous les nouveaux mouvements rock apparus à partir de 1977 et en phase avec une certaine réalité sociale. Elle conserve la simplicité du punk, même si de nombreux groupes évolueront vers une musique sophistiquée et produite. Elle n’est pas un genre mais un terme générique, et recouvre aussi bien la pop synthétique de DEPECHE MODE que le rock mutant de DEVO :

Talking Heads

Le plus grand groupe de new wave entre 77 et 80, la “danse intelligente” qui convainquit Robert Fripp de reformer King Crimson et influença celui-ci. Passionnant jusqu’en 1981, se noie après 1983. Recommandé aux amateurs de « Discipline » et « Beat ». Groupe majeur.

Remain in Light (1980)

…et indissociable de :

Byrne & Eno

XTC

« Les nouveaux Beatles » selon l’expression consacrée. Mélodiquement au dessus du lot, XTC assuma brillamment l’héritage pop sixties qu’il su adapter aux besoins de l’époque. Groupe majeur.

Black Sea (1980)

The Stranglers

Un groupe de plus à être passé du punk à la new wave. Les « hommes en noir » sont en fait des vieux de la vieille, au parcours infiniment plus riche que leurs jeunes confrères. Rien à jeter jusqu’en 1982.

The Raven (1979)

Suicide

Le groupe d’un disque. Une boîte à rythme et un synthé primitif pour une musique binaire régressive, version punkoïde des Doors. Une descente dans les bas fonds new yorkais, au milieu des seringues et des prostituées. L’ovni de l’année.

Suicide (1977)

Television

Ce que la scène new yorkaise a produit de plus soigné. Un rock littéraire et inspiré, nettement plus technique et écrit que la moyenne. Un petit coté « Making Movies » avant l’heure, même si l’essence de cette musique est différente.

Marquee Moon (1977)

Magazine

L’un des plus doués de la période. Des chansons en forme de miniatures progressives qui savent rester efficaces et incisives. Deux albums lumineux, un troisième tout à fait correct. Injustement oublié.

Real Life (1978)

Devo

Paroles absurdes, accoutrements grotesques et concepts à prendre au millième degré, mais derrière, une pop fulgurente, joyeuse et intelligente. DEVO se mérite, il faut prendre le temps de gratter sa couche de crétinerie pour découvrir ses trésors. Un groupe d’utilité publique.

Q : are we not men ? A : we’re Devo (1978)

Wire

Groupe post–punk expérimental qui a accompli un travail d’épure (des titres d’une minute) et sonore inclassable. Novateur mais difficile. Peut presque être classé avant-prog.

154 (1979)

Pere Ubu

Grand écart temporel entre rock et bidouilles électroniques. Inclassable lui aussi. Eternel marginal, un croisement entre DEVO et WIRE. Expérimental à fond les ballons jusqu’en 1988. Discographie passionnante jusqu’à cette date. Peut presque être classé avant-prog. Injustement oublié.

The Modern Dance (1978)

Depeche Mode

Après une phase commerciale, le groupe bascule du coté noir de la wave avec « Black celebration ». De plus en plus atmosphérique, mélancolique et glacée. Apogée en 1990 avec « Violator ».

Music For The Masses (1987)

Ultravox

Premier vrai groupe de new wave synthétique, souvent dansante et accrocheuse. Très influencé par « Another » et « before » de Brian Eno, qui produit d’ailleurs leur premier disque.

Ultravox ! (1977)

Mais aussi…

NEW ORDER, THE GUN CLUB, JAPAN, ECHO & THE BUNNYMEN, OMD, BLONDIE, KLAUS NOMI, ELVIS COSTELLO, JOE JACKSON, MADNESS…

La cold wave

La cold wave est un sous-genre de la new wave né vers 1979. Il s’agit d’un courant nihiliste, aux climats froids et aux textes dépressifs, entretenant un rapport romantique au mal-être. La musique est sobre et monolithique, techniquement rudimentaire mais parfois élégante, éloignée de la frénésie punk. Il s’agit du mouvement le plus homogène et le plus fécond de la new-wave, se montrant toujours influent aujourd’hui.

Joy Division

Le groupe phare de la cold wave. Pas joyeux mais essentiel. Deux disques hors du temps. Après le suicide de Ian Curtis en 1980, le groupe deviendra NEW ORDER pour produire une autre musique. Groupe majeur.

Unknown Pleasures (1979)

Siouxie & the Banshees

Le groupe de Siouxsie Sioux, la Kate Bush gothique. Originellement punk, pratique à partir de 1981 une cold wave élargie, utilisant des instruments inhabituels pour le genre (violon, accordéon, cuivres). Belle discographie jusqu’en 1988.

A Kiss in the Dreamhouse (1982)

The Cure

Comme beaucoup, The Cure fut intéressant lorsqu’il renonça au punk (1980). Connaît alors ses grandes heures noires avec la trilogie « Seventeen seconds » / « Faith » / « Pornography ». Beaucoup moins intense après 1985, et souvent agaçant.

Pornography (1982)

Killing Joke

Le versant énergique de la cold wave, privilégiant la puissance et une certaine ironie aux climats éthérés de ses collègues. Un témoignage cru de l’Angleterre des années 80. Toujours en activité et de fort belle manière. Reconverti au métal-indus.

Killing Joke (1980)

And Also the Trees

La cold wave élégante, presque précieuse (l’artwork de « Virus meadow » est une merveille). La noirceur sublimée, à mille lieux des sinistroses étouffantes de The Cure. Groupe apparu tardivement, relativement éloigné des clichés du mouvement.

Virus Meadow (1986)

Christian Death

Groupe de cold wave progressive. Parfois proche du Marillion des débuts, moins pompiers, plus sombre. Discographie riche sur toute la décennie. Injustement méconnu.

Ashes (1985)

Le rock alternatif

Comme son nom l’indique, le rock alternatif regroupe les formations qui ont œuvré à l’écart des principaux courants et des grandes maisons de disques. Une scène popularisée par R.E.M et choyée par les inrocks, ce qui ne doit pas nous en dégoûter pour autant. Elle regorge de pépites qu’il serait dommage d’ignorer :

Pixies

(Au cas où…). Les Pixies avaient tout, l’énergie, l’intelligence, l’efficacité et la classe. Nirvana leur a tout pompé, sans jamais arriver à leur cheville. Parcours sans faute. Groupe majeur.

Bossanova (1988)

The Smiths

La perle indie britannique. Indispensable pour tout amateur d’Arcade fire désireux de remonter à la source. Grand auteur en la personne de Morrissey. Haut de gamme, textes et musique. Groupe majeur.

The queen Is Dead (1985)

Sonic Youth

Le visage noisy du rock alternatif américain, à l’écart des courants dominants et des ambitions mercantiles. Un son saturé et artisanal, une certaine énergie perdue depuis le punk et réintroduite de façon intelligente.

Daydream Nation (1988)

L’avant-prog / le R.I.O.

L’avant-prog désigne la frange de la musique progressive ne perpétuant pas les canons des années soixante-dix, contrairement au néo-prog incarné par Marillion. Rien ne le rattache à la new wave, si ce n’est son urgence, sa lucidité et un certain cynisme.

Le R.I.O (Rock In Opposition) est une association fondée en 1978 destinée à accueillir les groupes progressifs en ruptures avec les années soixante-dix et délaissés par l’industrie du disque. Il permit l’émergence de groupes majeurs et possède depuis 1981 son propre label, ReR.

Art Bears

Premier groupe à intégrer le R.I.O. Une alchimie déconcertante entre chanson engagée, progressif et musique contemporaine. Carrière brève (78 – 81) pour une trilogie passionnante. Progressif haut de gamme.

Hopes & Fears (1978)

Art Zoyd

Le seul groupe progressif français d’envergure internationale avec Magma et Gong. Plus proche de la musique contemporaine que du rock. Période acoustique (76 / 84) puis électronique (85 – aujourd’hui). Génialement inclassable. Zheul en diable.

Génération sans futur (1980)
Berlin (1987)

Univers Zero

L’alter ego d’Art Zoyd, en plus noir et plus rock. Tout aussi inclassable et expérimental. Marqué par Kohntarkosz et la musique de chambre. Période acoustique (77 – 82) et électronique (84 – aujourd’hui). Débuts fracassants, un peu décevant depuis quinze ans.

Hérésie (1979)
Heatwave (1986)

This Heat

Trio anglais inclassable, à la fois progressif, électro, krautrock, punk, new wave, world, et beaucoup d’autres choses. Un des groupes les plus importants des trois dernières décennies. N’appartient pas au R.I.O.

This heat (1978)

Notes

  • Je m’efforce de présenter des artistes intéressants pour leur influence et/ou la qualité de leur production.
  • Je n’évoque aucun artiste starisé, sauf s’il s’agit d’en réhabiliter l’image.
  • Je ne parle que des artistes propres aux années 80, c’est-à-dire issus de l’impulsion donnée en 1977.
  • Cette sélection tente d’être représentative. Une multitude de noms pourrait la compléter.



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Auteur de la page : Alistair.

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