Le renvoi de Rick Wright

Démarré par eid, 21 Janvier 2009 à 23:57

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eid

C'est l'une des partis de l'histoire des Floyds que je comprend le moins. Pourquoi Roger avait fait renvoyer Wright du groupe? J'ai trouvé tres peu d'information sur le net... En gros, ce serait seulement l'égo démesuré de Water qui aurait été la cause? Il ne pouvait simplement pas supporter le fait qu'un membre du groupe veuille contribuer a la création de ses chansons? Déja que je trouve que Richard n'a jamais eu assez la place qu'il méritait au sein du groupe, je n'arrive pas a croire qu'on aient jamais tenté de diminuer encore davantage ses contributions....
Shall we set out across this sea... of faces... in search of more... and more... applauses?

Narrow Way

#1
Je pense que c'était un problème de fond qui remontait au temps préhistoriques du groupe.

C'étaient déjà 2 natures foncièrement différentes, dans le caractères et les opinions (politiques entre autres me semble-t il)

L'un est trop gentil, l'autre trop directif... l'autre a fini par bouffer le premier et a quitté le groupe pour vouloir exister encore.

Voilà ma perception de ce problème (quelque peu naïve, je tiens à le préciser)
"I like to think oysters transcend national bareers."

franckPF

#2
Pourquoi Wright a été renvoyé?
Rick Wright n'avait rien à proposer (comme musique) depuis Wish you were here. Après la tournée Animals et la naissance des ebauches de The Wall, Wright a commencé à avoir de serieux problèmes de couple et de drogue. Lors de l'enregistrement de The Wall, Wright ne fut pas le plus assidu du groupe et l'enregistrement de ses sessions ont pris bcp de retard.
Tous cela a bcp enervé bcp Waters.
Durant l'année 79, EMI a proposé au Floyds un plus gros cachet si ils arrivaient à terminer plus rapidement leur disque. Waters et Gilmour ont pris la decision de prendre un second clavier et on proposait un accord à Wright. "il n'est plus membre du groupe, il termine le disque, il est credité sur l'album et il accompagne les floyds sur le live en tant que salarié du groupe".
Voilà toute l'histoire! :/ :/
c'est resumé du livre "Pigs might fly, la face caché de pink floyds".
"Roger, arrête de jouer avec cette putain de truelle !"
Rick Wright, le 29 février 66
à 23 heures 30, pendant une répet' du groupe.

Wulfnoth

#3
Le point de vue de Rick. Comme ça vient du livret d'Is There Anybody Out There, il y a sans doute une part de langue de bois :

Citation de: Rick WrightLe fait que ma relation avec Roger s'est effondrée durant la conception de l'album est désormais entré dans l'histoire. Il y avait toujours eu un conflit de personnalités, mais les tensions étaient apparemment devenues insurmontables. La faute me revient en partie. Je n'avais rien fourni pour Animals, et je n'avais rien à fournir pour The Wall. Tout simplement, j'étais assez peu créatif durant cette période. Je respecte énormément Roger qui travaille extrêmement dur, mais je trouve ce processus difficile. Une grande partie de Dark Side of the Moon, par exemple, fut écrite quand nous étions ensembles. Par la suite, les compositions se firent de plus en plus séparément. Après Animals, Dave et moi avons réalisé des albums solo, et dans l'intervalle, Roger écrivit l'intégralité de The Wall. Tout le mérite lui en revient, mais je crois qu'il en vint à considérer ce qu'il avait écrit comme un projet solo.

C'était une période très difficile et triste pour moi. Je ne voulais bien sûr pas quitter le groupe, mais une fois que j'en ai été éjecté, j'ai réussi à me convaincre que cela devait arriver, et que Roger et moi ne pouvions plus travailler ensemble. Mais je voulais quand même finir l'enregistrement -- la plupart de mes parties étaient déjà faites. Je voulais aussi participer aux concerts, en guise d'adieu. Ce fut difficile, et je ne sais pas vraiment comme j'y suis arrivé. J'ai dû totalement oblitérer ma colère et ma douleur. C'était une situation pénible pour nous tous, mais nous avons simplement fait notre boulot, avec un flegme très anglais.
C'est facile quand tu es gros au Japon.

manu

Autre point de vue de Rick, dans un extrait de l'interview Rick Wright avec ou sans Floyd (1996) :

Citation de: Rick Wright« Cela a commencé pendant l'enregistrement d'Animals qui est un album sur lequel j'ai été très peu impliqué au niveau de la composition car j'étais alors comme bloqué créativement et je n'écrivais plus guère. J'ai joué sur l'album et je pense même avoir bien joué. A cette époque Roger commençait à avoir des problèmes d'égo et croyait qu'il était PINK FLOYD à lui tout seul. Cela a posé des problèmes à Dave qui n'a d'ailleurs pas beaucoup contribué non plus à l'écriture d'Animals. Ensuite vint The Wall...

J'ai joué sur l'album. Bob Ezrin le producteur a aussi joué du piano. Roger avait vraiment des problèmes d'égo et ça a clashé entre lui et moi. Si tu demandes à Bob Erzin ce qui c'est passé pendant l'enregistrement de The Wall, il te dira avec le recul que Roger ne m'a donné aucune chance de faire quoi que ce soit. J'étais là et Roger me disait simplement : "non". Roger avait tout écrit à part Comfortably Numb et Run Like Hell qui sont à mon avis et dans cet ordre les deux meilleurs titres de l'album. Nous étions obligés de travailler à l'étranger parce que nous étions fauchés et nous devions recouvrir les dettes que nous avions en Angleterre. Nos conseillés financiers avaient dépensé tout ce que nous avions : le succès de Dark Side of the Moon et l'argent qu'il avait généré était perdu. La loi est ainsi faite en Angleterre que si tu travailles à l'étranger pendant un an tu n'as pas à payer d'impôts. Donc au même moment Roger avait fait part de son désir de ne plus me voir faire partie du groupe. Je lui ai répondu que j'allais rester malgré sa volonté et lui ai demandé ce qu'il comptait faire en conséquence. Il a alors menacé de reprendre ses compositions et ainsi l'album n'aurait pas vu le jour. Il y a toujours eu des problèmes entre Roger et moi. Je l'énervais et c'était réciproque. Après qu'il ait proféré cette menace, j'ai simplement dit que si nous ne sortions pas l'album nous ne toucherions pas l'argent non plus. Cependant je savais déjà que je ne pourrais plus travailler avec Roger à l'avenir. On m'a alors plus ou moins forcé à partir. Nick et Dave n'étaient pas non plus très à l'aise à cause de cette situation mais d'un autre coté ils avaient peur de ne pas toucher d'argent du tout.

Ensuite les choses ont empiré durant The Final Cut. Roger s'était mis en tête de virer Nick et de faire de Dave un simple guitariste sans plus d'implication dans le groupe. Il pensait vraiment être PINK FLOYD... la suite prouva d'ailleurs parfaitement qu'il avait tort. Et moi, je savais quels étaient ses plans. Pendant The Final Cut ça a vraiment chauffé très fort entre Roger et Dave au sujet du choix du producteur et de bien d'autres choses encore. Roger a pensé à arrêter PINK FLOYD, croyant qu'il n'aurait qu'à continuer seul puisqu'il était PINK FLOYD alors que dans son esprit Dave et Nick étaient finis. C'était sa vision. Moi, je regardais ça de loin puisque je n'en faisais plus partie, et je trouvais la situation franchement ridicule. Ensuite tu sais ce qui s'est passé. Roger avait tort de penser qu'il était PINK FLOYD et Dave aurait tort de le croire aussi. PINK FLOYD, c'est Dave, Nick et moi, et Roger aussi, mais il est parti. Voilà l'histoire de la séparation. La seule personne qui pouvait ressusciter le groupe c'était Dave (moi n'étant plus là) et après The Final Cut il y a eu cette bataille entre lui et Roger à propos du nom. Finalement Dave a gagné. »
« You can never get enough of what you don't need to make you happy. » — Eric Hoffer
« Désolée mais la trilogie de Nico... A côté, Berlin c'est Disneyland. » — E.G.

Wulfnoth

Citation de: Rick WrightRoger avait tout écrit à part Comfortably Numb et Run Like Hell qui sont à mon avis et dans cet ordre les deux meilleurs titres de l'album.
Comment perdre toute crédibilité en trente secondes par R.W.  :lol:
C'est facile quand tu es gros au Japon.

ZeZapatiste

Ou pas  :p
Il a totalement raison !
Let the sun shine in

Blue-Berry

Ce qui précède, et notamment les extraits d'interviews, éclaire bien ce qui s'est passé à l'époque.
Mais il semble que l'antagonisme Waters-Wright soit très ancien, Wawa jaloux de Rick qui avait plus de succès auprès des filles du temps de Sigma 6 ou de Tea Set.
Rick ne fait pas l'impasse su les problèmes de drogues et de couple qu'il a connus vers 77-79, ni sur sa baisse de créativité alors. Mais je serais tenté de dire "mais il avait déjà tellement donné. Musicalement, c'est lui qui a construit le son Pink Floyd après le départ de Barrett, et même avant, et ce jusqu'à Meddle au moins".
Et je trouve, de mon point de vue de "fan" (j'aime pas ce mot), que virer Rick a été une grave erreur psychologique de Rog. Dans l'esprit de son public, PF, c'était Waters-Wright-Gilmour-Mason indissociablement. On enlève une brique et le mur s'effondre (cf Final Cut et Momenteray Lapse). Wawa n'avait pas du tout cette perception et s'est fourré le doigt dans l'oeil jusqu'au nombril. On ne vire pas quelqu'un comme Rick qui fut le pilier musical du groupe pendant plusieurs années. Sans lui, je suis persuadé que PF n'aurait pas décollé en 68-69 comme il l'a fait. Et rien que pour ça, Wawa lui doit beaucoup.
I would have liked to be this
jewish
canadian
poet
who sings Love and its meanders so well.
But by this time I would be dead,
And I would never have
met,
known,
and, above all, loved
You.
So too bad if I'm not this
jewish,
canadian,
poet
It's all right.

floydsmoke

Parfaitement d'accord BlueB.
L'erreur de Waters a été de penser que le Floyd était construit sur des compositions basiques avec des textes, en faisant abstraction de la dimension purement musicale et instrumentale, responsable des climats, des atmosphères et d'une grande part des émotions de la musique du Floyd, et dont Wright et Gilmour étaient les principaux artisans.

Wulfnoth

Citation de: Blue BerryDans l'esprit de son public, PF, c'était Waters-Wright-Gilmour-Mason indissociablement.
Mouais. Tu fais bien facilement fi de ce que Nick Mason n'arrête pas de répéter dans ses interviews : que Pink Floyd est une entité « sans visage », dont les membres sont relativement peu connus hors du cadre du groupe — ce qui s'est d'ailleurs prouvé en 87, au grand dam de Roger.
C'est facile quand tu es gros au Japon.

AnimalsFan

Une entité sans visage peut être, mais pas sans cervelles, émotions et sensibilités et c'est l'association de ces 4 « énergies » qui faisait le son et le concept Pink Floyd. :note:  :cigarette:
De l'humaine condition on ne guérit pas. Nietzsche

eid

Hey merci de m'avoir répondu. Je ne savais pas que Rick avait eu des problèmes de drogues.... Disons que je m'attendais a ce qu'ils aient autrefois (et p-e meme qu'ils continuent de) fummé du weed, ce qui aurait été anodin et que j'aurais meme approuvé, mais de la facon que vous en parlez, il semble qu'il consommait des drogues dures...... Disons que je ne m'attendais pas du tout de ca de lui ou d'aucun membre du groupe.... Ils avaient tellement l'air des Anglais parfait sans vices.

Anyway, merci pour toute ces informations... il serait temps que je finisse de lire le livre de Mason une bonne fois pour toute....
Shall we set out across this sea... of faces... in search of more... and more... applauses?

Wulfnoth

Oui, une partie des paroles de Nobody Home ferait référence à l'addiction de Wright à la cocaïne ou à l'héroïne (« j'ai une cuillère en argent au bout d'une chaîne, j'ai un piano à queue pour soutenir ma dépouille mortelle »).
C'est facile quand tu es gros au Japon.

manu

Citation de: eid(...) fummé du weed, ce qui aurait été anodin (...)

Euh à l'époque de The Wall, Wright c'était plutôt la coke son truc :sueur: Gilmour a dit à plusieurs reprises qu'il se fumait parfois des pets avant les concerts mais fallait voir ses yeux sur certaines vidéos des années 70, ça faisait franchement peur... c'était pas que de la weed ça c'est sûr XD
« You can never get enough of what you don't need to make you happy. » — Eric Hoffer
« Désolée mais la trilogie de Nico... A côté, Berlin c'est Disneyland. » — E.G.

eid

Citation de: Wulfnoth le 23 Janvier 2009 à 00:08
Oui, une partie des paroles de Nobody Home ferait référence à l'addiction de Wright à la cocaïne ou à l'héroïne (« j'ai une cuillère en argent au bout d'une chaîne, j'ai un piano à queue pour soutenir ma dépouille mortelle »).

J'ai passé tellement de temps a écouter The Wall, j'aurais du faire le lien entre les deux, mais j'y voyais plus un lien avec Syd Barrett, meme s'il faisait exclusivement (je crois...) du LSD...

Ouin bin.... si j'étais plein comme lui, je pense que moi aussi j'aurais fini par tomber dans la neige :/ ......
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eid

Citation de: manu le 23 Janvier 2009 à 00:11
Citation de: eid(...) fummé du weed, ce qui aurait été anodin (...)

Euh à l'époque de The Wall, Wright c'était plutôt la coke son truc :sueur: Gilmour a dit à plusieurs reprises qu'il se fumait parfois des pets avant les concerts mais fallait voir ses yeux sur certaines vidéos des années 70, ça faisait franchement peur... c'était pas que de la weed ça c'est sûr XD

Hey si t'as un lien a me passer je te remercierais fort bien, je ne peux pas passer a coté de ca !

J'men va faire ma recherche sur le champs.
Shall we set out across this sea... of faces... in search of more... and more... applauses?

manu

Je ne me rappelle plus exactement de quelles vidéos il s'agit, c'était il y a longtemps... mais celle-là est déjà pas mal dans le genre "démasque" :D



Non non, il prend rien :sifflote: Mais bon, on est un peu hors-sujet là :sueur:
« You can never get enough of what you don't need to make you happy. » — Eric Hoffer
« Désolée mais la trilogie de Nico... A côté, Berlin c'est Disneyland. » — E.G.

eid

ahah ouin jme rappelle d'avoir vu ca sur youtube, y'avait une video de ce genre la montrant les 4 membres du groupe..... c'est plus perturbant que d'autre chose!....
Shall we set out across this sea... of faces... in search of more... and more... applauses?

Tommy The cat

Waters etait tout le temps entrain de fumer, et pas des Marlboro :P
Dans l'interview de Pompeii il est completement peté, et dans plein de concerts il fume sur scene
To be is to do said Socrates
To do is to be said Sartre
Do be do be do said Sinatra

franckPF

#19
Cet interview qui date des années 70 (et la reponse de Waters sur leur reputation de "Groupe de drogués")est assez interressante.
J'adore la replique de Waters à la fin
http://www.dailymotion.com/bookmarks/backfire22m/video/x18f7x_pink-floyd-sur-antenne-2_music
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Rick Wright, le 29 février 66
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