Jupiter and Saturn, le diable dans la peau

Démarré par Hereward_the_wake3, 27 Mars 2012 à 13:46

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Hereward_the_wake3

Vous avez reconnu les paroles d'Astronomy Domine. JUPITER, Zeus chez les Grecs, SaTURN s'accentue différent que SAtan en Anglais, mais la ressemble est là.

Lucifer Sam suit AD.

Le titre de l'album "Piper At The Gates of Dawn" fait référence à Pan, le diable à cornes, protecteurs des bergers errants et oisifs, déviants et lassifs, qui a donné son nom au Paganisme. (Païen.) Sans doute que le titre de l'album a été trouvé après la composition de The Gnome.

Pourquoi cette référence au Diable ?


1/ L'ENFER C'EST LES AUTRES
Tonite, let's all make love in London. Ce qui se déroule à l'UFO à tout d'un rite Païen: une cave, la danse, l'alcool, la musique extra-forte, l'extasie, la libération sexuelle, jouer toute la nuit... Bref, un enfer! Je veux bien croire qu'on puisse se sentir comme un ouvrier à la Vigne de Bacchus dans ce genre d'endroit. Les Beatles ont tenu à la Caverne grâce à la Bière. Syd tenait à l'exta. On peut comprendre que Rog' soit pressé de devenir un "concertizing group where the people actually sit and listen" ("The Look of The Week", 1967). Ce rejet des foules délirantes s'est produit à nouveau dans les Stades. Rog a peut-être pété les plombs à Montréal parce que ça lui rappelait l'UFO.

Débutants, les voilà déjà désabusés, comme rodés par une petite décennie de musique populaire destinée à un marché émergeant: le jeune. Commencer une carrière avec un 45 tours soi-disant Pop sur un travesti voyeur et collectionneur, pour moi, ça montre une immense défiance vis-à-vis de la profession comme si les Floyds allaient passer un entretien d'embauche chez EMI en leur balançant à la gueule que ce sont des profiteurs. On a connu mieux comme lettre de motivation.

Mais pourquoi sont-ils montés sur scène s'ils étaient si réticents ? Après tout, la folie de Syd aurait pu être une opportunité de s'arrêter. Sans doute que l'UFO leur a montré la voix vers l'essentiel.


2/ LE SENSUALISME
Le terme désigne l'école de philosophie Anglaise initiée par Newton et qui s'oppose au Cartésianisme français. La musique souvent instrumentale de Pink Floyd parle d'abord et avant tout aux sens. Pink Floyd faisait travailler l'oreille d'avantage que la tête. L'oreille. Celle en couverture de Meddle. Celle qu'on ne voit pas au premier regard mais qu'à force, on finit par trouver avec enchantement.

Pow R Toc H ! Onomatopées, percussions vocales, les bruits de bouche sont des instruments de musique. Et les mots. Prenez "Ummagumma": le paradigme romantique par excellence ; un mot qui veut tout et rien dire à la fois. Et l'auditeur projette le sens qu'il veut y projeter. Ou pas. Idem pour "Atom Heart Mother" qui est un cadavre exquis dans la veine du Surréalisme.

L'art pour l'art. Les effets n'ont de valeurs que pour eux-mêmes. Seul la beauté compte, avec ses contrastes, ses flous et son réalisme. Le "Soundscape" aurait pu révolutionner la musique au XXème comme l'Impressionisme avait révolutionné la peinture au XIXème. Je suis triste que cette Révolution ait avorté.

Parce qu'à partir de Dark Side Of The Moon, Waters cherche l'harmonie dans la cohérence des oeuvres de Pink Floyd et d'une période abstraite, il sont revenus à une forme plus figurative. "The Wall" se voulait un disque atmosphérique ("Is There Anybody Outthere"), mais la complexité de la mise en scène de l'oeuvre était telle que les valeurs du groupe s'y sont à jamais perdues. Un opéra-rock requiert une unité de temps, de lieu, des règles (le rock a ses règles) bref, un classicisme. Résultat : sur scène en 82, ils sont paumés ! Le classicisme a tué Pink Floyd.



3/ PROCES EN SORCELLERIE
Je vous passe les conneries de sorcelleries sur le pentagramme d'Ummagumma Live. J'y accorde autant de crédit qu'à la Théorie "Paul is dead" pour ceux qui connaissent! Pas une seconde non-plus je ne pense que Pink Floyd soit un groupe Sataniste. Et vous ?

Que "Saucerful Of Secrets" version album soit terrifiante, je vous l'accorde. Terrifiant et magnifique. Mais de là à parler de satanisme... Dans ce cas, "la Tempête" de Turner est une peinture sataniste !

Qui dit Sorcellerie, dit Jugement éthique, morale. Un disque comme une pièce de théâtre est un espace artistique où les transgressions sont possibles. "Mother", "Teacher leave us kids alone", quelque part, c'est ultra-transgressif, voire même dérangeant. Idem pour le hurlement dans "Careful With That Axe Eugene", le Pandemonium syncopé, les morceaux de 25 minutes complètement déformatés, prendre les thèmes les plus lugubres possibles (Hey You). Le goût est fait d'amertume et de douceur. A fortiori sur Scène. La Catharsis du Théâtre Grec. Ce sont ces contrastes qui font émerger la beauté du son Pink Floyd. 



"Baby, baby, baby oooooo, baby, baby, baby, oooooo"

roger keith

Pas mal pas mal! :applaudit:

Par contre je suis en totale opposition sur "Rog a peut-être pété les plombs à Montréal parce que ça lui rappelait l'UFO. "

manu

Merci pour cet essai, je suis assez friand de ce genre de choses :) Enfin c'est quand même bien tiré par les cheveux ! Et je ne suis pas d'accord avec bon nombre de choses.

Le titre de Piper fait référence à un bouquin pour enfant de Kenneth Grahame.
Ils ne prenaient pas d'extasy, d'ailleurs à l'époque y'en avait pas^^
Les paroles d'Arnold Layne, même si elles sont "spéciales", sont juste inspirées d'un fait divers. Mais c'est clair qu'il fallait oser sortir ça pour un premier single !

Je suis assez d'accord avec le passage sur le sensualisme, même si je doute fort que The Wall a été pensé comme un disque atmosphérique :sueur: Mais, oui, depuis ce disque ça n'a plus jamais été pareil.

Après pour le satanisme chez PF, comme toi je ne vois pas trop où il pourrait se cacher !
« You can never get enough of what you don't need to make you happy. » — Eric Hoffer
« Désolée mais la trilogie de Nico... A côté, Berlin c'est Disneyland. » — E.G.

Hereward_the_wake3

Kenneth Grahame, je le découvre... Pagan Papers. Oxford, littérature enfant (qui colle avec l'aspect naïf de l'album". C'est très Lewis Carrol tout ça.
"Baby, baby, baby oooooo, baby, baby, baby, oooooo"