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Souvenirs du concert de Colmar en '74

Colmar French Tour 1974

Merci pour toutes ces infos, ces liens ! Et merci en particulier de me permettre de revivre un moment exceptionnel, grâce à cet enregistrement dont je n’osais même pas imaginer l’existence : celui du concert de Pink Floyd, ce mois de juin 1974, au Parc des Expositions, dans ma petite ville de Colmar !

Fan de David Gilmour – et du Floyd bien entendu – depuis toujours, habitant Colmar étant môme, ce fameux jour de juin – un samedi, jour idéal – avec tous les potes / copains / amis, nous y étions ! Quelle émotion ! Autres temps, autre époque : ce concert était de plus pour nombre d’entre nous : le premier… Double émotion !

Par rapport à l’endroit où nous habitions (voir plus bas, ce sera amusant), le lieu du concert, dit « Théâtre de Plein Air » du Parc Des Expositions, se situe à l’autre bout de la ville. Vous trouverez quelques photos ici :

Le théâtre a été rénové, mais, essentiellement, il a peu changé.

À pied nous avions dû mettre tranquillement une heure et demie, en partant « tôt » afin d’y être – déjà ! – vers 14h. Je n’ai aucune idée de qui organisait ces concerts à l’époque, mais malgré le fait que Colmar soit une petite ville comparée « aux grandes » que sont Strasbourg et Mulhouse, c’est « chez nous » que passaient le Floyd ! Et ensuite Jethro Tull, les Who, Yes, Santana avec Journey en première partie, Manfred Mann, Uriah Heep, Genesis, Rainbow, Peter Gabriel, AC/DC, Joan Baez etc. ; j’en passe mais chapeau bas à cet organisateur !

Ensuite commence Le Rêve : nous, nous avions 14, 15 ans, et sincèrement, je pense que nous ne nous rendions pas compte de l’évènement. Pourtant – belle époque – en arrivant sur place, nous étions loin d’être les premiers et j’ai aujourd’hui pour image qu’une partie de l’Europe centrée autour de Colmar était présente : l’Allemagne est juste à côté, comme la Suisse ; un peu plus haut le Luxembourg, la Belgique, et je me souviens aussi d’anglais, d’italiens et d’espagnols.

Il faisait beau, ce qui rajoutait à l’ambiance type « baba cool / hippie / camping », tout le monde étant allongé dans les prés alentours, grignotant, discutant, jouant, musiquant, et attendant sagement.

L’après-midi passe ainsi.

Et puis l’Avion. Pas n’importe lequel ?! L’aérodrome est au bout de l’un des prés mais là… Des rumeurs s’élèvent. L’avion du Floyd ! Un petit avion et une Rolls-Royce verte garée plus loin. Pour le Floyd peut-être mais plutôt pour la promo de cette « tournée Gini » avec les T-shirts Guinness.

L’émotion grandit d’un coup. Et après cette attente sage, enfin : l’ouverture des portes.

Nous voilà découvrant le Théâtre : une sorte d’amphithéâtre, façon Pompéi, mais avec toiture – merci, quoique que ce jour-là il ne pleuvait pas – et murs d’enceintes d’environ 2 mètres de haut, sur lesquels s’étaient juchés ceux qui savaient grimper, car ce théâtre « ouvert », avec son balcon façon Olympia était plein à craquer. Donc : entre 10000 et 15000 personnes dirais-je ! J’ai trouvé cette image qui parlera mieux que ces longues phrases :

Un concert à Colmar

Ce qui d’en face de la scène, donne – c’est comme s’y retrouver :

Les gradins

Exactement aux quatre coins du théâtre, sur les murs, étaient disposés les baffles immenses de la sono, « les châteaux » et en quadriphonie SVP ! Ah la « tournerie » de l’intro de Money aux quatre coins du Théâtre !!!

Sur les deux châteaux de baffles avants, des sortes de gyrophares qui se mettront à tourner pour l’intro du concert, intro inconnue alors et allait devenir Shine On You Crazy Diamond sur Wish You Where Here.

Au centre de la scène : le célèbre écran rond, sur lequel allait être projeté le nom moins célèbre film d’animation/prises réelles, notamment ces horloges et montres hallucinantes de Time.

Que dire du concert lui-même ? Comme écrit plus haut : à 14 ans, le premier concert, les copains, la sono, et la quadriphonie, l’écran, le public européen, le théâtre avec le soleil couchant sur la gauche, et puis le light-show, les fumigènes, et toute cette ambiance si particulière… et bien entendu : LE SON ! Majestueux. Brillant. Superbe, précis et… puissant. Si puissant que précisément : mes parents, à 6 Km de là à vol d’oiseau, avaient pu suivre le concert et venir nous y récupérer sans téléphone portable.

Comment ne pas être époustouflé de la première à la dernière seconde ?

J’étais – et suis – fan de Pink Floyd, en particulier de David Gilmour et sa guitare « qui-ne-sonne-pas-comme-une-guitare » et ainsi mon souvenir ne peut-être que distordu par le respect immense d’une Musique et de Musiciens innovateurs, extra-terrestres. D’où : les groupes suivants – dans les mois, les années à venir – étaient attendus avec impatience et bonheur également cependant : je ne « vois pas » qu’aucun ait pu égaler la magie ressentie cette soirée là ! Oui… pompeux mais vrai !

Le reste, ce sont des images, des moments toujours présents à l’esprit : « Tu es sûr que c’est bien Gilmour sur la gauche ? Il n’a pas son T-shirt avec l’étoile ? ! » (mais celui avec le logo de Guinness). Le solo de Time en cette soirée encore plus grand que sur l’album, aussi grand que Gilmour, et sa Stratocaster stratosphérique, nous apparaissait « petit », de l’endroit où nous étions. À un certain moment, une silhouette qui se glisse hors du côté gauche de la scène, pour ramper aux pieds de Gilmour, d’évidence un technicien, s’allongeant le plus discrètement possible pour triturer / bidouiller l’une ou l’autre des pédales d’effets du guitariste…

Le set se termine. Ovations – évidemment – et, encore dans notre bulle, nous récupérons sacs à dos et affaires, nous levons, et nous dirigeons vers l’allée centrale pour descendre les quelques marches du « balcon » du théâtre. Naïfs !

Re-ovation, applaudissements, cris de joie : « Que se passe t’il ? » Vite, demi-tour…

Le rappel, bien entendu !

J’ai fouillé ici et là – évidemment dans la track-list de la pochette non officielle du concert – ce rappel n’apparaît pas. Ce titre joué en rappel est Careful With That Axe Eugene, comme précisé dans les commentaires de cette page de la Pink Floyd RoIO Database :

Composition interprétée pour la dernière fois ce soir là « et pour longtemps » est-il précisé aussi.

Heureusement, en tapant dans Google le titre en question, on trouve ceci et c’est comme si nous y étions – une fois encore :

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L’explosion des deux tonneaux placés de part et d’autre de la scène, avec des flammes de 3 mètres de haut, et Roger Waters hurlant dans son micro : cela ne s’oublie pas !

Et puis la soirée se termine. Nous rentre tous, plus qu’heureux, car la fête se poursuit dans les esprits.

Aussi : imaginez l’émotion de pouvoir entendre – que dis-je : revivre – ce moment magique, 30 ans plus tard. Ce n’est pas inespéré : c’était tout bonnement impensable.

M E R C I !

Pour résumer, en étant certain que je ne suis pas le seul : ce concert a changé ma vie. Les deux mois de vacances d’été sont devenues deux mois de job d’été qui m’ont permis de m’offrir la Stratocaster Fender, comme Gilmour – au grand damne de mon professeur de guitare classique. Le reste, est parfaitement inintéressant à raconter ici autrement que : c’est grâce à cette guitare que je gagne ma vie depuis. (Les études complétées pour faire plaisir aux parents, tout de même !)

M.



Auteur de la page : M.

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