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C'est la fin de Pink Floyd

Transcription et scan de l’article C’est la fin de Pink Floyd paru dans Le Parisien du 29 mars 2006. Il s’agit d’une interview de David Gilmour à l’occasion de son passage à Paris pour la tournée On an Island. Propos recueillis par Emmanuel Marolle.

C'est la fin de Pink Floyd

David Gilmour, leader du groupe, qui sort un album solo.

Au lendemain de son concert au Grand Rex, il y a quelques jours à Paris, David Gilmour commentait l’accueil de ses fans français. « Trop calmes », pendant la première partie où le leader de Pink Floyd a joué l’intégralité de son nouvel album, On an Island, avant de revenir pour une série de classiques de son groupe qui ont déchaîné l’assistance. L’occasion de prendre des nouvelles du musicien, qui vient de fêter ses 60 ans.

Êtes-vous toujours autant attaché à la France ?

David Gilmour : « Oui, je suis vraiment francophile. La première fois que je suis venu à Paris, j’avais 13 ans. Je me souviens être allé à l’Opéra voir Rigoletto. Je suis revenu en auto-stop, à 18 ans. Quand le premier album de Pink Floyd est sorti en 1967 (NDLR : sur lequel il ne joue pas), je bossais dans un bar à Étretat. Le patron ne m’a jamais payé, d’ailleurs ! »

On an Island est votre premier album solo depuis 22 ans. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

David Gilmour : « Il ne faut pas croire que je n’ai pas travaillé. J’ai même été très occupé, j’ai fait deux disques avec Pink Floyd, dont j’ai contrôlé la réalisation de bout en bout. Et puis, je me suis remarié, j’ai eu quatre enfants. Il fallait trouver le bon moment pour mon album solo. Et parfois, j’ai besoin que l’on me pousse un peu. »

Cet été, vous avez reformé Pink Floyd avec Roger Waters pour le Live 8…

David Gilmour : « Au départ, j’étais très partagé. Je voulais apporter ma contribution mais l’organisateur de l’événement, Bob Geldof, m’a proposé cette idée, j’ai refusé. Puis il en a parlé à Roger, qui m’a contacté, j’ai fini par dire oui. Mes enfants voulaient vivre ça. Moi, je voulais stopper cette querelle avec Roger, qui a trop d’importance aux yeux de beaucoup de monde. »

En avez-vous parlé avec lui ?

David Gilmour : « Non. Je suppose qu’il campe sur ses positions. Pour lui, ce n’est pas une bonne chose d’avoir continué à faire vivre le groupe après son départ, ce que je ne comprends pas. Moi, j’y suis depuis l’age de 21 ans et, même si un musicien s’en va, j’ai le droit de continuer Pink Floyd. »

Cette réunion sera donc sans suite ?

David Gilmour : « On pourra peut être rejouer ponctuellement, mais c’est tout. On n’a pas travaillé ensemble pendant 25 ans. C’est presque une vie. »

Et une tournée ou un album avec les deux autres membres de Pink Floyd ?

David Gilmour : « Non, je l’ai tellement fait… À l’heure où l’on se parle, j’aurais tendance à dire que c’est la fin de Pink Floyd. »

Encadré : LE CD

On an Island : Délicat * * *

Dès l’envoûtant Castellorizon, on se sent enveloppé dans un univers rassurant. Il y a d’abord les premiers accords de guitare du morceaux On an Island, qui rappelle quelque chose, puis la voix délicate du chanteur, forcément familière. Mais David Gilmour ne fait pas son Pink Floyd à lui tout seul. Il reste dans un format de chanson et signe au passage quelques petites merveilles, comme les aériens The Blue, Then I Close My Eyes, le subtil Smile ou le planant Red Sky at Night. Au final, on se plait bien sur cette île.



Auteurs de la page : Mnzaou (transcription), Walmour (mise en page), manu (mise en page).

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