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David Gilmour sur Radio Paradiso

Transcription d’une interview audio (en français) de David Gilmour diffusée sur la RSR 1 lors de l’émission Radio Paradiso du 24 août 2006. L’interview a été enregistrée par téléphone le 8 mai 2006.

Transcription de l'interview

David Gilmour

David Gilmour en concert et en interview dans Paradisio, en interview par téléphone avec Karine Guillamot pour la sortie de son album On an Island.

Il s’est passé 12 ans depuis le dernier album de Pink Floyd, 22 ans depuis votre dernier album solo, vous avez consacré ces années à faire quoi ?

David Gilmour : « Alors dit comme ça, on pourrait croire que j’ai été très paresseux mais après mes albums solo, j’ai consacré beaucoup de temps aux Pink Floyd, tant en studio qu’en tournée. Nous avons fait deux très importantes tournées dans le monde et puis j’ai élevé mes enfants. Parce qu’après mon dernier disque avec Pink Floyd, en 1994, je me suis remarié et j’ai eu quatre nouveaux enfants. J’ai eu également beaucoup de travail concernant les nouvelles éditions des albums de Pink Floyd. Et puis j’ai aussi joué sur des albums avec d’autres artistes. Finalement j’ai pas mal travaillé, entre l’éducation de mes enfants et la musique. Alors c’est vrai je n’ai pas fait d’albums à mon nom plus tôt car j’ai donné des concert à Paris et à Londres entre 2001 et 2002. Ils sont d’ailleurs sortis en DVD. Donc oui j’étais pas mal occupé. »

Mais alors, cet album qui s’appelle On an Island, pourquoi il arrive maintenant ?

David Gilmour : « Alors mon travail c’est d’être musicien mais peut-être que je ne le fais pas aussi régulièrement que je le devrais. J’ai senti que c’était le bon moment pour faire cet album. Il n’y a pas d’autre raison majeure. C’est vraiment comme ça que ça c’est passé. Pourquoi maintenant et pas il y a 2 ou 3 ans, je ne sais pas vraiment. Je ne peux pas vous donner de meilleure réponse. »

Est-ce que, M. Gilmour, l’inspiration comme elle a pu être a vos débuts, est-ce qu’elle est toujours aussi présente aujourd’hui ? Est-ce qu’une mélodie ou est-ce qu’une musique vous vient toujours aussi facilement ?

David Gilmour : « Je pense que l’inspiration vient même plus facilement aujourd’hui qu’il y a 20 ou 30 ans. Pour cet album, j’avais 150 morceaux en réserve, que j’avais composés ces 10 dernières années. L’album sort maintenant mais il a été réalisé avec des morceaux écrits durant ces 10 dernières années. Il n’est pas du tout le fruit d’un jaillissement d’inspiration récent. C’est un processus d’écriture sur un long terme. »

M. Gilmour, vous avez baptisé ce disque On an Island – Sur une Île. C’est quoi cette île ? Elle représente quoi cette île pour vous ?

David Gilmour : « Cette île représente beaucoup de choses pour moi et puis il y a une chanson qui porte ce titre. Cette chanson raconte une soirée que j’ai passée avec des amis très proches, sur une île. C’était en 1993. Deux de ces amis sont morts depuis. Ce morceau est une célébration de notre amitié. Cette chanson raconte qu’ils vivent encore dans ma mémoire et dans mes rêves. Je peux revivre ces moments uniquement dans mon esprit parce que je ne crois pas que nous nous reverront dans une autre vie. »

Vous avez quels rapports aujourd’hui M. Gilmour avec la mort ? C’est quelque chose qui vous obsède ou pas ?

David Gilmour : « Je ne pense pas être obsédé par la mort. J’ai une relation plus facile avec la mort aujourd’hui. J’y pense beaucoup parce que j’ai perdu tellement d’amis durant ces dix dernières années. J’en ai mentionné certains dans ma chanson mais la liste est bien plus longue. Je pense à la mort mais je ne me sens pas vraiment concerné. Je l’étais quand j’étais plus jeune, ça me donnait des cauchemars et des angoisses. Je dois avouer qu’avec l’âge, ce n’est plus une chose qui m’effraie. »

M. Gilmour, sur cet album, on retrouve une foule de très très grands artistes. Le premier, Robert Wyatt qui est un de vos grands amis. Je crois que l’histoire entre Robert Wyatt et vous elle dure depuis longtemps non ?

David Gilmour : « Oui oui c’est ça, je le connais depuis 30 ans. 2 »

Vous avez aussi joué sur ses albums solo à lui d’ailleurs mais ça on va en reparler. On retrouve donc Mr Wyatt, on retrouve Phil Manzanera, Rick Wright du Floyd, Graham Nash ou David Crosby. Est-ce que finalement, avec ces gens-là, vous avez l’impression de faire partie d’une grande et même famille ?

David Gilmour : « Oui c’est un peu ça. Ces gens sont de magnifiques musiciens et puis de très belles personnes. Le fait de travailler sous mon propre nom, David Gilmour et non pas Pink Floyd, me donne la liberté de choisir avec qui je souhaite travailler. Je peux appeler un ami et lui demander de jouer sur mon disque, c’est magnifique. »

M. Gilmour, vous avez souhaité vos 60 ans cette année, c’est votre troisième album studio. Au rythme où vous les faites, on peut imaginer que c’est le dernier ou avez-vous encore des envies ?

David Gilmour : « Je ne pense pas en avoir terminé, ce ne sera donc pas mon dernier disque, et j’ai pas envie d’attendre 10 ans pour le prochain. Mais pour le moment je n’ai pas de projet, je savoure le moment présent. J’aime donner des concerts, et je me suis vraiment beaucoup amusé à faire cet album. J’en suis très satisfait, donc je vais sans doute continuer. »

Monsieur Gilmour, vous avez été musicien de studio pour de nombreux musiciens, quel plaisir prenez-vous à jouer pour les autres ?

David Gilmour : « Je me suis un peu inquiété pour le titre de l’album On an Island, et je m’interroge parfois sur le fait d’être trop insulaire et de ne jouer qu’avec un petit groupe de personnes. Alors quand on m’invite à jouer sur d’autres albums, si j’aime les gens qui me le proposent et si je respecte leur musique, j’aime dire « oui » parfois, parce que ça élargit mon horizon. J’aime observer comment les autres travaillent. »

Quels sont les arguments pour que vous acceptiez ? Il faut que vous aimiez la musique ?

David Gilmour : « Oui. »

Par exemple, si un groupe actuel vous demande de venir jouer sur leur album, vous écouterez le disque avant de donner votre décision ?

David Gilmour : «Vous savez, je ne jouerais pas pour un groupe que je ne connais pas sans écouter leur album et connaître le genre de musique qu’ils font… Ce serait inhabituel pour moi, alors je dirais que je suis trop occupé et je ne le ferais pas. »

M. Gilmour, je me suis baladé sur votre site Internet, et il y a une rubrique qui s’appelle « The important stuff ». Je trouve que c’est la rubrique qu’on a tout de suite envie d’aller voir parce qu’on se demande qu’est ce qui se cache derrière. Et on y découvre finalement les noms des associations pour lesquelles vous donnez de l’argent. C’est un côté de vous qu’on ne connaît pas beaucoup mais c’est quelque chose qui vous tient à cœur, de très important pour vous.

David Gilmour : « Vous savez, nous vivons sur cette planète et c’est un endroit magnifique, nous avons des responsabilités pour la maintenir belle, pour nos enfant et nos petits enfants. Les gouvernements de ce monde ne font pas assez pour ça, j’en suis convaincu… C’est juste dramatique. Moi je suis juste un musicien, pas un politicien. Je n’ai pas de réponse à ces problèmes mais sur mon site j’essaye de guider les visiteurs vers des gens qui agissent vraiment. Je suis très heureux de pouvoir aider des gens à prendre conscience des choses qui se passent parce que le réchauffement de la planète est vraiment le plus grand danger qui menace l’être humain. Alors j’essaye, très modestement, à ma manière, de faire quelque chose. Mais je crois que rien ne peut se passer si on n’agit pas au niveau des gouvernements de la planète. Le gouvernement anglais de Tony Blair et le gouvernement américain de Bush, ne font rien… Et il sera bientôt trop tard. Beaucoup de scientifiques disent que si nous nous ne faisons rien bientôt, ce sera trop tard. »

Vous seriez prêt aujourd’hui à vous mobiliser, à manifester, à prendre la parole publiquement, pour vous élever contre ces gouvernements ?

David Gilmour : « Je ne suis pas ce genre de personne… Tu ne peux pas être ce que tu n’es pas. Une personne comme Bob Geldof sait très bien faire ça, il a ce talent. Il est structuré, moi non. Je peux juste faire ce que je sais faire. Ce que je peux faire c’est donner de l’argent, pour aider les experts à travailler. »

Vous parlez de Bob Geldof, vous l’avez aidé l’année dernière durant le Live 8 où il s’est passé un moment surréaliste, un moment de grâce pour nous les fans, quelque chose qu’on n’attendait pas. Est ce que vous pourriez expliquer ce qu’il s’est vraiment passé ? Avez-vous, vous même, compris ce qu’il s’était passé à ce moment là ?

David Gilmour : « Je sais pas si j’ai très bien compris ce qu’il s’est passé, moi non plus. Il y avait là quatre personnes qui avaient joué ensemble dans un groupe pop qui s’appelait « Pink Floyd » et qui ont joué quelques chansons ensemble ce jour-là. C’était une jolie occasion, j’étais vraiment ravi de vivre cet évènement et de pouvoir aider, ne serait-ce qu’un peu, l’Afrique et ses problèmes financiers. Parce que c’était ça le but de ce concert, et c’est la seule raison pour laquelle nous l’avons fait. Finalement c’était une belle journée, et tout ce que je peux espérer c’est quelle a été bonne pour le monde et plus précisément pour l’Afrique. Mais sincèrement, je n’avais pas très envie de faire ça, c’était compliqué avec mon album. »

Est ce que vous n’en avez pas assez qu’on vous parle sans cesse de Pink Floyd, d’une possible reformation ?

David Gilmour : « Vous savez, j’ai été totalement comblé par ces années passées avec Pink Floyd. Il y a énormément de choses dont je suis extrêmement fier, des choses que nous avons faites ensemble avec Pink Floyd. Mais dans la vie on change, on déménage, on fait d’autres choses, et c’est ce qu’il me plait dans ma vie d’artistes, être en mesure de réunir Robert Wyatt, David Crosby, Phil Manzanera sur un album, ainsi que Polly, ma femme, bien sûr. Tous ces gens qui participent à mon projet artistique… je ne peux pas dire que retourner avec Pink Floyd ou refaire des choses avec eux me rendrait plus heureux ou plus satisfait artistiquement parlant. Donc comme disait George Harrison, “les choses passent”. »

Si vous deviez tout refaire, est-ce que vous le referiez de la même manière ?

David Gilmour : « Je ne peux pas dire que je ferais ça différemment. »

Et est ce qu’il y a quelque chose, qui pourrait être du domaine du rêve ou de l’envie, que vous n’avez pas encore réalisé aujourd’hui ?

David Gilmour : « Non, je vis mes rêves tous les jours. »

C’est magnifique ça.

David Gilmour : « Oui ! »



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Auteurs de la page : manu (transcription, mise en page), Walmour (transcription).

1 Radio Suisse Romande
2 En français dans le texte.

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