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Fables of the Reconstruction

Traduction de l’article Fables of the Reconstruction paru en mai 1994 dans Mojo Magazine. Il s’agit d’une interview de Pink Floyd et de Peter Jenner. Propos recueillis par Robert Sandall.

Fables d'une reconstruction

À l’extérieur, des spectateurs. À l’intérieur, des choses étranges se passent. David Gilmour, Nick Mason et Rick Wright revivent la créative maturation de 12 albums du Floyd.

The Piper at the Gates of Dawn

Comme le Sergent Pepper’s des Beatles, le premier album du Floyd fut une contribution mémorable à l’Eté de l’Amour. Début 1967, Pink Floyd pénétra dans les studios EMI d’Abbey Road avec une pile d’étranges chansons à propos de gnomes, d’épouvantails et de vélos, des chansons simples qui n’ont pas grand chose à voir avec les longs jams hallucinés qui les ont rendu célèbres. Norman Smith qui fut ingénieur du son pour les Beatles, était leur producteur.

Nick Mason : « On nous a imposé Norman Smith, sans discussion possible. Joe Boyd, notre premier producteur a vu l’histoire continuer sans lui. Norman tenait absolument à nous faire sonner comme un classique groupe de rock. C’était un peu comme avec George Martin, une influence très utile. Mais je pense que Joe aurait donné plus de libertés à Syd. Nous avons passé 3 mois à l’enregistrer, ce qui était long pour cette époque. Les groupes avaient l’habitude de finir un album en une semaine, avec des musiciens de studio pour jouer les parties difficiles. Du fait que les Bearles prenaient leur temps pour enregistrer Sergent Pepper’s dans le studio d’à côté, EMI a pensé que c’était la nouvelle façon de faire des disques. Nous les avons rencontrés une fois, quand ils enregistraient Lovely Rita. C’était un peu comme rencontrer la famille royale. »

Peter Jenner : « Norman était l’homme parfait pour vendre des disques. Il a très bien compris que Syd pourrait écrire de très bonnes chansons pop. Si nous avions sorti en disque ce que nous jouions sur scène il ne s’en serait vendu aucun. La seule chanson à reproduire l’ambiance des concerts était Interstellar Overdrive. Ils l’ont jouée deux fois, la deuxième a été enregistrée par dessus la première. Ils ont doublé la piste. Pourquoi ? Et bien ça sonne vraiment très bizarre, non ? Cette sonorité puissante et tous ces sons percutants de batterie. »

A Saucerful of Secrets

La phase 1 de Pink Floyd était déjà en décrépitude début 1968, quand ils commencèrent à travailler sur leur second album. Pendant le déroulement des enregistrements Syd Barrett a été écarté au profit du petit nouveau, David Gilmour. Pressentant incorrectement la fin, les managers Peter Jenner et Andrew King ont quitté le navire.

Peter Jenner : « C’était vraiment très stressant d’attendre que Syd vienne avec les chansons pour le deuxième album. Tout le monde l’attendait, et il n’a pas pu le faire. Jugband Blues est une chanson très triste, le témoignage d’une dépression nerveuse. La dernière chanson que Syd écrivit pour le Floyd, Vegetable Man, était faite pour ces sessions mais ça n’a jamais abouti. Il l’a écrite dans ma maison ; c’est juste une description de ce qu’il porte. C’est très troublant. Roger l’a écartée de l’album car elle était trop sombre, et c’est vrai qu’elle l’est. Ça ressemble à des éclairs de conscience. »

Rick Wright : « J’ai fait le morceau qui donne son nom à l’album et je me rappelle de Norman disant, “Vous ne pouvez pas faire ça c’est trop long. Vous devez écrire des chansons de 3 minutes.” On était assez insolents en fait et on lui a dit “si tu veux le produire, vas-t-en.” Une bonne attitude je pense. »

David Gilmour : « Je me rappelle que Nick et Roger ont dessiné A Saucerful Of Secrets comme un diagramme architectural, avec une structure dynamique, comme n’importe quelle sorte de forme musicale, avec des crêtes et des creux. Voila de quoi il s’agissait. Ça n’était pas de la musique qui venait de la beauté ou de l’émotion. Il n’y a jamais eu de scénario. Cependant, les années qui suivirent, nous avons reçu des lettres de gens disant ce que cela signifiait pour eux. Des scripts de film aussi parfois. »

Ummagumma

Double album transitoire de 1969, Ummagumma était composé à moitié d’enregistrements live et de morceaux individuels. La pochette d’Hypgnosis était bien plus saisissante que la plupart de la musique, qui traîne en longueur, ne prenant vie que sur l’effrayant et sombre classique Careful With That Axe Eugene, la première d’une longue série de chansons sur la folie.

Nick Mason : « Ça n’avait rien d’un album de groupe. La partie live sonne incroyablement vieillotte maintenant, bien que le fait que Pink Floyd joue au Mother’s de Birmingham était considéré comme un évènement à l’époque. On recherchait de nouvelles façons de faire un album, cependant je pense que cela démontre que le tout est toujours meilleur que nos individualités. Les gens d’EMI étaient très étroits d’esprit. C’était encore dirigé par des gars en costards blancs. Un manager de studio m’a empêché d’éditer mes propres enregistrements parce que sois disant je ne faisais pas vraiment partie du groupe. »

David Gilmour : « Je n’avais jamais rien écrit avant. Je suis juste allé dans le studio et j’ai commencé a faire des choses par ci par là et j’ai rassemblé tous ces petits bouts ensemble. J’ai appelé Roger pour lui demander de m’écrire des paroles. Il a juste dit, “Non”. »

Atom Heart Mother

Jusqu’à l’ère de leurs expérimentations avant-gardistes, le Floyd a fait équipe avec le compositeur électronique Ron Geesin pour créer le morceau principal qui occupe toute la face 1 du disque. Le titre de l’album a été pris au hasard dans la une d’un journal. Maintenant le groupe se produit lui même.

Nick Mason : « C’est un album moyennement enregistré mais l’idée est très intéressante, travailler avec Ron Geesin, un orchestre et le John Aldiss choir. Roger et moi étions assez amis avec Ron. Je pense que je l’ai rencontré par l’intermédiaire de Robert Wyatt. Ce que Ron nous a le plus appris ce sont les techniques d’enregistrements, et toutes ces astuces que l’on fait avec un rien. Nous avons appris à nous passer des “hommes en costard blanc” et faire les choses nous même à la maison, comme éditer. Ron nous a enseigné comment utiliser 2 magnétophones pour créer une boucle d’écho. Cela a été très déterminant pour ce que l’on a fait plus tard. Maintenant j’écoute cet album avec beaucoup d’embarassement car la base du morceau a été faite par Roger et moi, du début à la fin, en une seule fois. Du coup, le tempo monte et descend. C’était une pièce de 20 minutes et nous étions assez stupéfaits par elle. Sur l’autre face, Alan’s Psychedelic Breakfast était une autre bonne idée. Les bruits de cuisinière à gaz, les crépitements, les marmites en ébullition, tout ça n’a pas vraiment marché sur le disque mais c’était très amusant à faire. Je n’ai jamais entendu Roger le revendiquer ce qui me fait penser que ça devait être une idée de groupe. »

David Gilmour : « À l’époque, nous pensions que Atom Heart Mother, comme Ummagumma, était une étape vers quelque chose d’autre. Maintenant je pense que nous avancions à l’aveuglette dans le noir. »

Meddle

Meddle l’album qui a donné la direction a suivre et qui a établi la marque de fabrique du style mature des Floyd: une vague dense et colorée de son actuels (notamment les chants de supporters de football sur Fearless), un tissage électronique original, et des compositions d’avantage tournée vers le rock conventionnel. Il a été enregistré à Abbey Road et aux studios Air de Londres en 1971.

David Gilmour : « Nous avons fait un nombre considérable de démos que l’on a ensuite assemblées, et pour la première fois ça a marché. Cet album était un précurseur évident de Dark Side of the Moon, celui qui pour la première fois nous a donné la direction à suivre. »

Nick Mason : « Nous avons passé beaucoup de temps avant de commencer l’enregistrement. Nous avions travaillé sur notre projet “The Sounds of Household Objects” mais ça n’a jamais abouti. L’idée était toujours de créer une pièce musicale continue qui explorerai différentes ambiances et c’était l’album qui a établi cela. C’est Rick qui l’a amorcé avec cette simple note au début. »

Rick Wright : « Je jouais sur le piano dans le studio mais en fait c’est Roger qui a dit “serait il possible d’enregistrer cette note et de la faire passer dans un Leslie ?”. C’est ça qui a tout déclenché. C’est de cette façon que naissent toutes les meilleures chansons du Floyd je crois. »

The Dark Side of the Moon

Le futur commence ici. Enregistré à Abbey Road sur la nouvelle table de mixage 16 pistes, les chansons sont liées entre elles par un même concept. Dark Side était l’album qui propulsa le Floyd du statut de groupe culte à celui de pilier de la culture rock. Un mixage quadraphonique d’Alan Parsons autorisé par EMI et lancé au Planetarium de Londres fit toute une histoire, dont le groupe refusa de s’occuper. Mis à part ça, l’album fut un immense succès et est toujours leur plus grosse réussite commercialement parlant, avec 28 million de copies vendues à travers le monde.

Nick Mason : « Au début, Dark Side était une séquence de chansons nommée Eclipse. La plupart ont été développée pendant les répétitions des concerts, et on l’a joué sur scène au Rainbow de Londres, on commençait les concerts de la tournée américaine de 1972 avec. Le concept a grandi avec les discussions de groupe à propos des pressions de la vie réelle, comme les voyages ou l’argent, mais Roger à ensuite élargi le champs vers une méditation sur les causes de la folie. Le lien entre les sonorités et les voies était très bien fait selon moi et à la fin, nous avons introduit l’usage d’un vieux synthétiseur, le VCS3. Les enregistrements étaient très longs mais pas lourds, cela n’avait rien d’un supplice. Nous travaillions vraiment très bien en tant que groupe, mais ce n’était pas seulement la musique qui en fit un tel succès. EMI et Capitol ont pris des mesures en Amérique, pour la première fois, ils ont investi beaucoup d’argent pour nous promouvoir. Et c’est ce qui a tout changé. »

David Gilmour : « Pour moi, la différence majeure avec cet album c’est que nous l’avons joué sur scène avant de l’enregistrer. Bien sur on ne pourrait pas faire ça de nos jours, on serait trop piraté. Mais quand nous sommes entrés dans le studio, on connaissait déjà tout. Note jeu était très bon, avec un feeling naturel. Et c’était une sacrée bonne pochette. La musique, le concept, la pochette, tout cela allait très bien ensemble. Pour moi c’était la première fois que nous avions de bonnes paroles. Les autres étaient satisfaisantes, ou faites à la va-vite ou tout simplement mauvaises. Sur Dark Side, Roger a décidé qu’il voulait que personne d’autre n’écrive les paroles. »

Wish You Were Here

L’ambiance rigide et élégiaque de cet album est en contraste total avec celle plus impartiale de ces prédécesseurs. En 1975 Syd manquait à Roger; le business commençait à le préoccuper (« And by the way, which one’s Pink ? » dans Welcome to the Machine était une réelle citation d’un directeur de maison de disque américaine). C’est aussi sur cet album que Gilmour a apporté sa plus grosse contribution individuelle, avec beaucoup d’excellents et longs solos de guitare et sa voie, l’une des plus sincère et profonde que le Floyd ai jamais mise sur disque.

David Gilmour : « Après Dark Side, nous pataugions beaucoup. Je voulais que le prochain album soit plus musical parce que je pensais que certaines chansons étaient juste des support pour les paroles. En 1974 on travaillait dans cet horrible studio de répétition de King Cross sans fenêtres, essayant de mettre en place les deux prochains albums. Il y avait trois longs morceaux dont Shine on You Crazy Diamond que je voulais enregistrer. Roger a dit : “Non, prenons Shine on, divisons la en deux et entre les deux on mets d’autres chansons autour du même thème.” Il avait raison et j’avais tord. »

Rick Wright : « L’album complet viens de ces quatre notes de Dave sur Shine on. On l’a senti venir, c’était vraiment un très beau phrasé. Cela a mené à ce que je pense être notre meilleur album, le plus coloré, celui avec le plus de sentiments. Shine on allait être enregistrée quand les paroles à propos de Syd ont été écrites. Je marchais dans le studio à Abbey Road, Roger était assis, en train de mixer à la console, et j’ai vu ce gros bonhomme chauve assis sur le divan derrière. Je ne pensais rien de particulier à propos de lui. À cette époque il était banal que des étrangers assistent à nos sessions. Et Roger a dit “Tu ne sais pas qui est ce mec pas vrai ? C’est Syd”. C’était un choc énorme, je ne l’avais pas vu depuis à peut près 6 ans. Il se levait, allait se laver les dents, mettais sa brosse à dents de côté et se rasseyait. A un moment il s’est levé et a dit “OK, quand est-ce que je prends la guitare ?”. Et bien sur il n’avait pas de guitare avec lui. Et nous avons dit, désolé Syd, les parties guitares sont toute terminées. »

Nick Mason : « C’était un disque très difficile à faire. Roger devenait de plus en plus irritable. On devenait vieux. Nous avions des enfants. Il y avait beaucoup plus de problèmes entre nous, les gens arrivaient au studio en retard ce que nous n’aimions pas du tout. Il y avait aussi beaucoup de pression sur moi pour que je sois plus précis et moins volage dans mon jeu. Mais je pense que c’est un album qui passe très bien. C’est comme un descendant de Meddle, dans la démarche et l’utilisation de thèmes répétitifs. »

Animals

Le concept appartenait à Waters, mais deux morceaux avaient déjà été entendu sous des noms différents : Sheep était une refonte de Raving and Drooling. Dogs venait de You Gotta Be Crazy. Waters et Gilmour commençaient à se bagarrer pour avoir le contrôle, pour se partager les crédits de production, et ils s’engagèrent dans une longue dispute sur les royalties qui ne sera pas décousue avant 10 ans.

Nick Mason : « C’était un peu le retour à un sentiment de groupe, des sessions assez gaies à ce que je me rappelle. Nous l’avons fait dans notre propre studio, qui venait d’être construit. Roger avait beaucoup d’idées mais il tenait vraiment Dave à l’écart et le frustrait délibérément. »

Rick Wright : « Je n’aime pas une bonne partie des compositions d’Animals, mais malheureusement je n’avais rien à offrir. Je pense que j’ai bien joué mais je me rappelle que je ne me sentais pas très heureux ou créatif, en partie à cause de problèmes dans mon couple. C’était le début de mon blocage pour écrire. »

David Gilmour : « Sur Animals j’étais la principale force musicale. Roger était le motivateur et le parolier. »

The Wall

La perte d’un investissement de 2 millions de livres a conduit le groupe dans le Sud de la France pour enregistrer un double concept album qui s’est trouvé être leur projet le plus « Watersien » jusqu’à présent. C’est à partir de ce moment là que le Pink Floyd phase 2 a fini par se dissoudre.

David Gilmour : « Je continue toujours de penser qu’une partie de la musique est d’une incroyable pauvreté, mais The Wall est conceptuellement brillant. En ce temps je pensais que c’était Roger qui listait toutes les choses qui pouvaient rendre une personne complètement isolée. Je me suis rendu compte que c’était la personne la plus heureuse du monde qui faisait un catalogue d’abus contre ceux qui n’avaient jamais rien fait pour lui. Roger s’appropriait de plus en plus les crédits des chansons. Dans le recueil de partitions de l’album par exemple, pour Comfortably Numb c’est marqué : “musique de Gilmour et Waters.” Ça ne devrait pas. Il a fait les paroles, j’ai fait la musique. Et des petites choses comme ça j’en trouve partout. »

Nick Mason : « L’enregistrement était très tendu, principalement parce que Roger commençait à aller assez mal. C’est à ce moment qu’il ne pouvait plus voir Rick. Rick a un style naturel, un style de piano très spécifique, mais les morceaux ne lui viennent pas facilement. Ce qui est un problème quand les autres se harcèlent pour savoir qui a fait quoi et qui devrait obtenir les crédits de telle ou telle chanson. Il y avait même des discussions entre Roger et Dave pour m’évincer et continuer en duo. Il y avait des moments pendant The Wall où Roger et Dave faisaient absolument tout. Rick était inutile et je n’étais pas d’une grande aide non plus. »

David Gilmour : « D’une manière générale, Nick a travaillé dur et a bien joué sur The Wall. Il a même développé une manière de lire la musique pour les percussions. Mais il y avait un morceau appelé Mother où il n’y arrivait vraiment pas. Alors j’ai engagé Jeff Porcaro pour la faire. Roger a tout de suite pris possession de cette idée, comme il le fait toujours avec mes idées, et il s’est mis à se demander si Nick était vraiment nécessaire. »

Rick Wright : « Roger est arrivé avec l’album complet en démo, tout le monde en a ressenti le potentiel mais musicalement c’était très léger. Vraiment très léger. Bob [Ezrin], Dave et moi-même avons travaillé dessus pour le rendre plus intéressant. Mais Roger avait un égo énorme et disait que je ne m’investissait pas suffisamment, bien qu’il m’empêchait de faire quoi que ce soit. La fracture vint quand nous sommes tous partis en vacances vers la fin des enregistrements. Une semaine avant la fin des vacances, j’ai reçu un appel de Roger d’Amérique me disant de venir immédiatement. Ensuite il y a eu cette réunion pendant laquelle Roger m’a dit qu’il voulait que je quitte le groupe. J’ai d’abord refusé. Alors il s’est levé et a dit que si je n’acceptais pas de partir après que l’album soit fini il prendrait les enregistrement et les emmènerait avec lui. Il n’y aurait pas d’album et donc pas d’argent pour payer nos énormes dettes. Alors j’ai accepté. J’avais deux jeunes enfants à charge. J’étais terrifié. Maintenant je pense que j’ai fait une erreur. C’était un coup de bluff de Roger. Mais je ne voulais plus jamais travailler avec ce type. »

David Gilmour : « Nous avions un studio d’enregistrement dans le sud de la France où Rick restait. Nous autres avions loué des maisons à 20 miles de là. Nous rentrions chez nous le soir et on disait à Rick, fait ce que tu veux, tous les morceaux sont là, écris quelque chose, joue un solo, fait quelque chose. Tu as toute la nuit chaque soir pour le faire. Tout le temps que nous étions là bas, plusieurs mois, il n’a rien fait. Il était incapable de jouer quoi que ce soit. »

The Final Cut

L’album le plus proche d’un album solo de Roger Waters jamais sorti sous le nom de Pink Floyd. L’essentiel avait été écrit pour The Wall mais rejeté par le reste du groupe. Maintenant réduites à un duo Waters / Gilmour, les sessions n’étaient que longues disputes entre les deux, ce qui a conduit Gilmour à enlever son nom des crédits de production.

David Gilmour : « J’ai dit à Roger, si ces chansons n’étaient pas assez bonnes pour The Wall, pourquoi le seraient-elles maintenant ? C’était la période la plus effroyable de ma vie. Roger avait viré Rick, Nick n’était plus vraiment présent et maintenant il s’en prenait à moi. Une expérience très désagréable et humiliante. »

A Momentary Lapse of Reason

Après le départ de Waters en 1985 et une période tendue de disputes à propos des droit d’utilisation du nom Pink Floyd, Gilmour commença à mettre en place un nouvel album en 1987 avec le producteur américain de The Wall, Bob Ezrin et à travailler sur les chansons avec un petit groupe d’assistants comme Phil Manzarena. Comme ses prédécesseurs, A Momentary Lapse of Reason a tout d’un album solo sauf le nom.

David Gilmour : « Nick et Rick étaient complètement amorphes pour jouer au début. Aucun des deux ne joue vraiment sur cet album en fait. Selon moi ils ont été détruits par Roger. Nick a joué quelques tom-toms sur une chanson mais pour le reste j’ai du faire appel à d’autres batteurs. Rick a joué de rares petites parties. Pour la plupart c’est moi qui ai fait les claviers et j’ai prétendu que c’était lui. Ce disque n’a quasiment été fait que par moi, et d’autres gens, et Dieu sait quoi. Je ne pense pas que c’était le meilleur album que Pink Floyd ai jamais sorti, mais j’ai fait du mieux que j’ai pu. »

Nick Mason : « Dave avait beaucoup de pression, il devait trouver des chansons et il a cherché de l’aide là où il pouvait en trouver. C’était amusant d’enregistrer sur le bateau (le studio flottant sur la Tamise de Gilmour) mais ensuite on est allés en Amérique engager tous ces musiciens de studio qui pouvaient boucler tout ça rapidement. Cela me semblait un chemin raisonnable à suivre mais c’était très alarmant pour moi. »

Rick Wright : « Je n’étais pas un membre du groupe. Ils ne me connaissaient plus. Nous n’avions pas joué ensemble depuis des années. On me versait un salaire pour les sessions. J’ai eu des royalties sur l’album mais pas autant que Dave et Nick cependant. »

Delicate Sound of Thunder

Seulement le second album live de leur carrière, caractérisé par 8 musiciens en plus des 3 principaux du Floyd. Ce document de la plus longue tournée du Floyd a été enregistré dans divers stades d’Europe en août 1988.

David Gilmour : « Au début de la tournée Momentary Lapse of Reason, Garry Wallis jouait toutes les parties batterie car Nick ne pouvait pas, et j’ai pris Jon Carin pour qu’il joue les claviers parce qu’il pouvait faire du Rick Wright mieux que Rick Wright. Mais je les ai encouragés tous le deux et à la fin des trois premiers mois, Nick et Rick jouaient bien. Leur confiance était revenue. Cette tournée les a fait redevenir des musiciens fonctionnels. Ou bien on peut dire que c’est moi. »

The Division Bell

Le nouvel album « retour aux sources » a pris un an pour être enregistré sur le bateau de Gilmour, essayant prudemment de rediriger le groupe vers quelque chose d’autre qu’un album solo. Bien que n’apportant rien de nouveau musicalement, la sonorité est plus cohérente et délicatement texturée que sur n’importe quel album du Floyd depuis les glorieuses années 70. L’atmosphère est douce et les parties guitare de Gilmour sont plus lyriques que criardes. Wright est maintenant un nouveau partenaire bien plus qu’un employé. On l’entends plus clairement que pendant ces 15 dernières années. sur beaucoup de morceaux, la recherche d’un parolier s’est soldée par la collaboration avec la nouvelle petite amie de Gilmour, la journaliste Polly Samson. Bob Ezrin a encore beaucoup aidé à la production.

Nick Mason : « On y retrouve le feeling de Meddle bien plus qu’ailleurs. Cela a commencé comme un album de groupe, nous trois avons passé 15 jours ensemble, uniquement à jouer. On en a ressorti plus de 40 ébauches en 2 semaines, ensuite les choses on avancé. Certaines de ces idées initiales ont sûrement fini sur un album “satellite”. »

Rick Wright : « J’ai écrit pour cet album. Je chante dessus. Je pense que c’est un meilleur album que le précédent. Il a davantage l’ambiance d’un vieil album des Floyd. Je pense que nous aurions pu aller plus loin, mais maintenant nous fonctionnons en tant que groupe. C’est uniquement Nick qui joue la batterie, et mon orgue Hammond est de retour sur la plupart des pistes. »

David Gilmour : « Sur cet album, aussi bien Nick que Rick jouent tout ce qu’ils sont censés jouer. C’est pourquoi cette album sonne bien plus comme un vrai Pink Floyd que tout ce qui a été fait depuis Wish You Were Here. Il y a une sorte de thème à propos de la non-communication mais on n’essaie pas de prendre la tête à tout le monde avec ça. La dernière fois, nous avions l’intention de montrer au monde que nous étions toujours là, c’est pourquoi nous étions si lourds et criards. Cet album est un bien meilleur reflet. »



Auteurs de la page : manu (traduction, mise en page) Marion (traduction) Nicole (traduction) Walmour (mise en page).

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