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J'aimerais bien sûr montrer « Ça ira » en France

L’article J’aimerais bien sûr montrer « Ça ira » en France publié dans Le Monde du 10 octobre 2005. Il s’agit d’une interview de Roger Waters. Propos recueillis par Stéphane Davet.

Trois mois après avoir reformé par surprise Pink Floyd, à Londres, à l’occasion du Live 8, le bassiste, auteur et compositeur Roger Waters publie Ça ira, un opéra en trois actes consacré à la Révolution française, d’après un livret de ses amis Nadine et Etienne Roda-Gil, disparus respectivement en 1990 et 2004. L’auteur de The Wall s’explique sur cette œuvre d’inspiration classique et les retrouvailles d’un groupe qu’on croyait irréconciliable.

De quand datait votre amitié avec Étienne Roda-Gil ?

Roger Waters : « Nous nous sommes rencontrés à la fin des années 1960. Étienne était d’une grande intelligence, quelqu’un d’extrêmement romantique, doué aussi d’un grand pragmatisme. L’histoire de nos pères nous avait sans doute rapprochés. Le sien avait fait la guerre d’Espagne avant de fuir le régime franquiste ; le mien, militant de gauche, a combattu et péri pendant la seconde guerre mondiale. Étienne était un joyeux compagnon qui adorait fumer, boire, parler. Toutes ces choses qui rendent Paris si attirante pour un Anglais. »

Comment est né ce projet d’opéra ?

Roger Waters : « Étienne et Nadine sont venus en Angleterre avec un livret manuscrit de cinquante pages, magnifiquement illustré. Ils m’ont demandé de le mettre en musique. Une phrase, à la fin du livret, a particulièrement attiré mon attention : “Si nous ne sommes pas pris/Dans la misère du luxe/Dans l’oubli des autres/Et dans les certitudes.” Je leur ai promis que j’allais essayer. »

Le thème de la Révolution française vous intéressait ?

Roger Waters : « En 1789, les Français ont écrit la Déclaration des droits de l’homme, un texte d’une portée universelle. Je crois que quelque chose de cela a survécu dans la culture française et la république. Si la Déclaration d’indépendance américaine contenait elle aussi cette dimension, les Américains ont ensuite eu tendance à la mettre de côté, particulièrement sous l’administration Bush. Ils ont déjà du mal à garantir les droits de l’homme à certaines catégories de leur population. Le reste du monde leur importe peu. »

Pourquoi avoir choisi le mode de l’opéra classique plutôt qu’une forme rock, comme vous l’aviez fait dans The Wall ?

Roger Waters : « Je me suis passionné, ces dernières années, pour la musique du début du XIXe siècle. J’adore particulièrement Berlioz. Prokofiev et Fauré m’ont aussi influencé. Quand un critique s’offusque aujourd’hui de l’aspect trop bramhsien de mon ouverture, je prends ça pour un compliment. »

Vous avez enregistré des versions en français et en anglais de Ça ira, pourquoi ?

Roger Waters : « A la mort de Nadine, le projet a été arrêté pendant six ans. Quand j’ai recommencé à travailler dessus, Sony m’a demandé de le traduire en anglais. J’ai d’abord refusé, puis je me suis lancé. Cela a sans doute été la partie la plus difficile de ce travail. J’ai alors compris que j’avais besoin de plus de narration. J’ai commencé à écrire des prologues, à ajouter deux ou trois choses, puis à écrire des scènes nouvelles. Très anxieux, je demandais à Étienne ce qu’il en pensait, il me répondait : “Richie, c’est encore mieux en anglais qu’en français.” »

Allez-vous bientôt jouer cet opéra ?

Roger Waters : « Nous donnerons deux concerts à Rome en novembre, avec un orchestre de quatre-vingt-deux musiciens, une grande chorale, des enfants, des solistes. J’espère qu’un jour un milliardaire excentrique aura envie d’investir de l’argent dans la production du spectacle. J’aimerais bien sûr montrer Ça ira en France. J’en avais parlé à Gérard Mortier quand il a pris la direction de l’Opéra-Bastille, il semblait intéressé, mais peut-il prendre le risque de programmer l’œuvre d’un musicien pop ? La Mairie de Paris avait un moment proposé de jouer Ça ira place de la Concorde. L’important est que cette œuvre soit enfin terminée, en souvenir de mes amis. »

Le 2 juillet, à Hyde Park, vous avez reformé Pink Floyd à l’occasion du Live 8. Qu’avez-vous ressenti sur scène ?

Roger Waters : « C’était fantastique. Il a été si facile de retrouver nos places respectives et de jouer ces anciens morceaux. Dave Gilmour – le guitariste de Pink Floyd avec qui Roger Waters a multiplié les procès – et moi nous sommes jeté nos jouets au visage ces vingt dernières années. J’ai mûri, je suis au-delà de ça aujourd’hui, et je crois que lui aussi. »

Cette réunion peut-elle déboucher sur d’autres projets ?

Roger Waters : « Il n’y a pour l’instant aucun projet. Tout le monde a pris du plaisir à ce concert. Même si nous n’en avons pas encore parlé ensemble, j’ai l’impression que si une occasion similaire se présente, si elle a une vocation politique, philosophique ou caritative qui nous convienne, nous pourrions nous retrouver, jouer d’autres chansons, pourquoi pas interpréter The Dark Side of the Moon. Ce serait non seulement possible, mais séduisant. »



Auteurs de la page : manu, Walmour (mise en page).

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