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Kick Against the Bricks

Traduction de l’article Kick Against the Bricks (en) publié dans le Sydney Morning Herald le 30 décembre 2004. C’est un article sur Pink Floyd et Alun Renshaw, professeur de la chorale d’enfants qui a chanté sur Another Brick in the Wall part 2.

Coup de pied dans les briques

Alun Renshaw

Un refrain de Pink Floyd est monté au nez de l’establishment anglais il y a vingt-cinq ans. Clare Morgan a retrouvé le professeur des élèves qui l’ont chanté.

« We don’t need no education
We don’t need no thought control
No dark sarcasm in the classroom
Teachers leave them kids alone
Hey! Teachers! Leave them kids alone!
All in all it’s just another brick in the wall
All in all you’re just another brick in the wall »

Alun Renshaw sourit lorsqu’il entend ces paroles à la radio. Il n’est pas un grand fan de Pink Floyd, ni particulièrement touché par les paroles : il se souvient simplement d’avoir été présent lors de l’enregistrement de la chanson.

En 1979, Renshaw, directeur musical à l’Islington Green School, dans le nord de Londres, fut contacté par Nick Griffiths, ingénieur du son aux Britannia Row Studios, juste à côté de l’école. Griffiths avait besoin de quelques jeunes pour une chanson du prochain album de Pink Floyd. Pouvait-il aider ?

Renshaw, qui vit aujourd’hui à Wisemans Ferry, déclare : « Ce n’est que ce matin que je me suis demandé ce qui se serait passé si j’avais répondu “non, nous n’allons pas le faire”. »

Mais, toujours désireux de produire de la musique liée à sa profession, il accepta, pensant qu’il s’agirait d’un exercice sociologique intéressant.

Il rassembla 23 élèves, puis découvrit ce qu’ils étaient censés chanter.

« Apparemment, j’ai un peu pâli quand j’ai vu les paroles, affirme-t-il. J’ai pensé “oh, bon sang, ça pourrait contrarier quelques personnes”.

Et puis je me suis dit : c’est Pink Floyd, le plus grand groupe pop du monde. Ils veulent qu’on chante sur leur album. Qui se préoccuperait des paroles ? »

En fin de compte, la chanson a contrarié beaucoup de monde. Elle est devenue un succès immédiat, et un hymne pour une génération d’adolescents. Cependant, les adultes étaient moins enthousiastes. « Margaret Thatcher … la détestait », déclare Renshaw.

La Inner London Education Authority, pour laquelle Renshaw travaillait en tant que conseiller musical, fut tout aussi consternée, trouvant la chanson « scandaleuse ».

La directrice d’Islington Green, Margaret Maden, qui ignorait quelles étaient les paroles de la chanson, resta fermée aux critiques dont l’école était bombardée.

« J’avais toujours été le prof rebelle pour Margaret, et elle me laissait généralement agir à ma guise. Je n’ai donc rien vu de mal au fait d’emmener les enfants dans un studio d’enregistrement qui était au coin de la rue, affirme Renshaw. Aujourd’hui, j’aurais été viré, évidemment. »

Les élèves passèrent environ une semaine à répéter la chanson et la trouvèrent amusante, ce qui n’est guère surprenant.

« Ils disaient “elle est géniale, monsieur”, et je répondais “oui, mais n’allez pas la chanter à tous les coins de rue, hein ?” »

Il raille l’idée selon laquelle il aurait agi sans permission. « Un groupe de gamins de 13-14 ans qui enregistre avec Pink Floyd, le plus grand groupe pop du monde, et personne n’aurait été au courant ? Ça aurait fait le tour de l’école en un éclair. Je me souviens que Margaret avait soupçonné ce qui se passait et avait pensé “OK”. »

Renshaw a déménagé en Australie peu après la sortie de la chanson, un déménagement prévu de longue date parce qu’il « avait besoin de changement ». Il pensait rentrer trois mois plus tard mais resta finalement, enseignant pendant quelque temps au conservatoire de Brisbane avant de déménager à Sydney pour travailler sur le Sydney Opera House’s Bennelong Program pour les professeurs de musique.

Aujourd’hui âgé de 59 ans, il dirige une entreprise de stages dans l’ouest de Sydney, qui fournit un lieu de travail aux espoirs de l’industrie musicale, mais il admet joyeusement que son principal but est de financer sa véritable passion, la composition.

Il garde de bons souvenirs de l’école d’Islington, et de Maden, qui est professeur d’éducation à l’université de Keele.

« Margaret était une directrice extraordinaire. Elle avait beaucoup d’intuition, et c’était une école incroyable où travailler. Il y avait une vraie communauté.

Nous sommes restés quelque peu en contact pendant quelques années, mais si nous nous respectons l’un l’autre, nous ne sommes pas vraiment amis. Elle était nettement plus politique que moi. J’étais un professeur insouciant avec toutes ces idées géniales qui n’ont jamais marqué leur époque parce que j’étais trop occupé à préparer le prochain concert. »

Another Brick in the Wall, Pt 2 fête ce mois-ci son vingt-cinquième anniversaire, et la controverse qui l’entourait s’est depuis longtemps éteinte. En fait, elle est devenue l’hymne non-officiel de l’école, et Renshaw affirme qu’elle fut jouée lors de sa récente cérémonie de remise des prix.

Par ailleurs, il ne l’a jamais considérée comme une chanson de protestation, ou dirigée contre l’éducation.

« Il y a eu une réaction politique automatique contre une chanson qui n’avait rien à voir avec le système éducatif. C’était les réflexions d’un homme sur sa vie et comment ses années à l’école en faisaient partie.

J’ai vu la chanson replacée dans son ensemble. Et les parents aussi, parce qu’ils sont sortis pour l’acheter. Ce qu’ils auraient fait de toute façon. »

Il croit que la chanson est sortie à un moment crucial en Angleterre, qui était au bord de transformations sociales massives. « L’une des choses qui m’inquiétaient à l’époque, c’est qu’on pouvait sentir revenir les nuages conservateurs, et les choses retournaient à ce qu’elles étaient avant », déclare-t-il.

La plupart des élèves impliqués sont restés en contact avec Renshaw pendant quelque temps, mais ils ont perdu le contact après cinq ans. Cependant, ils se retrouvent aujourd’hui à la suite de la publicité faite autour de leur victoire pour recevoir des royalties. À l’époque, l’école avait reçu un chèque pour 1000, mais les enfants, restés anonymes, ne reçurent aucun paiement. Maintenant, il semble que chacun d’entre eux pourra prétendre à quelques centaines de livres.

« Ils m’ont tous retrouvé, ils ont mon mail et nous chattons ensemble. Ça m’a fait plaisir d’apprendre qu’au moins quatre d’entre eux se sont retrouvés dans l’industrie musicale, un héritage admirable. Ils étaient heureux de discuter comme si c’était hier.

Ils disent tous “Vous vous souvenez de moi, monsieur ?” Et ça m’arrive, lorsqu’ils me rafraîchissent la mémoire. “Je suis l’andouille qui mettait la pagaille”. Et je pense “Ah oui, lui. Il jouait Carmina Burana”. “Vous vous souvenez de moi ? Je jouais du glockenspiel” Il n’avait que deux notes à jouer, je crois. »

Renshaw a toujours sa copie de l’album The Wall, qui s’est vendu à plus de 23 millions d’exemplaires. Mais il ne se l’est jamais fait dédicacer par le groupe.

« Pour être honnête, je préférais Dark Side of the Moon. »



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Auteurs de la page : Nova Lepidoptera (trouvaille), Wulfnoth (traduction), manu (mise en page).

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