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L'opéra de Roger Waters et Étienne Roda-Gil

L’article L’opéra de Roger Waters et Étienne Roda-Gil paru sur France2.fr le 3 octobre 2005.

Roger Waters en concert à Beyrouth (Liban) en 2002 - AFP/Yazbeck

Le bassiste de Pink Floyd est de retour avec un opéra dont le livret fut écrit par Etienne Roda-Gil, disparu en 2004.

La création de œuvre lyrique Ça ira, sortie en disque cette semaine, a lieu le 17 novembre à Rome. Mais la conception en remonte à 17 années.

Le musicien britannique et le parolier français s’étaient rencontrés en 1988. Leur projet devait évoquer la Révolution, à quelques mois du Bicentenaire. Mais cette œuvre ne voit le jour qu’aujourd’hui.

Dix-sept années de retard...

Lors de sa rencontre avec Roger Waters en 1988, Etienne Roda-Gil lui présente un livret qui a pour thème la Révolution française. Le célèbre bassiste, enthousiaste, composé une musique en six semaines. Les deux hommes envisagent même de créer l’opéra à l’occasion du bicentenaire de la Révolution Française, en 1989.

Ça Ira – dont le titre reprend le refrain d’un célèbre chant révolutionnaire français, évoque les événements de 1789 à travers de multiples perspectives, donnant la parole à Marie-Antoinette comme aux révolutionnaires et aux hommes et femmes du peuple. L’action a pour cadre une piste de cirque.

En 1990, l’épouse de Roda-Gil, Nadine, décède. Elle était à l’origine des illustrations du livret et de toutes les indications de mise en scène. Le projet dormira de longues années dans un tiroir.

De son côté, Roger Waters, sorti son dernier album solo, Amused to Death, en 1992.

En 1997, il écrit une version anglaise du livret de Ça ira, sous-titré « There Is Hope » (« Il y a un espoir »). Il assure être resté au plus proche de l’ode aux droits de l’Homme qu’avait voulue Etienne Roda-Gil.

Le 2 juillet 2005, à 62 ans, Roger Waters remonte sur scène avec son groupe pour la bonne cause, celle du Live8. C’est la première fois que les musiciens fâchés se réunissent depuis… 24 ans.

Automne 2005… Ça ira voit enfin le jour après de longues années de sommeil. Mais Etienne Roda-Gil n’est plus là pour voir l’aboutissement de son idée.

Waters marche à l'utopie

Rogers Waters s’est toujours senti concerné par les révolutions française et américaine, ainsi que le fondement qu’elles représentaient en terme de droits de l’Homme, expliquait-il le 25 juillet en présentant Ça ira à New York devant un public de fans de Pink Floyd. L’opéra écrit par Roda-Gil représente « en quelque sorte un nouveau The Wall et sa thématique de l’impuissance face au malheur. »

« Ça Ira et The Wall sont toutes deux des ouvres sur la communication entre les hommes et sur le fait de réaliser le potentiel d’empathie des êtres humains, qui est ce qui nous distingue des animaux », confiait Roger Waters plus récemment, dans l’édition du 30 septembre du quotidien britannique Daily Telegraph.

Aujourd’hui, le mythique bassiste rock assure aborder l’univers lyrique sans appréhension.

« La musique, c’est la musique. Nous savons tous qu’elle nous touche de manière tangible, et peu importe que cela provienne d’un orchestre symphonique ou de quelqu’un se tordant sur une guitare électrique. »

L’œuvre antérieure de Roger Waters, principal créateur musical de Pink Floyd, est traversée de nombreux éléments qui l’assimilent aux compositions classiques. Des albums comme The Dark Side of The Moon (1973) ou The Wall (1979), tournaient déjà le dos à la mise bout à bout de morceaux sans rapport entre eux. Ce qu’on appelait des concept albums développaient un récit, avec un leitmotiv, des temps dramatiques et des plages de calme.

Pour Ça ira, Roger Waters a néanmoins demandé de l’aide pour « traduire ses idées aux musiciens, à cause de certaines subtilités dans l’écriture de partition qu’il ne connaissait pas. »



Auteurs de la page : manu, Walmour (mise en page).

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