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Light and Sound

Transcription et traduction de l’article Light and Sound de Miles Kington, paru dans le Times du 9 février 1970. Il s’agit d’un article sur Pink Floyd et un de leur concert au Royal Albert Hall.

Son et lumière

Lorsqu’on leur laisse les clefs de l’Albert Hall pour une soirée, la plupart des groupes pop tentent de remplir chaque fente de son, mais samedi, pour une fois, les Pink Floyd ont respecté son vide en l’utilisant comme une vaste chambre sonore, le noyant parfois sous le bruit, y envoyant le plus souvent des vagues sélectives de son qui semblaient frémir dans le grand espace du hall. Mais les Pink Floyd sont aujourd’hui différents de la plupart des groupes pop : ils sont presque les seuls à vouloir et pouvoir ajouter des effets électroniques économiquement, à penser à leur musique en termes de son pur et, le plus important, à bâtir chaque titre progressivement et douloureusement, au lieu de se jeter à corps perdu dans l’action.

Ce processus ne relève pas tant de l’architecture que de l’improvisation abstraite. Par exemple, le premier titre de la seconde partie commençait avec une batterie réverbérée, comme un battement cardiaque amplifié, sur laquelle se superposait progressivement des sifflements et grognements amplifiés, qui se fondaient ensuite à nouveau dans la batterie, puis dans des sons très doux de vibraphone, finissant par atteindre, après environ dix minutes, un thème hard rock. Et il se révéla que même ce dernier n’était pas le clou du titre, qui fut en fait le long interlude calme au piano qui s’ensuivit.

En fait, leur musique a exactement le même effet que le mélange des couleurs dans un light show : les sons s’entremêlent et changent comme des images abstraites. Les rythmes lancinants de guitare, annonciateurs d’une intrusion électronique, nous parviennent tels des projections saisissantes d’écarlate et d’orange. Il n’est pas surprenant d’apprendre qu’ils ont déjà réalisé la bande originale d’un film, et que le titre décrit ci-dessus fut commandé, mais jamais employé, dans la dernière aventure d’Antonioni. En un sens, les Pink Floyd sont leur propre film.

Pour tout cela, il faut qu’un groupe soit uni et ils le sont, au point que donner des noms et louer des solos serait hors de propos. Que le résultat final ait de l’importance est autre chose : ce genre de musique de l’univers, aux connotations de science-fiction cosmique, n’est pas plus appropriée que la musique issue d’une arrière-cour, et les effets s’évanouissent sitôt quitté la salle de concert. Mais sur le moment, elle fonctionne superbement, et c’est là probablement exactement ce qu’ils veulent accomplir.

Version originale

Most pop groups, when handed the Albert Hall for an evening, try to fill every cranny with sound, but on Saturday for once the Pink Floyd respected its emptiness by using it as a vast sounding chamber, sometimes flooding it with noise, more often sending out select waves of sound which seemed to quiver in the great space of the hall. But then the Pink Floyd are now different from most pop groups — almost alone they have the desire and ability to add electronic effects economically, to think of their music in terms of pure sound and, most important, to build up each number graduay ard painstakingly, instead of plunging straight into the action.

This process isn’t so much architecture as abstract improvisation. For instance, the first number in the second half started with reverberating drummring, like amplified heart beats, which was gradually overlaid by magnified hissing and growling, this fading back to the drumming and then down to very soft sounds from the vibraphone, eventually reaching after about ten minutes a hard rock theme. Even this, it turned out, was not the meat of the number, which was provided by the long soft piano interlude that followed.

Their music in fact has exactly the same effect as the interplay of colour in a light show; the sounds merge and change like abstract images, the throbbing guitar entries for electronic intrusions came stabbing in just like startling splashes of crimson or orange. It isn’t surprising to learn that they have already done the sound track for one film and that the number just described was commissioned though never used for Antonioni’s latest venture. In a sense, the Pink Floyd are their own film.

For all this a group has to be integrated and they are, to the extent hat the naming of names and praising of solos would be irrelevant. Whether the end result has any importance is quite another matter; this kind of music of the universe, with cosmic space fiction overtones, is not half so relevant as music from one’s own backyard and the effects fade as soon as one leaves the concert hall. But at the time it works beautifully and this is probably exactly what they want to achieve.



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Auteurs de la page : Wulfnoth (transcription, traduction), manu (déproblématisation).

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