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Syd Barrett dans Rock Espezial en 1983

Interview de Syd Barrett parue à l’origine dans la revue espagnole Rock Espezial en 1983. La version française ci-dessous est une traduction de L. Espain (ça ne s’invente pas) publiée dans le livre Welcome to the Machine de Jordi Bianciotto (1998).

Février 1983. La revue Rock Espezial de Barcelone publie une monographie consacrée à Pink Floyd, en couverture de laquelle figure une tête vaguement reconnaissable: c’est un Syd Barrett frisant la quarantaine, photographié pour la première fois depuis 1971. L’ancien leader de Pink Floyd fait preuve de facultés mentales pour le moins chancelantes, ainsi que l’expliquent les journalistes Michka Assayas et Thomas Johnson. Compte tenu de l’intérêt de ce témoignage, nous nous faisons l’écho des propos échangés lors de cette rencontre avec Syd Barrett, sur le seuil de sa maison.

Et me voilà devant cette vieille maison de Cambridge, essayant de n’avoir pas l’air trop nerveux, tandis que j’attends que l’on réponde à mon coup de sonnette. Rien. Je sonne à nouveau. Dans le jardin, une vieille dame coupe des roses. Une ombre se profile au fond du couloir, s’avançant lentement jusqu’à la porte.

Syd Barrett : « Salut. »

Nous sommes aussi surpris l’un que l’autre et nos deux voix se superposent.

Rock Espezial : « Je viens t’apporter ça, ce sont tes vêtements, tu t’en souviens? (NB: l’auteur fait allusion à des vêtements que Barrett avait oublié dans l’appartement londonien qu’il occupait peut de temps auparavant). »

Syd Barrett : « Ah oui ! À Chelsea ! Oui… »

C’est un homme prématurément vieilli, usé. Les cheveux coupés très courts, les traits durcis, les épaules tombantes. Il a grossi.Sa mère ne m’a pas entendu arriver, elle est toujours au fond du jardin. De temps en temps, Syd lance un regard furtif dans sa direction.
Je lui explique que cela fait des jours que je suis à sa recherche et que j’ai été à Chelsea où l’on m’a donné ses vêtements.

Syd Barrett : « Merci, me répond-t-il. Tu as dû payer quelque chose ? Qu’est ce que je te dois pour les vêtements ? »

Rock Espezial : « Non, rien du tout. Je lui demande ce qu’il fait actuellement, est ce qu’il peint ? »

Syd Barrett : « Non, on vient juste de m’opérer, rien de grave. Je souhaite revenir à Londres mais je dois patienter, il y a une grève des trains en ce moment. Non…Non…Je regardais la télé, c’est tout. »

Rock Espezial : « Tu n’as plus envie de faire de la musique ? »

Syd Barrett : « Non. Je n’ai pas le temps de faire grand-chose. Je dois trouver un appart à Londres mais ce n’est pas facile, il faut que j’attende… »

De temps en temps il jette un coup d’œil sur le sac de vêtements et sourit. Il essaie continuellement de mettre fin à notre conversation, tout en surveillant sa vieille mère, comme s’il craignait qu’elle ne nous découvre en train de bavarder.

Rock Espezial : « Tu te souviens encore de Duggie ? »

Syd Barrett : « Euh…Oui…Je ne l’ai jamais revu…Je n’ai jamais revu qui que ce soit à Londres. »

Rock Espezial : « Tes amis me chargent de te saluer. »

Syd Barrett : « Ah… Bien… Merci… »

Il s’exprime et réagit comme tous ceux qui ont subi des traitements psychiatriques prolongés. La contemplation semble être devenu son seul passe-temps. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la télévision soit sa principale activité.

Rock Espezial : « Je peux te prendre en photo ? »

Syd Barrett : « Oui, bien sûr… »

Il sourit pendant que je prends la photo, mais tout de suite après…

Syd Barrett : « Ça suffit comme ça. Je n’aime pas qu’on me voie…C’est dur pour moi…Salut. »

Il regarde fixement l’arbre qui se dresse devant la maison. Je ne sais pas quoi dire.

Syd Barrett : « Il est beau cet arbre… Oui mais plus maintenant… On vient de le tailler… Avant, je l’aimais bien… »

On entend la voix de sa mère. Syd Barrett se tourne vers moi. Il semble terrorisé.

Syd Barrett : « Eh bien…On se reverra peut-être à Londres. Au revoir. »

Sur le chemin du retour, je croise un hippy illuminé, qui se cache derrière un journal. Je me sens pris d’un vide angoissant. Tout est fini.



Auteur de la page : manu.

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