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The Great Pink Floyd Mystery

Traduction de l’article The Great Pink Floyd Mystery publié le 5 Août 1967 dans le Melody Maker. Chris Welsh y réalise une interview de Roger Waters.

Le grand mystère Pink Floyd

L'article original de 1967

Un millier de gens dans les salles de bal et autres endroits à travers tout le pays est rendu sourd et aveugle pendant toute une nuit par le Pink Floyd, le célèbre groupe psychédélique. Un millier de gens devrait-il être pardonné de penser « qu’est-ce que c’est que ce bordel ? »

Les Pink Floyd sont-ils très honnêtes quand ils sortent des singles timides et attirants comme See Emily Play alors que sur scène, ils rendent la nuit affreuse avec un hurlement incompréhensible et étourdissant, une torture sonore qui, selon 5 docteurs américains, pourrait causer des dommages irréversibles sur les sens ?

Frustrés

Le Floyd ne veut pas se montrer malhonnête mais ils sont inquiets. Ils voient bien le contraste entre leurs disques studios et leurs concerts - à savoir que ces derniers ne sont pas tout a fait comme ils le devraient - et ils prennent les mesures nécessaires pour rectifier la situation.
Roger Waters, le bassiste, avec une allure plutôt convenable et un goût prononcé pour les pintes de bière, nous parle ouvertement des problèmes du Floyd cette semaine.

Roger Waters : « Nous sommes assez frustrés en ce moment car, pour rester en vie, nous devons jouer dans trop d’endroits qui ne sont pas vraiment appropriés. Ça ne peut manifestement pas durer ainsi et nous espérons créer nos propres rassemblements. »

Chris Welsh : « Roger accepta une cigarette “approuvée par le gouvernement” et dit ceci : »

Roger Waters : « Nous aimons tous notre musique. C’est la seule force qui nous fait avancer. Tous les apparats du style devenir vaguement célèbres pour avoir la possibilité d’acheter de plus gros amplis, tout cela n’est pas vraiment important. »

Star

Roger Waters : « Nous nous sommes fait un nom et on commence a être connu du public, alors tout le monde viens nous voir et les salles sont remplies. Mais l’atmosphère dans ces endroits est très renfermée. Le feeling n’y a pas sa place. »

Roger Waters : « Il n’y a rien de méchant là dedans mais nous ne sommes pas reprogrammés dans le circuit des clubs ou des salles de bal. Ce que j’essaie d’expliquer, c’est que nous essayons de faire des choses qui ne collent pas avec le genre d’endroits où nous jouons. Les groupes jouent soit Midnight Hour, soit de la soul, et ensuite nous on entre en scène. Je n’ai rien contre les gens qui viennent et je ne rabaisse pas nos spectateurs. Mais ils se sentent obligés de comparer tout le monde. Tel ou tel groupe est meilleur que n’importe quel autre. C’est comme mettre une note pour des devoirs en classe. Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick et Tich ont une belle étoile dorée dans la marge, ou bien “Tich - excellent”. Sur la scène des clubs, nous on obtient 2/10 et “peut mieux faire”. »

Roger Waters : « Nous avons des problèmes avec notre équipement parce que nous jouons extrêmement fort. C’est bien dommage car Syd (le chanteur, Syd Barrett) écrit de très bonnes paroles et personne ne les entend jamais. »

Scène

Roger Waters : « Peut-être que c’est notre faute, parce que nous sommes trop obstinés. Après tout, la voix humaine ne peut rivaliser avec une Fender Telecaster et une double grosse caisse. Nous sommes un groupe très jeune, pas en âge, mais en expérience. Nous essayons de résoudre des problèmes qui n’existaient pas auparavant. Peut-être devrions-nous arrêter d’essayer de jouer nos singles sur scènes. Même les Beatles quand ils jouent live sonnent comme leurs disques. Mais le type de disques que nous faisons aujourd’hui est impossible à reproduire sur scène alors ça ne sert à rien d’essayer. »

Chris Welsh : « N’est-ce pas être malhonnête ? »

Roger Waters : « Non, on ne pense pas. On fait quand même Arnold Layne et on se bat avec Emily de temps en temps. On ne pense pas que c’est malhonnête étant donné qu’on ne peut pas jouer en live ce que l’on fait sur les disques. Il n’y a aucun doute là-dessus. Vous imaginez si quelqu’un essayait de jouer A Day in the Life ? Pourtant, c’est une des meilleures chansons jamais écrite. Sur notre album, beaucoup de choses sont complètement infaisables en live. Il y a le côté studio mais pas celui de la scène. »

Roger Waters : « Ce qu’on doit faire maintenant, sur scène, c’est de jouer des morceaux qui n’ont rien à voir avec nos disques, des choses du genre Interstellar Overdrive qui est magnifique. Et les instrumentaux sont plus commodes à jouer. »

Chris Welsh : « Est-ce que le groupe est découragé quand il n’arrive pas à communiquer avec son public ? »

Roger Waters : « C’est parfois décourageant et ça nous freine. Il y a beaucoup de choses que l’on pourrait faire. Tu peux fermer les yeux et penser que tu ne joues pas pour le public mais pour toi-même. Mais quand la musique crée un déclic, ne serait-ce que chez 10 ou 12 personnes, c’est tellement excitant. »

Roger Waters : « Nous essayons de jouer une musique dont on pourrait dire qu’elle est libre d’expression. Ça sonne très carré mais en réalité c’est très libre. »

Chris Welsh : Quel est le futur du Floyd ?

Roger Waters : « On ne peut pas continuer à faire les clubs et les salles de bal. Nous voulons un environnement tout neuf et on s’est arrêtés sur l’idée d’utiliser un grand toit. Nous aurons une énorme tente et nous irons d’un endroit à un autre, comme un cirque itinérant. À l’intérieur il y aura un grand écran de 12 mètres de haut sur 36 de large, sur lequel nous projetterons des films et des diapositives. »

Cirque

Roger Waters : « Nous allons jouer dans les grandes villes, ou n’importe où, et on deviendra pour l’occasion un vrai cirque. La scène sera magnifique. Ça pourrait même être le salut du cirque ! »

Roger Waters : « Le fait est que je ne pense pas que nous pourrons continuer à faire ce que nous faisons actuellement. Si on le fait, il ne nous restera plus qu’à vivre des indemnités du chômage ! »



Auteurs de la page : manu (traduction, mise en page), Marion (traduction), Nicole (traduction).

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