L'audience de Pink Floyd avant Dark Side of the Moon

Démarré par Kermit, 08 Février 2010 à 19:23

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Kermit

Pour faire suite à une discussion amorcée sur un autre fil, j'ouvre ce nouveau sujet dont l'objectif est de mieux cerner comment était perçu Pink Floyd avant de devenir un produit de masse avec Darkside of the Moon et son tube planétaire "Money". Quelle était l'importance et le profil de son public entre 1967 et 1972, quand a-t-on commencer à en parler en France, comment les "floydiens" étaient-ils perçus par leurs petits camarades, etc., etc. La parole est maintenant à nos plus beaux spécimens de dinosaures qui ont connus cette glorieuse époque, revitalisés exprès pour l'occasion :lol: :

Blue-Berry

#1
Putaing, ils font ch... ces jeunes à venir nous déranger dans nos sarcophages avec leurs questions à la con. Z'avaient qu'à être là à ce moment-là après tout ! Nous on y était bien. Alors pourquoi pas eux ? Hein ? Sinon par mauvaise volonté.

Bref.
Enfin bon.
Donc PF avant "Dark Side"...
Je ne peux parler que de mon expérience propre...
Je n'ai découvert le groupe qu'en septembre 1971, et ça a été une claque tout de suite, avec un enregistrement pirate du concert de juin précédent à Lyon. Y'avait "Echoes" surtout.
Ca n'a pas été un choc frontal pour moi, mais plutôt la rencontre d'une musique qui me paraissait aller naturellement d'elle-même, dans la continuité des compositeurs classiques du genre Berlioz par exemple. Les longues compos n'avaient pas pour moi un caractère révolutionnaire dans le contexte de la musique en général. Ce caractère révolutionnaire se situait plutôt par rapport au format de la chansonnette pop-rock de 3mn de l'époque.
Dans le milieu où j'étais, c'est à dire des jeunes pensionnaires d'origine plutôt aisée (plus que moi !), Pink Floyd n'était inconnu de personne, indépendamment des goûts propres à chacun. Mais c'était un peu une intelligentsia. Même les disquaires ne connaissaient pas tous, j'en ai fait l'expérience par deux fois.
La première fois, c'est ma mère qui veut me faire plaisir en m'achetant un disque du groupe. Mais elle a mal retenu le nom, et indique au disquaire "un groupe dont le nom est comme "pinode" ou quelque chose comme ça". Et je me retrouve avec un disque pour boum, une compilation de morceaux rock gentillets de différents groupes tous plus ou moins inconnus, avec une couverture dessinée montrant des freaks rigolards, vous voyez le genre. Le disque s'appelle "Live at the Pink Flamingo", le Pink Flamingo en question étant apparemment une boite. J'ai beaucoup de mal à y trouver quelque chose qui ressemble à ce qui m'a fait vibrer quelques temps auparavant... Mais je fais bonne figure. Pas envie de décevoir Maman en lui disant "tu sais, c'est absolument pas ça". Mais elle a bien dû s'en rendre compte. Au moins quand je suis rentré un jour avec un vrai Pink Floyd, mon premier, "Atom Heart Mother", acheté avec mes sous par moi-même. Finalement, on n'est jamais si bien servi...
Je vais me contenter d'un "Meddle" en bande (je ne sais plus comment j'ai enregistré cette bande) avant de l'acquérir en disque en juillet 72 seulement, et en Angleterre.
Et puis, je ne sais plus si c'est avant les grandes vacances de 72 ou juste après, j'ai envie de me payer "A Saucerful Of Secrets", et me rends chez le disquaire de la ville où je suis en pension, Saint-Chamond (coucou Mnzaou !). Le-dit disquaire ouvre des yeux ronds quand je lui annonce le nom du groupe. Il n'en a jamais entendu parler...
Bon, je pense qu'à la Fnac de Lyon, j'aurais trouvé sans problème... Mais quand même, un disquaire qui n'est pas foutu de comprendre "Pink Floyd" dans "Pinode", et un autre qui n'a jamais entendu parler du groupe, en 1972 !! Ca dénote un certain manque de professionnalisme je trouve. Encore actuellement.
Bref, je n'en suis pas très conscient à l'époque, mais je pense que Pink Floyd est connu essentiellement dans le milieu lycéen-étudiant qui a de fait une certaine culture rock. PF est loin d'être le seul groupe qui fait parler. Il y a Led Zep, Deep Purple, Uriah Heep, King Crimson, Hendrix, les Doors, les Beatles bien sûr que je découvre à cette époque aussi, y'aura Slade, Alice Cooper, Bowie, Amon Düül II, Hawkwind, Grateful Dead, Black Sabbath...
Pink Floyd n'a pas encore touché toutes les générations. Ce peut être une question de diffusion par les médias, car certains morceaux passent bien auprès du public "des vieux" quand ils ont l'occasion d'en entendre. "Atom Heart Mother" en premier, bien sûr. Je me souviens l'avoir fait écouter à mon grand-père, un ancien de Verdun, qui a trouvé ça plutôt pas mal. "C'est doux" me disait-il, ce qui signifiait que si c'était assez différent du "Dimanche au bord de l'eau" de Gabin, ou du répertoire de Piaf, ça ne l'avait pas fait fuir pour autant. Je l'avais néanmoins prévenu "tu sais, ça risque de te paraitre bizarre comme musique", et l'arrivée de la guitare bluesy sur "Funky Dung" ne me faisait pas mentir. Mais heureusement, avant, il y avait eu les cuivres, l'orgue, les choeurs, bref des trucs bien installés dans notre paysage culturel musical européen depuis Moussorgski, Orff ou Ravel. Donc,on était en terrain un peu familier quand même. Et puis après la guitare bluesy, y'a le retour des cuivres, puis y'a la séquence angoissante de "Mind Your throats", mais elle est bien vite recouverte par les cuivres et tout le bataclan du début. Bref, "AHM", c'est très bien pour introduire un ancien de Verdun dans l'univers de PF. Mais je recommanderais quand même d'y aller par doses progressives... Cela dit, vu le nombre d'anciens de Verdun qui restent, je sens qu'on va être dispensé de travaux pratiques...
Bref, à cette époque, je faisais partie d'une sorte d'élite culturelle, mais je ne le savais pas ! XD
N'empêche que pour le concert du 10 décembre 1972 à Lyon (le boot est disponible dans la rubrique "téléchargements"), le palais des sports de Gerland était bien plein ! Je n'ai pas plongé dans cette présentation publique de "Dark Side" avec énormément de bonheur et d'enthousiasme. Ca m'a semblé un peu pareil du début à la fin. J'ai besoin d'écouter plusieurs fois une oeuvre pour y prendre mes repères et pouvoir entrer dedans pour de bon. "Echoes", "Careful" et "One Of These Days" de la seconde partie, je connaissais, j'avais mes repères, et j'ai pu apprécier. J'aurais apprécié, d'ailleurs, un "Saucerful" ou un "Set The Controls" supplémentaires... Pourquoi certains concerts sont-il nettement plus riches que d'autres ? Ca doit être une question de contrat...

Personnellement, la sortie tant attendue de "Dark Side" en disque n'a pas soulevé un grand enthousiasme chez moi : ce qui me plaisait chez PF, c'était ces longs morceaux atmosphériques comme "Echoes", "AHM", "Set The Controls", etc. Et là, y'en avait plus ! Plus que des morceaux dont le plus long plafonne à 7 mn... J'ai trouvé en fait que PF avait pondu là quelque chose de sympa, certes, bien foutu, certes, mais qui n'avait plus l'originalité qui m'avait séduit. Paradoxal, hein, pour un disque qui sera propulsé de la manière qu'on sait au premier rang des ventes...
Enfin, entretemps, les disquaires avaient appris le nom de Pink Floyd, c'était déjà ça.

J'ai eu la chance d'avoir très tôt, dès le printemps 1973, un autre aperçu des possibilités scéniques du groupe, et des richesses de ces possibilités, en recevant d'un copain une bande avec dedans une grande partie du concert du 23 janvier 1970 au théâtre des Champs-Elysées à Paris, retransmis à la radio. Les morceaux que je connaissais ("Grantchester Meadows", "Biding My Time", "Green Is The Colour", "More main theme", "Set The Controls")  y apparaissaient différents de leurs versions disque, et il y avait cette présentation fabuleuse de "Atom Heart Mother" composé quelques jours auparavant seulement... (cet enregistrement est lui aussi disponible dans les téléchargements, sous le titre "Elysées Floyd", reconstitué à partir de plusieurs sources, dont cette bande). Cette bande a beaucoup tourné, et j'en suis arrivé à me dire que Pink Floyd live, c'est 100 fois mieux que sur disque studio. Et l'écoute des boots ne fait que me conforter dans cette opinion. Il manque dans la disco officielle de PF un bon live réalisé en 1971 ou 1972. UmmaGumma a été fait bien trop tôt.
Pour avoir un nouveau live de PF, faut attendre "Delicate Sound Of Thunder" en 1988, avec des versions qui sont très loin d'atteindre la flamboyance de celles du début des années 70 (je pense notamment à "One Of These Days") et qui ressemblent plus à des exercices scolaires bien appliqués d'apprentis Floyd qui apprennent le métier.
Mais je digresse, là. Je digresse...
Et il est tard.
Au tour des autres dinosaures de causer un peu.
Allez, Fouge, Prog, Good, Phil, François, bref, la maison de retraite de Seedfloyd !
J'ai été long, hein ?
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floydsmoke

Ce n'est pas assez long Blueb. J'aime bien ton brin de plume.
Moi j'ai découvert Pink Floyd en 1975, je suis encore un poil trop jeune pour faire partie des dinosaures pré-DarkSide. Même si j'ai toujours entendu du Floyd en fait, parce que mon père possédait Meddle et l'écoutait très souvent. A partir de mes 3 ans au moins j'ai été éduqué au Floyd mais bien malgré moi. La véritable découverte, celle où j'ai palpé sur mon initiative une pochette du Floyd, sorti le vynil de son feuillet pour le poser sur la platine de mon père, c'était Wish You Were Here. J'entendait la musique qui tournait à la maison en boucle depuis la sortie de l'album, et je me souviens de façon incroyablement précise de ce moment là. Je me suis dit : "Ah c'est donc cette musique là qui est dans cette pochette là". J'avais 7 ans. Curieusement Dark Side je l'ai découvert bien après, lorsque je me suis payé l'album moi même, je devais avoir 12 ou 13 ans, entre 2 albums de tintin et la collection des albums de Genesis, que j'idolatrai plus que le Floyd à l'époque.
Tout ça pour dire que je ne suis pas capable de répondre au sujet du Post. Lorsque je pose la question à mon père aujourd'hui : "comment as-tu découvert le Floyd ?" Il se souvient bien que ce fut via Meddle et il lui semble bien que c'était un cadeau d'un de ses neveux, étudiant à l'époque. Ca va dans le sens d'un groupe connu des milieu étudiants , encore largement absent des radios et TV grand public.

Blue-Berry

J'aime bien le "mais bien malgré moi" XD XD XD

Pink Floyd était pourtant passé à la télé française dès 1968, dans l'émission Bouton Rouge où il avait joué une version ultra-courte de Astronomy Dominé, Let There Be More Light et je ne sais plus quoi (on a les films). Le concert de début 70 aux Champs-Elysées avait été retransmis sur Europe 1 (ce qui nous permet d'avoir les boots aujourd'hui), et le groupe était même passé à la Fête de l'Huma la même année, le 12 septembre ! (On a aussi le boot, mais pas complet). Mais bon, tout ça, ça ne valait pas, au point de vue impact médiatique, un passage chez Guy Lux.
(Quand on pense ce qu'on a pu casser comme sucre sur Guy Lux à l'époque. Alors qu'à côté d'un Cauet, mais Guy Lux passe pour un agrégé de philo !)  :D

Juste comme complément d'info, l'ordre d'achat de mes albums du Floyd :

D'abord Atom Heart Mother au cours du premier semestre 1972 (racheté par la suite car usé par le saphyr de l'électrophone Teppaz de mes parents).
Puis Obscured By Clouds à sa sortie je crois, en juin 72 (mais pas sûr).
Ensuite en même temps Piper et Meddle éditions anglaises neuves et More édition anglaise d'occase à Londres en juillet 72.
Saucerful of Secrets je pense à la rentrée 72, et UmmaGumma d'occase à un copain de pension vers la même époque.
Et, nanti de tout ça, j'ai attendu religieusement, avec et comme tout le monde, la sortie de Dark Side en mars 73. Je l'ai acheté de suite, je me souviens encore où. Aujourd'hui c'est un photographe très connu sur la place de Roanne.
Relics, ce fut plus tard, je ne sais plus quand.
J'ai shunté la sortie de Nice Pair (je ne l'ai jamais eu, je n'en voyais pas l'intérêt) et je n'ai acheté Masters of Rock (l'ancien Best of de 1971) que bien plus tard, je ne sais plus quand.
Wish You Were Here à sa sortie, avec le beaujolais nouveau de 1975. C'était d'ailleurs l'accroche publicitaire "le Pink Floyd nouveau est arrivé". Je me souviens avoir acheté en même temps Warrior On The Edge Of Time de Hawkwind (j'avais déjà les précédents). C'était à Paris où je vivais et travaillais depuis un an à peu près.
Animals et The Wall à leur sortie, de même que Final Cut. J'ai fait l'impasse sur Works et Collection of Great Dance Songs dont là encore, je ne vois guère l'intérêt (à part The Embryo dans Works, mais quand on a les boots...).
Pour Momentary Lapse, il a fallu que je voie sur la pochette le nom de Rick Wright pour me décider à l'acheter.
Quand je suis passé au CD, au début des années 90, c'est des boots que j'ai d'abord achetés (Around the mystics et Eclipse furent les premiers, suivis par Cracked, Top gear Sessions, Montreux 71 et l'indispensable Total Eclipse)
Bon, je ne sais pas si je suis vraiment encore dans le sujet, là...
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Kermit

Citation de: Blue-Berry le 09 Février 2010 à 12:05Pink Floyd était pourtant passé à la télé française dès 1968, dans l'émission Bouton Rouge où il avait joué une version ultra-courte de Astronomy Dominé, Let There Be More Light et je ne sais plus quoi (on a les films). Le concert de début 70 aux Champs-Elysées avait été retransmis sur Europe 1 (ce qui nous permet d'avoir les boots aujourd'hui), et le groupe était même passé à la Fête de l'Huma la même année, le 12 septembre !

Respectivement premières TV (1968) et premiers concerts en France (1970).

Très schématiquement, PF est d'abord connu uniquement dans le "Swinging London" (1966-67). En 68, il débarque sur le Continent. Mais seuls les happy fews, style des étudiants parisiens ayant eu l'occasion d'aller en Angleterre, doivent alors déjà en avoir entendu parler.

Le premier vrai décollage en France a lieu avec la BO du film More.

Le deuxième, d'après nos premiers témoins, doit correspondre à la sortie de Meddle. Je n'ai pas l'impression qu'Atom heart Mother ait jamais été un grand succès commercial. (J'avais à une époque les chiffres de ventes des disques de PF au cours des années 70, dans un livre d'Alain Dister je crois.)

Pour le moment, nous n'avons rencontré que de petits dinos du Crétacé qui n'ont pu nous parler que de l'époque Meddle. Il nous faut donc encore remonter le temps à la rencontre de quelque grand sauropode du Jurassique capable de nous entretenir de More, Ummagumma...

Nous accueillons donc à à présent François. Applaudissons-le bien fort... wooooahhhhhhhh


Blue-Berry

Oui, More a eu un impact certain sur la découverte de PF par la France, et ce d'autant plus que Barbet Schroeder est français.
Mais je ne peux en témoigner crédiblement : je n'étais pas né à ce moment-là.
Pour Atom Heart Mother, il me semble que si, que ça a été un (relatif) succès. Normal, c'est tellement européen comme inspiration.

François, le micro est à toi...
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-François-

Bonjour à toutes et tous.....!!
Je reprendrai le début de mon dernier post précèdent.....etc....!! :

A l'époque, après 1968,je venais tout juste de commencer à travailler, on se retrouvait entre freaks, à droite ou à gauche, pour écouter la musique que l'on aimait, et qui n'était pas celle du "vulgum pecus"....Pour vous dire, je suis incapable de citer un artiste de variétoche de l'époque!  Quand on a découvert PF, quelle gifle........Astronomy domine, Interstellar overdrive.......que de la musique planante qui nous faisait grimper aux rideaux !!! C'était le début de la décennie la plus prolixe et inventive, musicalement parlant, et quelles soirées, à refaire le monde en écoutant Sergent Pepper et le "Third" de Soft Machine........! Nos groupes cultes de l'époque, c'était le Dead, Jefferson Airplane, Janis Joplin and the holding company....... Mon premier 33 T du Floyd a été Ummagumma, mais auparavant, était sorti "More" de Barbet Schroeder (je l'ai en DVD, mais je ne l'ai pas re-regardé, et je n'ai pas osé le faire voir à mes gamins......) ce film, pour certains, dont je faisais partie, a été un révélateur, par les images, et par la musique........Nous ne pensions pas pouvoir voir et écouter une histoire qui nous semblait si proche de nous, dans toute son ambigüité.....La musique du Floyd de cette époque, comme celle de King Crimson, de Gong, d'Hawkwind, de Quintessence, d'It's a Beautiful Day, n'appartenait qu'à nous, elle passait peu à la radio, peu à la télé ( nous n'avions pas la télé à cette époque, eh oui, c'est vrai, c'était pas dans tous les foyers), et nous avions le sentiment qu'elle ne s'adressait qu'à nous........impossible de faire ressentir à nos vieux croulants de parents toute l'émotion que cette musique nous procurait, et me procure encore d'ailleurs. Cette musique nous semblait faite pour habiller nos rêves, et quand nous écoutions nos vinyls dans nos "carrés", on se disait que si la musique avait pu être composée, le monde dont nous rêvions pourrait voir le jour........!!!
"Meddle" était également de cette veine, l'imagination et la démesure !
A la sortie de OTDSOTM, j'ai décroché, trop commercial, nous nous sommes rabattu sur Yes et les anglais de Caravan, Van der Graaf Generator....
The Wall qui a suivi a frappé par sa puissance et a révélé l'égo surdimensionné de Waters, mais ce n'était que le reflet de notre propre schizophrénie, entre là où nous aurions voulu aller et là où la vie nous entrainait....... PF est vraiment de notre génération !
J'ai ensuite acheter Wish you were here, mais je ne suivais plus...., de ce point de vue, le Floyd était bien plus lucide que certains de leurs auditeurs.
Je suis revenu vers PF il y a quelques années, quand j'ai acheté Pulse, et là, alors là, j'ai découvert la suite.....je suis fou de Animals, et The Division Bell m'a scotché et maintenant ça tourne assez souvent, j'ai tout en CD, y compris un bootleg appelé "Phénoména".
Voilà ce que je peux vous dire de ce que j'ai vécu avec PF dans les années 70, et ma foi, vous m'avez fait remonter quelques sacrés souvenirs!
Merci à vous
François 

strum

Quelle classe, François, on s'y croirait!

Et, franchement, des fois j'ai un peu l'impression que j'y suis...

Les groupes que j'écoute sont les mêmes que ceux que tu as cités, la plupart de mes connaissances nous prennent pour des fous quand on écoute Interstellar Overdrive, ça passe pas à la télé (bien que je l'aie, mais ne la regarde que très peu...), ni à la radio, et quand on écoute ça, on se dit que le monde dont on rêve peux, va voir le jour...

Et quand on se retrouve à quelques potes pour écouter les vinyles qu'on aime... 'fin bon, y a pas de mots, vous voyez sans doute où je veux en venir! Et quand l'un de nous ramène un nouveau disque du Dead ou de l'Airplane, un boot du Floyd ou un live de Zappa, si j'oublie le monde autours, cette foutute société qui va jamais dans le sens qu'on voudrait, ben j'ai ben l'impression d'être 40 ans plus tôt...

Aahh, l'intemporalité de la musique... L'environnement n'est évidemment pas le même, mais les émotions, les rêves, les images que tous ces sons font déferler en moi sont - j'imagine - les mêmes que les vôtres il y a quelques années...

En tous cas, je me plait à le croire! Et à y croire!

Music is the best, disait l'autre...

"Without deviation from the norm, progress is not possible." Frank Zappa

Blue-Berry

Merci François pour ton témoignage très émouvant. Je revois mon enfance...
Je postais tout à l'heure une réponse sur le forum de Léonard Cohen, et j'y ai abordé l'esprit assez manichéen qui régnait à l'époque concernant la "bonne musique" d'un côté (c'est à dire bien sûr la notre XD) et la variétoche pourrie de l'autre.

Je plussoie aussi à ce que tu dis quand tu écris "trop commercial" à propos de DSOTM. Nous avons eu ce petit rejet un peu snobinard faut bien se l'avouer. Je me suis tourné pas mal vers Hawkwind à l'époque, mais sans divorcer de PF quand même !
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Kermit

Citation de: Blue-Berry le 10 Février 2010 à 23:59
Je me suis tourné pas mal vers Hawkwind à l'époque, mais sans divorcer de PF quand même !

J'attrape la balle au bond : est-ce que quelqu'un a vu Hawkwind en concert à l'époque ? Personnellement, je n'accroche pas vraiment à ce qu'ils ont fait sur disque (les textes sont très SF, plus que ceux de PF, mais la musique se rapproche elle plus de Deep Purple, c'est du hard space rock) mais sur scène, du peu que j'ai vu (sur Internet), ça avait l'air de donner. Notamment avec l'ajout de cette grande danseuse allemande nue qui... :sifflote:

Sinon, je fais faire volontairement un peu de HS, pour montrer le contraste avec l'époque que moi j'ai vécu. Mon adolescence - l'époque de la vie où la musique joue donc normalement le plus grand rôle - s'est déroulée en gros entre... The Final Cut et A Momentary Lapse of Reason. Le pied intégral... :euh: Au-delà du cas Pink Floyd, certainement la pire période de toute l'histoire de la pop music. :/ Non seulement les disques qui sortaient me paraissaient tous plus infâmes les uns que les autres mais, contrairement à aujourd'hui, les bonnes choses de la fin des sixties et du début des seventies n'étaient souvent plus disponibles. Si l'on rajoute que, contrairement semble-t-il aux intervenants précédents, je suis issu d'une famille modeste et habitant dans un village rural, il ne me restait que les yeux pour :pleure: penserez-vous. Eh bien pas tout à fait, car on trouvait en revanche toujours facilement les premiers albums de PF. Et c'est ainsi que j'ai été sauvé du cauchemar culturel des années 80 par The Piper..., A Saucerful of Secrets, Ummagumma, More, AHM et Meddle que j'ai découvert sur disque noir ;)

roger keith

Citation de: strum le 10 Février 2010 à 23:24j'ai ben l'impression d'être 40 ans plus tôt...

Je me suis pris une trentaine d'années dans le pif en citant Grateful Dead aujourd'hui XD.

La musique traverse les âges et il y aura toujours des gens qui s'initieront à ces incroyables vieilleries (oui j'arrive encore à trouver des jeunes d'à peu près mon âge qui en écoutent).

floydsmoke

Citation de: -François- le 10 Février 2010 à 23:01
Je suis revenu vers PF il y a quelques années, quand j'ai acheté Pulse, et là, alors là, j'ai découvert la suite.....je suis fou de Animals, et The Division Bell m'a scotché et maintenant ça tourne assez souvent, j'ai tout en CD, y compris un bootleg appelé "Phénoména".
Voilà ce que je peux vous dire de ce que j'ai vécu avec PF dans les années 70, et ma foi, vous m'avez fait remonter quelques sacrés souvenirs!
Merci à vous
François 


Et bien moi je te remercie pour ça. Il faut oser sur ce forum dire qu'on adore Astronomy Domine et Interstellar Overdrive, avoir vécu une jeunesse proche de More et dire aimer Pulse et Division Bell !!
Merci merci, je me sens moins seul. Du coup j'ai l'impression d'avoir dit moins d'obscénités dans le passé. Parce que moi aussi j'écoute avec grand plaisir Piper, More, Meddle, Animals ET Division Bell. J'aime varier les plaisirs, et avec le Floyd c'est possible en variant les albums.

roger keith

#12
Citation de: floydsmoke le 18 Février 2010 à 11:55
Il faut oser sur ce forum dire qu'on adore Astronomy Domine et Interstellar Overdrive

J'aime bien Terminal Frost (ben ouais!) et You're Possible Pasts ._.

Blue-Berry

Astronomy Dominé et Interstellar Overdrive sont quand même de grands morceaux fondateurs de PF !! Ce sont des incontournables.
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ProgFusion

#14
Concernant cette époque je n'écoutais que de la variété qui passait à la radio et des cassettes que l'on se copiait sur des magnétos qui feraient bien rigoler maintenant...
Je m'était fabriqué un adaptateur de tension pour pouvoir écouter les cassettes avec un poste bricolé sur le tableau de bord de ma 4l...
Il a fallu que j'attende que mon frère revienne d'Angleterre pour avoir les premiers vinyles en 33 tours à la maison... (Lus sur platine de merde avec une tête saphir !).
Donc premier disque Meddle, Masters of Rock et Wish You Were Here... Les suivants ont été Ummagumma, A saucerful of secrets. Dans les disques anglais il y avait surtout Yessong, Relayer, Tales From Topographic Océan et Rock Bottom, que des chef-d'oeuvres.

Les discussions de l'époque à l'école ou en colo c'était celui qui préférait Genesis ou Yes, les clans ce formaient, mais Pink Floyd faisait l'unanimité !
Et cette musique ne m'a plus jamais quitté...

Enfin quand j'ai découvert Dark Side Of The Moon j'ai été un peu déçu, je l'ai trouvé trop commercial (je préférais des musiques comme Harmonium en tournée et Stormbringer de Deep Purple...)

Voili voalou

Blue-Berry

Ah, moi aussi j'ai fait des bricolages dans ma 4L... comme ajouter une batterie de moto de 6 V piquée à l'armée (y'a prescription) pour compléter celle de ma 4L (6 V aussi) pour pouvoir brancher l'auto-radio-K7 acheté en Allemagne à la même époque. Ca n'a servi à rien, ça ne marchait pas plus je crois. Quoique... je ne me souviens pas bien... D't'façons j'ai rapidement transféré mon autoradio dans mon Ford Transit aménagé en camping-car, et là, c'était du 12 V...
Et puis j'ai cassé mon Transit... Mais c'est une autre histoire...
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ProgFusion

Un poste autoradio connecté avec un autotranfo abaisseur de tension tenue par le passager qui du coup ne pouvait plus voir la route mais écoutait du Neil Young et autres à fond la gamelle sur les pistes du Lot (j'avais rehaussé et compensé les amortisseurs arrières pour pouvoir faire du 4x4 avec et un spéléologue debout sur les tampons en caoutchouc du pare-choc pour voir au loin...) J'avoue complètement taré.

Pour finir la soirée après une grosse journée de spel au resto d'une amie et pour redescendre sous terre avec le fameux poste dans le kit et écouter la musique à fond sous terre... La résonance est vraiment extraordinaire! enfin pas dans tous les gouffres bien sur...Mais quel pied! :cigarette:

Du Gandalf l'album "magic théâtre" ça vos sont pesant de cacahouètes.


Désolé pour le HS (enfin j'écris pas souvent alors...Prout) XD

strum

MODE HS/ON

Put***, mon royaume pour écouter Ummagumma sous terre...

Quel trip ça doit être, mazette!! Surtout en sortant du resto, après une bonne bouffe et une (ou quatre) bouteilles de rouge...

Pour le rouge, ça ne tient qu'à moi, évidemment... XD

MODE HS/OFF
"Without deviation from the norm, progress is not possible." Frank Zappa

ProgFusion

Pour le rouge dans le resto. en question ils le servaient dans d'énorme carafes en verre, et du Cahors qui tache bien (mais de l'authentique...)
Entre 1979 et environ 1985, tu pouvais rentrer en sous combine spéléo et en botte (il fallait chasser les poule de sur les tables pour pouvoir manger...).
Le père Bienvenue (c'est le prénom du patron ) attaquait la garbure à 8 heures le matin dans un énorme chaudron dans une grande cheminé, et elle poupoutait jusqu'au soir (et avec le fameux Panis pour finir le repas...).

Enfin pour en revenir à cette époque, les personnes qui écoutaient ce stile de musique restaient très marginale (ce que je suis sans aucun doute ).

Pour les Bordelais il ont bien du connaitre le magasin Bulle et le club hifi, dont les passionner m'ont fait écouter toute les musique de l'époque sur des enceintes à membranes (planar) et une platine vinyle Jean François le Tallec (avec les bras interchangeable) allongé par terre à ce laisser partir avec le son.

Il m'ont même fait entendre des bruits en dehors du studio d'enregistrement (du délire avec un son pareil...).

A cette époque il n'y avait pas beaucoup d'album qui sortaient et pour moi il me fallait plusieurs écoutes pour m'imprégner et vraiment rentrer dans la musique...Mais alors! boudu quel pied!!!

Blue-Berry

Et t'est-il arrivé de jouer du banjo en conduisant ta 4L ?
Moi si.
Les mécaniques sortaient par la vitre coulissante... Si j'étais gaucher, c'est le passager de droite qui se les serait mangées...
On était 4 dans la bagnole bourrée à bloc avec les tentes et les bagages... Les deux derrière pouvaient à peine bouger, et on allait de Paris en Touraine ou en Forez comme ça, par les départementales, bien sûr. Pas question de prendre l'autoroute.
Une autre époque... C'était vers 1979 aussi.
Gichcard tampoddait les cabions de lait en pleide duit en jouant au diabantaire avec Bokacha. T !
L'Iran entrait dans l'ère glorieuse de la République Islamiste et découvrait les joies de l'intégrisme religieux.
Les 4 Dalton de Cambridge enregistraient un album double aux briques blanches.
Et avec un de mes potes, on allait voir Michel Corringe à Saint-Etienne, toujours avec la 4L, en chantant les chansons du Muppet Show...
Et on fumait même pas !
I would have liked to be this
jewish
canadian
poet
who sings Love and its meanders so well.
But by this time I would be dead,
And I would never have
met,
known,
and, above all, loved
You.
So too bad if I'm not this
jewish,
canadian,
poet
It's all right.

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