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The Division Bell

Pochette de The Division Bell

Nous sommes en 1987, Pink Floyd réalise certainement l’album le plus mauvais de son existence, n’échappant pas aux critiques de la presse et bien sur de Roger Waters. A Momentary Lapse of Reason, album au son lourd, aux compositions fades, correspond bien, finalement, au climat qui entourait cette période du Floyd : batailles juridiques, ambiance tendue, phrases mesquines lâchées ici et là.

7 ans plus tard, Pink Floyd veut retrouver une part de son identité perdue. Les sessions qui donneront naissance à The Division Bell, se passent dans une ambiance chaleureuse, sans pression, cela se ressentira énormément dans l’album. Pink Floyd, lassé d’être maltraité et torturé, prend avec cet opus le chemin de l’apaisement pour retrouver l’alchimie et la cohérence musicale qui faisait sa force.

Le retour au premier plan de Rick Wright, en est une des raisons principales. Jamais, depuis Wish You Were Here, le clavériste n’avait été autant impliqué dans un album de Pink Floyd. Sur l’album The Wall, le jeu de Rick est soumis à l’humeur et aux envies de Roger Waters. Sur The Final Cut, il n’est pas présent. Et sur A momentary Lapse of Resaon, Gilmour avoue avoir composé les parties claviers (Mojo 1994. David Gilmour à propos de cet album : « Pour la plupart c’est moi qui ai fais les claviers et j’ai prétendu que c’était lui »). Cette implication de Rick Wright se manifeste par la présence d’une de ses compositions, Wearing Inside Out. 25 après sa dernière composition pour Pink floyd, The Great Gig in the Sky issue de l’album The Dark Side of the Moon, il nous offre un excellent morceau. Sa voix est touchante, profonde, et trouve son écho dans les chœurs, créant une atmosphère légère et nostalgique. Ce morceau est également marqué par le retour de Dick Parry (présent sur les plus célèbres compostions de Pink Floyd, telles que Money ou Shine on You Crazy Diamond), oublié (écarté ?) par le groupe depuis l’album Wish You Were Here. Son introduction, au saxophone, n’est pas sans rappeler sa fabuleuse prestation qu’il signa sur le morceau Us and Them.
L’influence de Rick wright ne se limite pas à cette composition. Son jeu planant et envoutant est présent tout au long de l’album. Le premier titre de l’album, intitulé Cluster One, l’illustre parfaitement. Les notes cristallines du clavier de Rick, se mêlent parfaitement à la guitare épurée de Gilmour, et alors s’instaure une discussion entre les deux instruments, d’une beauté insatiable. On semble retrouver à travers ce morceau l’alchimie, la complicité guitare-claviers, qui était l’une des bases du « son Pink Floyd ». La patte de Rick, posée sur cet opus, s’exprime également dans le morceau Keep Talking, où il exécute un solo inspiré, rappelant quelque peu celui de Welcome to the Machine. Ainsi, le retour en grâce de Rick Wright contribue à diriger Pink Floyd vers le chemin de la renaissance.

L’excellente prestation de Gilmour tout au long de cet album en est l’autre composante. Le leader du groupe laisse derrière lui son jeu torturé et dur de The Wall, son jeu lourd et insipide de A Momentary Lapse of Reason, pour retrouver son jeu planant et spatial, une autre des bases musicales de Pink Floyd, avant The Wall. Marooned, un morceau instrumental, en est surement le plus bel exemple. À travers ce titre, Gilmour réalise un véritable récital où s’exprime la sensibilité et la beauté de son jeu, cette sensibilité qui fait tant défaut aux rugueux albums réalisés après Wish You Were Here. Sur cet album, Gilmour utilise beaucoup la guitare acoustique, à l’inverse de A momentary Lapse of Reason. Ceci est le reflet de son envie de donner au son une teinture moins froide, moins aseptisée, moins lourde. Les sonorités paraissent plus naturelles, plus mélodiques. Le morceau Lost For Words, en est le parfait exemple : à travers ce morceau Gilmour offre une ballade acoustique, mélodieuse et agréable. L’original solo, réalisé à l’aide d’une pédale talk box, sur Keep Talking montre bien l’inspiration dont fait preuve Gimour sur cet album.

La complicité retrouvée entre Gilmour et Wright et le retour à un son plus spatial et doux, semble sonner le retour et la renaissance du Pink Floyd pré-Animals. Cependant, certains titres insipides de cet album montrent que cette résurrection n’est pas totale, loin de là. En effet, certains morceaux de The Division Bell sont de bien mauvaise qualité et manquent cruellement d’inspiration. C’est le cas par exemple de Take It Back, de Coming Back to Life ou encore de What Do You want From Me. Ces titres sont vides, et ne présentent pas de réelles apports à la musique de Pink Floyd.

En réalité le maitre mot de cet album est la nostalgie. Pink Floyd cherche à renaitre, à retrouver son lustre d’antan. Cette nostalgie, le pousse à retrouver ses fondamentaux, à reprendre ce qui faisait son alchimie, sa cohérence et sa force, avant qu’il s’effondre et s’éparpille en une multitude de briques. Il parvient dans cet album à trouver ce qu’il cherchait, mais cette volonté de « faire comme avant » traduit son impuissance à parvenir à repenser ses fondamentaux pour créer quelque chose de nouveau et de qualité. Les titres fades et médiocres, qu’on trouvent sur cet album, reflètent cette idée. Le groupe tente d’innover, de se rénover, mais n’y parvient pas. Finalement, Pink Floyd renait en se pleurant, en se regrettant. Le morceau qui achève l’album, High Hopes, l’illustre parfaitement dans le sens où c’est en reprenant les éléments qui ont fais sa force, que Pink floyd arrive à créer ce titre magnifique. Un introduction au clavier mystique, une ligne de chant sublime, et un solo de guitare incomparable. Ce morceau possède la grandiloquence des plus grandes chansons du groupe.

En conclusion, cet album, teinté de nostalgie, fait naitre l’espoir que Pink Floyd possède l’aptitude à faire revivre son passé. Mais cela relève son impuissance à se rénover. Cet aveu de faiblesse exprime, dans une certaine mesure, la mort de Pink floyd, incapable de proposer quelque chose de nouveau. Cette recherche d’innovation, cette volonté de proposer toujours quelque chose de différent, ne sont pas présentes dans cet album. Malgré tout, The Division Bell reste un album agréable à écouter, en grande partie grâce au retour du socle Gilmour-Wright.



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Auteur de la page : Walmour.

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