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Let There Be More Light

(Auteur : Roger Waters)

Après le départ de Syd Barrett, Pink Floyd publie un second album qui pose les fondations de la nouvelle orientation musicale du groupe: A Saucerful of Secrets. Celui-ci s’ouvre sur une composition qui fera date : Let There Be More Light (« Que la lumière augmente »), où s’expose magistralement le nouveau son floydien.

Une ligne de basse significative

« Significativement, écrit Patrick Humphries dans Pink Floyd, An Illustrated History, le premier son que l’on entend sur le premier album post-Barrett de Pink Floyd, est la basse de Roger Waters, qui joue Let There Be More Light, une chanson écrite par Roger Waters ». Bref, Roger Waters a pris les commandes du groupe, commandes laissées vacantes par le départ (éviction ?) de Syd, et dont aucun des autres membres ne voulait assumer la responsabilité. Le gimmick de basse de l’intro restera dans bon nombre de mémoires. Rick Wright s’appuie dessus pour faire vagabonder ses claviers.

Pré-New-Age

L’on passe assez brutalement de l’intro au texte, clairement connoté de science-fiction : il y est question d’un « vaisseau majestueux » qui « descend dans un embrasement » et « prend contact avec le genre humain ». C’est un peu Rencontre du troisième type avec 10 ans d’avance, et avançant les thèses, déjà assez répandues à l’époque, de contacts extraterrestres pacifiques devant amener l’espèce humaine à un état de conscience métaphysique totale. Ces thèses annoncent plus ou moins le mouvement New Age des années 1990. Pour parvenir à cet état de conscience, l’usage de certaines substances plus ou moins hallucinogènes n’était d’ailleurs pas déconseillé… En plus de cette philosophie qui pourrait, plus de trente ans plus tard, prêter à sourire, l’on trouvera un clin d’œil aux Beatles et à leur céleste Lucy aux diamants.

Une assise musicale emblématique

De la même façon que le morceau est bien structuré, la mélodie est très bien construite, et préfigure certaines constructions que l’on trouvera dans The Dark Side of the Moon comme par exemple Us And Them, avec une alternance de moderatos et de fortissimos, les premiers étant chantés par Waters, et les seconds par Gilmour. Elle est à la fois suffisamment simple pour entrer facilement dans les oreilles et les mémoires, et suffisamment élaborée pour ne pas être ennuyeuse, malgré son coté incantatoire.

Comme l’intro faisait la part belle à la basse, le final laissera s’exprimer librement le nouveau venu dans le groupe, le guitariste David Gilmour qui n’est encore à cette époque qu’un grand dadais pas trop à l’aise, appliqué à trouver ses marques et à chercher son style, mais dont la créativité ne tardera guère à s’affirmer. Entre la basse à un bout du morceau et la guitare à l’autre bout, Wright travaille ses claviers comme un liant coloré, soutenu bien sûr par la rythmique sans faille de Nick Mason. En somme, Let There Be More Light synthétise et illustre très bien l’alchimie floydienne, telle qu’elle va désormais se présenter après le départ de Syd Barrett.

Les paroles et leur traduction sont .

Sur scène

Let There Be More Light sera intégrée au répertoire scénique du groupe tout au long de l’année 1968, et jusqu’en février 1969. Les interprétations en seront souvent différentes d’une fois à l’autre, avec des durées variant du simple au double, jusqu’à atteindre plus de huit minutes. La structure que présente la pièce dans sa version officielle n’est pas toujours celle présentée sur scène. De même les paroles connaissent-elles aussi quelques variantes. Cette composition, comme toutes celles de cette époque, apparaît comme une sorte de laboratoire où s’élabore le futur son floydien. On pourra même en retrouver de vagues réminiscences, dans la structure comme dans la présentation des instruments, dans One of These Days, trois ans plus tard, quand Pink Floyd est en pleine maturité.

Let There Be More Records

Let There Be More Light ne figure officiellement que sur l’album A Saucerful Of Secrets (1968).


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Auteur de la page : Blue Berry.

from-dawn-to-the-moon/let-there-be-more-light.txt · Dernière modification: 27/06/2011 à 13:36 (modification externe)