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Wearing the Inside Out

Wearing The Inside Out est une chanson de Pink Floyd sortie en 1994 sur l’album The Division Bell. Ce titre est le premier écrit et composé par Rick Wright seul (avec l’aide d’Anthony Moore pour les paroles) depuis The Great Gig In The Sky de l’album The Dark Side Of The Moon sorti en 1973. Il fut très souvent interprété lors de la tournée On an Island de David Gilmour, en 2006. Ce morceau marque également le retour dans Pink Floyd du saxophoniste Dick Parry, qui avait déjà apporté sa contribution au groupe sur Wish You Were Here et The Dark Side Of The Moon.

Toutes les versions officielles

Wearing the Inside Out sur The Division Bell

Pochette de The Division Bell

  • Durée : 6 min 48 s
  • Musiciens :
    • David Gilmour : guitare électrique, lap steel
    • Rick Wright : chant, piano, synthétiseurs, orgue Hammond
    • Nick Mason : batterie acoustique, batterie samplée
    • Dick Parry : saxophone
    • Guy Pratt : basse
    • Bob Ezrin : claviers, percussions
    • Sam Brown, Durga McBroom , Carol Kenyon, Jackie Sheridan, Rebecca Leigh-White : chœurs
  • Navigation :

Paroles et traduction

Wearing The Inside Out

From morning to night I stayed out of sight
Didn’t recognise I’d become
No more than alive I’d barely survive
In a word, overrun

Won’t hear a sound / He’s curled into the corner
From my mouth / But still the screen is flickering
I’ve spent too long / With an endless stream of garbage to
On the inside out / curse the place
My skin is cold / In a sea of random images
To the human touch / The self-destructing animal
This bleeding heart’s / Waiting for the waves to break
Not beating much

I murmured a vow of silence and now
I don’t even hear when I think aloud
Extinguished by light I turn on the night
Wear its darkness with an empty smile

I’m creeping back to life
My nervous system all awry
I’m wearing the inside out

Look at him now
He’s paler somehow
But he’s coming round
He’s starting to choke
It’s been so long since he spoke
Well he can have the words right from my mouth

And with these words I can see
Clear through the clouds that covered me
Just give it time then speak my name
Now we can hear ourselves again

I’m holding out / He’s standing on the threshold
For the day / Caught in fiery anger
When all the clouds / And hurled into the furnace he’ll
Have blown away / curse the place
I’m with you now / He’s torn in all directions
Can speak your name / And still the screen is flickering
Now we can hear / Waiting for the flames to break

Ourselves again

S'ouvrir aux autres

Du matin au soir je restais hors d’atteinte
Je ne me reconnaissais plus
À peine vivant, je peinais à survivre
En un mot, j’étais complètement dépassé

Plus un son ne sortait / Il est acculé au mur
De ma bouche / Mais l’écran est toujours brouillé
J’ai passé trop de temps / Avec un éternel flot d’ordures
À ouvrir mon cœur / pour maudire ce monde
Ma peau est froide / Dans une mer d’images aléatoires
Au toucher / L’animal auto-destructeur
Ce cœur saignant / Attendant que les vagues se calment
Ne bat guère plus

Je murmurai un vœu de silence et maintenant
Je n’entends même plus quand je pense tout haut
Anéanti par la lumière, j’allume la nuit
D’un sourire vide je porte sa noirceur

Je rampe jusqu’à la vie
Mon système nerveux tout détraqué
Je m’ouvre aux autres

Regarde-le maintenant
D’une certaine façon il est plus blême
Mais il se rétablit
Il commence à craquer
Il n’avait pas parlé depuis si longtemps
Et maintenant il peut lire les mots sur mes lèvres

Et grâce à ces mots je peux voir
Clairement au travers des nuages qui me couvraient
Attends un peu et appelle-moi
Maintenant nous nous entendons de nouveau

Je tiens le coup / Il est au pas de la porte
Pour aujourd’hui / Pris dans une colère ardente
Quand tous les nuages / Et lancé dans la fournaise il va
Ont été chassés / maudire ce monde
Je suis avec toi maintenant / Il est déchiré tous azimuts
Je peux prononcer ton nom / Et l’écran est encore brouillé
Maintenant nous nous entendons / Attendant que les flammes le brisent

De nouveau

Traduction de « To turn on the night »

« To turn on the light » est une expression anglaise courante signifiant « allumer la lumière ». Gilmour change une seule lettre et détourne l’expression en « To turn on the night » qui prend alors un tout autre sens. Ce jeu de mot est impossible à retranscrire en français, il faut impérativement changer tout le dernier mot.

Interprétation

Cette chanson raconte l’histoire de quelqu’un qui s’est laissé dépasser par une sorte de dépression. Il s’est renfermé sur lui même et a rompu tout contacte avec l’extérieur. Il s’en rend compte et parvient finalement à refaire surface.

Analyse par Phegos

Wearing The Inside Out est une chanson décrivant la dépression et la remontée d’une personne lambda. Elle met en scène un ami du protagoniste.

Analyse du texte ligne par ligne

« From morning to night I stayed out of sight » : le narrateur décrit sa situation, il se cache.

« Didn’t recognise I’d become » : Mais il a du mal à se faire à cette situation, il subit une sorte de malaise.

« No more than alive I’d barely survive » : le narrateur se laisse vivre dans la solitude, il ne fait rien et voit qu’il ne peut tenir ce rythme.

« In a word, overrun » : le narrateur résume ce qu’il vient de dire en signifiant qu’il se sent vieux et ne peut plus avoir un rythme de vie normal.

« Won’t hear a sound / He’s curled into the corner » : le narrateur ne fait plus de bruits, il n’existe plus à ses yeux. Il se voit déjà mort. L’écho explique de manière imagée à quel point le narrateur vit dans un coin du monde, de la société sans aucun lien avec elle.

« From my mouth / But still the screen is flickering » : le narrateur ne parle plus du tout. L’écho met l’accent sur la perte de repères du narrateur. Petite note de Wulfnoth : un homme enfermé dans un recoin regardant un écran brouillé est une image très watersienne déjà utilisée dans The Wall (Pink passe des heures devant une télévision qu’il ne cesse de zapper, le brouillage ne fait que marquer un peu plus le manque de stabilité).

« I’ve spent too long / With an endless stream of garbage to » : il y a eu un excès de la part du narrateur, il s’est passé quelque chose qui a duré. L’écho appuie l’idée sur le fait que le narrateur a subit continuellement de mauvaises choses (pas forcément de la douleur mais par exemple des calomnies ou de cet acabit).

« On the inside out / curse the place » : l’excès est apparemment la trop grande ouverture des sentiments du narrateur, on peut en déduire que le narrateur a été trahi (plusieurs fois sans doute) dans son rapport avec les autres. L’écho exprime à ce moment le dégoût envers le monde dans lequel il vit.

« My skin is cold / In a sea of random images » : le narrateur est devenu froid dans son rapport avec les autres. Ce qui est normal puisque, à force d’être trahi, il ne peut plus faire confiance aux autres et son (ses) expérience(s) l’ont conduit à penser que l’être humain est par nature un animal social qui ne vit que pour trahir ses congénères. L’écho insiste sur le manque d’attention du narrateur sur son environnement, les images ne sont plus nettes et sont nombreuses. D’ailleurs, le « sea » suggère la noyade (imagée) qu’est en train de subir le protagoniste.

« To the human touch / The self-destructing animal » cf. au-dessus. L’écho montre l’agonie lente du narrateur à rejeter son monde et à s’enfermer.

« This bleeding heart’s / Waiting for the waves to break » : accentuation de l’idée d’agonie avec le cœur saignant. L’écho décrit l’état d’esprit du narrateur, il veut être au calme (honnêtement qui ne se sent pas au calme quand il (/elle) regarde les vagues de la mer se briser sur la plage ?). Note narquoise de BlueBerry : rappelons au passage que le groupe accompagnant Waters s’est appelé un temps “the Bleeding Hearts Band”…

« Not beating much » : L’agonie tend vers sa fin. On peut noter aussi le rapprochement entre les vagues et les battements du cœur qui forment un rythme (celui de la vie ?) qui ne cesse, chez le narrateur, de ralentir.

« I murmured a vow of silence and now » : référence aux vœux de silence prononcés par certaines communautés de nones qui s’obligent à ne plus pratiquer la parole.

« I don’t even hear when I think aloud » : le narrateur est dans son monde, il ne peut plus recevoir les signaux envoyés par ce qui l’entoure.

« Extinguished by light I turn on the night » : jeu sur l’inversion entre la nuit et la lumière : normalement la nuit est source de « dépression » ou du moins l’image du malheur. Mais ici le narrateur se cache de la lumière du monde.

« Wear its darkness with an empty smile » : le narrateur est vidé de son énergie, les ténèbres l’entourent. Le « sourire vide » n’est qu’une façade pour le monde entourant le narrateur pour qu’il le laisse tranquille.

(Instrumental)

« I’m creeping back to life » : Le narrateur tente de refaire surface avec ce qui lui reste de ses forces.

« My nervous system all awry » : le narrateur est traumatisé par son expérience, il lui reste de lourdes séquelles.

« I’m wearing the inside out » : Le narrateur tente de reprendre contact avec la réalité et le monde qui l’entoure.

(Instrumental)

« Look at him now » : une tierce personne reprend la parole en désignant le narrateur.

« He’s paler somehow » : Le protagoniste a été affaibli durant son isolation et il en garde toujours des traces.

« But he’s coming round » : Mais dans l’ensemble le protagoniste se remet petit à petit.

« He’s starting to choke » : Le protagoniste est tellement faible qu’il n’arrive même plus à parler, il ne fait que tousser.

« It’s been so long since he spoke » : L’ami explique que le protagoniste est depuis bien longtemps dans cet état (à noter l’allitération en « s »).

« Well he can have the words right from my mouth » : Cette isolation semble avoir « assoiffé » le narrateur de communication, à tel point qu’il peut comprendre un message par tous les moyens (y compris celui de lire sur les lèvres). (Je renvoie au passage du Joueur d’échecs de Stefan Zweig où le protagoniste, après avoir subi une isolation forcée, et qui a eu soif de lecture le jour où il a pu lire la date sur un calendrier).

« And with these words I can see » : Le narrateur reprend la parole. Ici on a un jeu sur les sens (les sons des mots permettent au narrateur de voir). Ce jeu peut apparaître comme des restes de la perte de repères qu’a subis le narrateur (il en est à confondre les sens du corps humain).

« Clear through the clouds that covered me » : Le narrateur, grâce à la communication, peut se sortir de sa dépression, de son isolement, des ténèbres qui l’entouraient (décrits un peu plus haut).

« Just give it time then speak my name » : Le narrateur demande encore un peu de temps pour reprendre des forces, puis il veut qu’on parle avec lui.

« Now we can hear ourselves again » :Le narrateur est maintenant ouvert au monde et cesse de sombrer.

« I’m holding out / He’s standing on the threshold » : Malgré ses progrès le narrateur est toujours en proie de sa dépression, mais il n’y cède pas. Cette fois-ci l’écho le place devant une porte : le narrateur a le choix de l’ouvrir (et donc s’ouvrir au monde) ou de rester enfermé.

« For the day / Caught in fiery anger » : Insistance sur l’instabilité du narrateur. L’écho lui prête un esprit de revanche envers le monde qui l’a si souvent trahi.

« When all the clouds / And hurled into the furnace he’ll » : Le narrateur désigne ses ténèbres, sa pathologie. L’écho indique qu’il a choisi d’ouvrir la porte et d’affronter la réalité (qui apparaît ici à l’image d’un enfer).

« Have blown away / curse the place » : Le narrateur est donc capable de supporter une journée de plus lorsqu’il a réussi à chasser ses ténèbres. L’écho (qui se réfère au deuxième couplet) indique l’état d’esprit du narrateur mais cette fois-ci celui-ci n’est pas dégouté mais veut affronter ce monde qui a tenté de le détruire.

« I’m with you now / He’s torn in all directions » : le narrateur affirme être dans le monde réel avec son ami, il y croit et veut que ce soit la réalité. L’écho appuie l’existence des séquelles résiduelles dues à l’isolation qu’a subi le narrateur. Remarque : Gilmour insiste plus sur ces paroles.

« Can speak your name / And still the screen is flickering » : Le narrateur continue de progresser dans son retour à une vie normale, mais l’écho insiste sur le traumatisme subit par le narrateur.

« Now we can hear / Waiting for the flames to break » (cf. ci-dessous)

« Ourselves again » : Le narrateur est maintenant capable de faire face au monde jusqu’à ce que (dixit l’écho) la mort le retire de ce monde.

Analyse musicale

Le morceau commence sur un air de blues qui va marquer les deux premiers couplets et le premier refrain. Vient ensuite en fondu une variation du thème de blues qui va suggérer le « combat » que mène le protagoniste pour se sortir de sa situation lors du deuxième couplet. On enchaîne avec une partie instrumentale qui permet de faire apparaître une ellipse temporelle et de changer le point de vue adopté en se mettant à la place de l’ami du protagoniste.

Conclusion

Nous avons ici l’histoire d’une dépression allant de son commencement (quelque peu entamée) jusqu’à sa fin (le protagoniste arrive à se sortir de sa dépression). Cette dépression semble venir de multiples trahisons qu’a subies le protagoniste de la part de son entourage. Celle-ci entraîne un repli sur soi du protagoniste qui ne cesse de s’enfoncer dans sa pathologie. Mais (on ne sait pas vraiment pourquoi) il décide de sortir de cette dépression et grâce à l’intervention d’un ami, il arrive à s’en sortir (au moins partiellement). Remarque de BlueBerry : la dépression est le thème qui soutendra tout l’album futur de Rick Wright qui sortira deux ans plus tard, en 1996, Broken China. On sait que Rick lui-même a connu la dépression à la fin des années 1970 et début de la décennie suivante.



Auteurs de la page : manu (paroles, traduction, infos, mise en page), Stéphanie (traduction), Marion (traduction), Nicole (traduction), Phegos (analyse) Walmour (infos, mise en page), Meneldur (orthographe).

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