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If

(Auteur : Roger Waters)

La face B d’Atom Heart Mother, sorti en 1970, est partagée entre trois compositions personnelles de Waters, Wright et Gilmour, et une quatrième collective. Avec If, qui ouvre cette face, Waters, propose sa première pièce véritablement introspective, annonçant ce qui constituera son inspiration principale par la suite.

Une pièce austère entre dandysme et vrai désespoir

If, qui a peu de choses en commun avec le célèbre poème homonyme de Rudyard Kipling, sonne comme une ballade folk, où domine une guitare acoustique discrètement soutenue par le piano et la guitare électrique, et encore plus discrètement par la batterie. La mélodie est simple, mélancolique, et pourtant basée sur une grille d’accords en majeur. On ne trouve guère d’antériorité à un tel morceau dans le répertoire passé de Pink Floyd, excepté dans quelques courts passages de More et dans le Grantchester Meadows du même Waters dans Ummagumma un an auparavant.

Mais, à l’inverse de ce dernier qui respirait une certaine sérénité dans une méditation contemplative de la nature, les paroles de If se situent dans un registre beaucoup plus torturé, où l’on dénote une certaine auto-culpabilité névrotique : « Si j’étais bon, je te parlerais plus souvent, je comprendrais les espaces vides entre les amis » … Sa crainte de la folie, qui trouve certainement ses racines dans l’enfance de Waters, ainsi que dans sa relation avec Syd Barrett, est exposée sans détour : « Si je deviens fou, par pitié ne me plantez pas vos électrodes dans le cerveau, et me laisseras-tu participer au jeu ? ». L’ambiance est lourde : « Si j’étais seul, je pleurerais ; si j’étais avec toi, je serais à la maison, et ennuyeux… ». Avec un dandysme typically british, Waters cultive un désespoir profond que tempère tout juste une pointe d’humour lorsqu’il reprend le premier couplet en final en y ajoutant un mot, un seul : « Si j’étais un train, je serais en retard… à nouveau ! ». If pourrait avoir été écrite et composée par Léonard Cohen.

Les paroles et leur traduction sont .

Des thèmes futurs

Par les thèmes qu’elle aborde, et la façon dont elle le fait, If est annonciatrice de nombreuses composition futures, que ce soit Brain Damage dans The Dark Side of the Moon, Wish You Were Here dans l’album éponyme, Pigs on The Wing dans Animals ou encore Comfortably Numb dans The Wall. Les thèmes de l’aliénation mentale, de la dégradation des relations humaines, de la solitude, de la culpabilité vont désormais devenir récurrents dans les textes de Waters.

Trente ans après

If sera très peu jouée sur scène à l’époque de sa création. Il faut reconnaitre que sa sobriété quasiment cistercienne ne se prête guère aux improvisations flamboyantes qu’affectionne alors Pink Floyd. Mais, trente ans plus tard, Waters la ressortira lors de ses tournées de la fin du XXe siècle, et l’incorporera dans le disque en public qui en sera tiré. Cette nouvelle version, qui fait appel à des choristes noires qui lui donnent une coloration gospell, gagne en chaleur par rapport à l’originale.

Dans la discographie

If figure sur Atom Heart Mother en 1970, dont il ouvre la face B, ainsi que sur le double en public In The Flesh de Roger Waters en 2000.


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Auteur de la page : Blue Berry.

from-dawn-to-the-moon/if.txt · Dernière modification: 27/06/2011 à 13:36 (modification externe)