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Fat Old Sun

(Auteur : David Gilmour)

Un an après The Narrow Way dans Ummagumma, David Gilmour propose, pour le nouvel album Atom Heart Mother, une composition originale, Fat Old Sun. Dans un registre tout différent, et peut-être plus accessible, cette pièce modeste n’en connaitra pas moins une carrière scénique intéressante, bien que trop brève.

Sérénité...

Un peu comme dans Ummagumma un an auparavant, les membres du groupe se partagent la face B de l’album pour une composition chacun, à l’exception de Mason qui s’abstient. If de Waters, ouvre la face, suivi du solaire Summer '68 de Wright. La composition de Gilmour, Fat Old Sun, est en troisième position, juste avant Alan's Psychedelic Breakfast, composition collective qui clôt la face.

Une cloche dans le lointain, des guitares aériennes, la voix haut perchée de Gilmour, à la limite de la fragilité, le décor est planté. Fat Old Sun (« Bon vieux soleil ») est une ballade tranquille aux antipodes des ambiances d’outre-espace de A Saucerful of Secrets. Nous sommes à la campagne, au crépuscule, et Gilmour savoure, avec une compagne, cet instant présent, fugace et précieux. Cette courte chanson qui respire la sérénité présente un contrepoint aux paroles tourmentées et chargées d’auto-culpabilisation du If de Waters. La mélodie n’est simple qu’en apparence : si l’inspiration folk est évidente, le guitariste corse un peu cette trompeuse facilité avec de petites acrobaties mélodiques gentiment déroutantes : comme dans The Narrow Way, il sait placer pile-poil la note inattendue… qui passe comme une lettre à la poste. Deux couplets, un refrain, et la guitare électrique prend son envol pour un solo à la fois cool et nerveux dans le style que Gilmour a peaufiné depuis trois ans, et qui est désormais le sien, unique et inimitable.

Les paroles et leur traduction sont .

Le soleil couchant sur scène

Fat Old Sun sera joué sur scène tout au long de l’année 1971. En 1972 cette sympathique chanson fera partie de la charrette des compositions, comme Cymbaline et The Embryo, dont le groupe se débarrasse un peu prématurément pour faire la place à sa nouvelle grande pièce, The Dark Side of the Moon, présentée dès le mois de janvier. Sur scène, Fat Old Sun atteint une dizaine de minutes, connaissant un développement comparable à celui des Cymbaline et The Embryo sus-mentionnés. Le court solo de guitare qui closait la version de l’album est devenu une belle improvisation, un bœuf auquel se joint l’orgue, avant la reprise finale d’un couplet et du refrain. Le « bon vieux soleil » se couche ainsi sur ces mots « Sing to me, sing to me… » (« Chante pour moi »).

Gilmour ressortira la chanson de ses tiroirs lors de ses tournées de 2001, 2002 et 2006, dans un climat intimiste bien loin des shows toujours plus monstrueux, que Pink Floyd s’était mis à présenter après The Dark Side of the Moon en 1973 jusqu’à The Division Bell en 1994-95, dans une escalade à la démesure dont le groupe repoussait toujours les limites. Fat Old Sun version 2002 est redevenu une simple et modeste ballade, presque une démo acoustique, qui n’a rien perdu de son charme, sans prendre une ride en 30 ans.

Fat old sunny discs

Fat Old Sun figure officiellement sur Atom Heart Mother (1970), sur le DVD live de David Gilmour à Londres en 2001 et dans son Live at Gdansk en 2006.


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Auteur de la page : Blue Berry.

from-dawn-to-the-moon/fat-old-sun.txt · Dernière modification: 01/06/2012 à 09:57 par blue-berry