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Point Me at the Sky

(Auteur : Roger Waters)

Moins d’un an après le départ de Syd Barrett, Roger Waters, qui a pris en main les destinées du groupe, cherche ses propres sources d’inspiration. Pas encore dégagé de l’influence du flamboyant poète, il s’achemine vers ce qui va constituer sa propre écriture, de même que le groupe élabore son propre son personnel.

Les futurs thèmes en gestation

Sans chercher à trop détailler cette pièce qui reste mineure dans la production de Pink Floyd, l’on y remarquera toutefois l’émergence de thèmes que Waters développera à loisir dans sa production ultérieure, comme en témoignent déjà des mots-clés comme « cinglés », « finir en larmes » ou « dernier compte-rendu ». Il cultivera même certains de ces thèmes, comme cette paranoïa qui transparaît vers la fin : « Les gens déforment tout ce que je dis en quelque chose que je déteste dire… ».

Le son floydien en chantier

Musique éthérée qui monte en crescendo, passant simultanément d’un rythme ternaire à un tempo binaire, ambiances sonores qui annoncent celles de More, Point Me at the Sky (« Désigne-moi du doigt le ciel »), comme l’ensemble du matériel musical du Pink Floyd des années 1968-69, met en place une pâte sonore renouvelée, rompant progressivement avec celle de l’« époque Barrett », bien qu’en étant encore fortement imprégnée. L’orgue et les différentes machines de Wright dominent. Gilmour, dont on perçoit la guitare en retrait dans la dernière partie, ne s’impose pas encore comme le guitariste au style fluide que nous connaissons. Il œuvre pour l’instant comme chanteur, ne cherchant surtout pas à imiter celui qu’il a remplacé. Lui aussi se cherche.

Quand Henry rencontre Lucy

Enfin, les intonations, la mélodie et la construction musicale de ce Point Me at the Sky rappellent singulièrement une certaine Lucy (avec des diamants), que le nommé Henry MacLean (auquel Gilmour prête sa voix) pourrait avoir rencontrée au cours de sa balade aérienne. Une allusion à la même Lucy figure d’ailleurs sur un autre titre de Roger Waters, écrit à la même époque : Let There Be More Light. N’est-il pas de notoriété publique que Sergent Pepper’s et The Piper at the Gates of Dawn furent enregistrés à la même époque dans deux studios voisins d’Abbey Road, et que les « apprentis » Floyd eurent alors de nombreux contacts avec les « maîtres » Beatles ?

Ce genre de pièces marginales dans la production du groupe et encore plus dans son répertoire scénique, apparaissent comme autant de petits laboratoires expérimentaux où s’élabore cette matière première artistique qui servira de socle aux grandes compositions ambitieuses à venir, dont A Saucerful of Secrets, contemporain de Point Me at the Sky, est une des premières représentantes.

Les paroles et leur traduction sont .

Discographie

Point Me at the Sky figure en face A d’un 45 tours, sorti en décembre 1968, dont la face B était occupée par Careful With That Axe Eugene. Il attendra novembre 1992 pour être édité dans le CD bonus, comprenant les premiers 45 tours du groupe, du coffret Shine On. Il a aussi fait l’objet d’un scopitone, sorte de vidéo-clip de cette époque jurassique, ainsi que d’une interprétation dans l’émission Top Gear de John Peel à la BBC en juin 1968.


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Auteur de la page : Blue Berry.

from-dawn-to-the-moon/point-me-at-the-sky.txt · Dernière modification: 27/06/2011 à 12:36 (modification externe)