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Set the Controls for the Heart of the Sun

(Auteur : Roger Waters)

Tout simplement un des plus beaux morceaux de Pink Floyd…

Une sculpture sonore

Cette très belle composition est tout à fait représentative de la musique de Pink Floyd à cette époque où le groupe est en pleine construction. Elle est très caractéristique de la façon dont ce type de pièce est construit et structuré, tout en gardant de larges possibilités de liberté créatrice. C’est une véritable sculpture sonore, extrêmement riche en reliefs de toutes sortes. De manière évidente, Set the Controls vient rappeler que, pour la plupart, les membres de Pink Floyd se destinaient à la profession d’architecte.

Arabesques et chinoiseries

Set the Controls for the Heart of the Sun (« Dirige les commandes sur le cœur du soleil ») naît sous la plume de Waters pendant la « période Barrett », à l’automne 1967. En fait, côté paroles, Waters, de son propre aveu, n’écrira de ce morceau que le vers-titre, tout le reste étant emprunté à un recueil de poésie chinoise. Est-ce un hasard ? Un de ces vers laisse apparaître un thème qui reviendra 12 ans plus tard d’une façon spectaculaire dans son œuvre : « Witness the man who raves at the wall ? » (« En témoigne-t-il, l’homme qui délire face au mur ? »). Le choix de ces vers chinois, d’une haute valeur symbolique, donne une grande richesse à cette pièce, une des plus belles de tout le répertoire de Floyd, servie de plus par une mélodie d’une grande pureté. Simple sans être simpliste, la mélodie de Set the Controls a des accents moyen-orientaux dont Wright saura très bien développer le climat dans son improvisation, après les deux premiers couplets. L’ensemble de la pièce, malgré les différences d’atmosphères de ses mouvements successifs, possède un grand pouvoir hypnotique apaisant.

Un instrumental riche en couleurs

Lors de sa naissance, Set the Controls se compose de trois parties : l’introduction avec les deux premiers couplets, une improvisation instrumentale à coloration (forcément) spatiale, et le dernier couplet avec la conclusion. C’est ainsi qu’il apparaît dans l’album A Saucerful of Secrets en 1968, dont, c’est d’ailleurs remarquable, il est un des rares morceaux enregistrés à cinq par le groupe que Gilmour vient de rejoindre au cours des sessions de studio.

Avec le temps, au fur et à mesure des interprétations publiques, l’improvisation centrale va rapidement évoluer vers deux parties distinctes. Dans la première partie, l’orgue se trouve d’abord en relief sur les autres instruments, discrets. Wright déroule des arabesques, qui ne sont pas sans rappeler un instrumental dans Mandrake Root (« Racine de mandragore ») de Deep Purple (Album Shades of Deep Purple, sorti en mai 1968). Puis le mouvement enfle progressivement en crescendo, et l’orgue est progressivement recouvert, enseveli sous les glissades de bottleneck de la guitare, les grondements de la basse et les percussions.

Ce crescendo s’arrête, comme suspendu, à son apogée, et seuls en sortent, linéaires, l’orgue et la basse qui le soutient en sourdine avec le thème principal. La deuxième partie de l’improvisation instrumentale est une sorte de voyage sonore dans l’éther, parmi des paysages fantastiques, illustré par des glissades de vibratos et des nappes d’orgue et claviers divers de Wright, sur lesquelles Gilmour développe toute une palette d’effets de bottleneck, de tapotements, de frottements… Waters les rejoint, et Mason lui-même participe parfois à cette séquence hautement spatiale. Puis tous redescendent doucement sur la mélodie de base exposée par la basse, avant le troisième couplet, et d’ultimes glissendis d’orgue en conclusion.

Les paroles et leur traduction sont .

La vie de Set the Controls

Née à l’automne 1967 vers la fin de la « période Barrett », Set the Controls accompagnera la vie du groupe jusqu’à la fin de 1973, où en sont jouées les plus grandioses versions qui dépassent le quart d’heure, juste avant d’être abandonnée. Waters la reprendra dans ses tournées solo dès 1984, dans une version très différente, où l’instrumental central, n’ayant plus rien à voir avec l’interprétation floydienne, est composé de soli de guitare (de Eric Clapton notamment) et saxophone.

Set the records...

Set the Controls figure pour la première fois dans sa version courte sur A Saucerful of Secrets en 1968, puis dans un version publique honorable, sans plus, sur l’album en public Ummagumma en 1969. La version présentée dans la vidéo et DVD Pink Floyd à Pompéi (1971), bien plus belle, est assez proche, quoique très légèrement plus courte, de celles que présentait le groupe sur scène à la même époque. C’est d’ailleurs une des deux vraies réussites de ce film, l’autre étant Echoes. Set The Controls figure encore dans les compilations Works (1983) et Echoes (fin 2001), et enfin sur l’album en public In The Flesh de Roger Waters en 2000, dans sa version post-floydienne, assez courte (environ 8 minutes), avec sax et guitares acoustique et électrique.


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Auteur de la page : Blue Berry.

from-dawn-to-the-moon/set-the-controls-for-the-heart-of-the-sun.txt · Dernière modification: 27/06/2011 à 12:36 (modification externe)