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Summer '68

(Auteur : Richard Wright)

Ce titre est parfois considéré comme « la meilleure contribution » de Richard Wright au répertoire de Pink Floyd. Cela est certes discutable. Néanmoins, cette composition, assez éloignée des envolées cosmiques chères au groupe, est une pièce réussie au dynamisme plutôt réjouissant.

Le talent méconnu de Rick Wright

C’est Patrick Humphries qui, dans son ouvrage Pink Floyd, An Illustrated History , décerne ainsi des lauriers à ce Summer 68 de l’organiste du Floyd. C’est, à notre avis, faire peu de cas de The Great Gig in the Sky. Toutefois, cet éclatant « Été 1968 », qui lorgne autant du côté des Beatles que de celui des big bands de jazz, montre le réel talent de Richard Wright pour la composition, talent malheureusement trop peu exprimé au sein du groupe et exploité par lui. Certes, il ne se sent pas l’âme d’un leader, mais son talent d’arrangeur et de mélodiste ne peut être mis en doute. Sa solide formation classique, ainsi que les heures passées à écouter du jazz en compagnie de Nick Mason, produisent cet heureux mélange des genres, très sympa à écouter.

Les cuivres au royaume de la guitare-reine

De plus, la voix chaude et cuivrée de l’organiste, dont il faut rappeler qu’il est aussi chanteur, est parfaitement en adéquation avec les sonorités des cuivres qu’il affectionne. L’utilisation de ces derniers dans le contexte d’un formation rock ne manque pas d’audace à cette époque où l’instrument-roi est la guitare, et que les trompettes et autres trombones renvoient plus alors à l’image désuète, voire franchement ringarde, de la fanfare de village, ou, dans le meilleur des cas, au jazz-band de Papa. Ce n’est pourtant pas la première, ni la dernière fois que Pink Floyd, prenant encore une fois les modes à rebrousse-poil, ou les devançant, utilise des cuivres : les fanfares de Jugband Blues et d’Atom Heart Mother, le trombone de Biding My Time précèdent les saxophones de Money, Us and Them puis Shine On You Crazy Diamond avant la démesure de The Wall.

Pour un flirt avec toi…

Que raconte Wright ? Un flirt de vacances, une brève rencontre dans l’insouciance de cet été qui baigne dans l’atmosphère du Flower Power. Rien que de très banal en somme, bien loin du Sysyphus aux couleurs de péplum que le même Wright avait apporté comme sa contribution personnelle à Ummagumma, un an auparavant. Mais Wright transcende l’amourette en quasi-épopée par la magie de ses arrangements solaires, éclatants de santé. Les prises de tête, les méditations métaphysiques ne semblent pas être la tasse de thé de Rick Wright qui, apparemment, est un homme heureux et ne connaît pas (pas encore) de gros problèmes.

Ceux-ci arriveront plus tard, aggravés par sa brouille avec Waters. Pour l’heure, cette fin de décennie des sixties, même si elle se teinte d’une gentille nostalgie, se pare des couleurs d’un soleil qui n’en finit pas de se coucher. Sans être torride (Shocking ! Pink Floyd vient de Cambridge, yes Sir, pas de Copa Cabana !), cet été revêt de belles et chaudes couleurs dorées. Celles des cuivres, justement.

Les paroles et leur traduction sont .

Sur scène ?

Est-ce la difficulté présentée à Richard Wright d’avoir à jouer à la fois des cuivres et des claviers ? Le groupe a pourtant résolu plus d’une fois ce genre de difficulté en contournant l’obstacle par l’emploi d’arrangements différents, plus sobres, comme notamment dans Atom Heart Mother. Il reste que Summer 68 semble malheureusement n’avoir jamais été interprété sur scène.

Summer record

Summer 68 ne figure officiellement que sur Atom Heart Mother (1970).


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Auteur de la page : Blue Berry.

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