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The Wall

Ça va faire plus de 30 ans maintenant… Plus de trente ans que Pink Floyd aura sorti son double blanc… Si les avis sont vraiment contrastés sur cet album, personne en peut nier que The Wall a été un album ambitieux, révolutionnaire et le chant du cygne du groupe. En effet, poussé par la mégalomanie croissante de Waters, Richard Wright sera exclu dès le prochain album… Le moyennement réussi The Final Cut.

So Ya...

The Wall (pochette)

Et dès les premières notes de In The Flesh le ton est donné. Ce disque sera un disque rageur, froid, aux limites du hard rock. Un album sans contemplation, sans plages de 23 minutes à la Echoes. In The Flesh? est une véritable explosion musicale, exposant pour la première fois ce riff bien connu des Floydiens, suivi immédiatement par un solo de Gilmour. Le morceau se calme un peu puis waters entonne le chant “So Ya… Might Ya…” La voix de Waters sera prédominante sur l’album comme ses compositions. Une explosion surgit de nos enceintes puis des pleurs de bébé se font entendre… C’est le début de The Thin Ice sans conteste une dès grandes réussites de cet album. La voix de Gilmour se fait apaisante dans ses “Ouuuuh Babe”, puis arrive de nouveau Waters et sa voix cynique. Une fois la fine glace brisée, Gilmour se lance sur un solo très rock puis la guitare se fait de nouveau calme et régulière…

All in All You're Just Another Brick In The Wall

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C’est la début de la pièce maitresse de cet album. Le fil conducteur, la trilogie Another Brick In The Wall. À chaque morceau de cette suite, notre héros s’isolera du monde un peu plus, s’enfonçant dans les ténèbres. Waters chante ici l’absence du père, thème non-inédit car on en retrouve des traces dans Corporal Clegg de A Saucerful Of Secrets.

La guitare se fait lentement recouvrir par un bruit d’hélicoptère en survol, on entend des bruits d’enfants jouant et criant lorsque soudain, une voix surgit du fond de vos enceintes : “You, Yes You…” Une note de basse puis commence The Happiest Days Of Our Lives : prélude au plus grand succès des Floyds, Another Brick In The Wall Pt2. Le choc est bien réel, Pink Floyd n’est plus le même, le groupe planant des années 1970 est devenu un vrai groupe de rock mature, capable d’absorber plusieurs styles (ici le disco). Mais, malgré la renommée de ce morceau, je le considère personnellement comme un morceau absolument dispensable, un des morceaux les moins bons de l’album.

Une sonnerie de téléphone se fait entendre, s’ensuit la voix et la guitare acoustique de Wawa, Mother termine la face A de l’album dans un morceau aux accents country… Malgré un démarrage laborieux, la morceau commence a décoller à partir du refrain, lorsque Gilmour se joint à la danse. Le son s’arrête et je me vois dans l’obligation de me lever et de changer la face du vinyle.

Oh my God !! What a Fabulous Room...

Le silence se rompt et une guitare acoustique se fait entendre, suivie de la voix de Gilmour. Goodbye Blue Sky est sans doute l’un des morceaux les plus anecdotiques de l’album, mais il reste agréable. S’ensuit Empty Spaces qui malgré l’absence de What Shall we Do Now arrive a transporter l’auditeur dans l’angoisse. Il est suivi par le hard-Rock Young Lust et là, on s’approche de la perfection, un morceau puissant, qui dans le genre rivalise avec AC/DC ou d’autres groupes de ce genre. La voix puissante du guitariste n’est pas pour rien, ce morceau sera l’un des plus gâtés lors des lives de 1980 et 81 pour devenir une déflagration de 5 voire 6 minutes, une véritable claque qui malheureusement ne dure pas assez longtemps, une voix de directrice téléphonique se faisant trop vite entendre.

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Une porte claque, puis un dialogue commence… « Oh My God ! What A Fabulous Room !! », une nappe de synthé arrive, puis la voix… « Day After Day, Love Turns Grey… » One of My Turns commence comme un ballade, soudain, en moins d’une seconde, tout bascule : le son se fait plus rageur, Waters se met à hurler, des bruits de verre cassé se font entendre. Le morceau se re-calme et une porte se claque…

Arrive ensuite ce qui est sans doute le plus mauvais morceau de l’album : Don't Leave Me Now, Le morceau commence très mal, dans des basses synthétiques insupportables avant de basculer dans un grand n’importe quoi, et puis c’est long, mais alors long…

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C’est avec grand soulagement que le morceau se termine. Des bruits de casse se font entendre puis démarre la dernière partie de Another Brick in the Wall, la rapide et rageuse partie 3, une chanson qui se trouve être courte, et c’est bien dommage… Le clavier se fait entendre puis waters se met a chanter plaintivement, il dit adieu, « Goodbye » à ce monde cruel. Il va finir son mur et s’isoler du monde, ça y est le premier disque est fini…

Is There Anybody Out There ?

Une guitare folk se fait entendre, puis une basse fretless, on arrive sur Hey You l’un des chefs d’œuvre absolus de l’album. Waters chante BIEN !! et sa voix se fait tour a tour plaintive, calme, rageuse, énervée, à peine cachée par un magnifique solo de guitare distordue comme il faut, reprenant de thème bien connu de Another Brick in the Wall.

S’ensuit l’angoissant Is There Anybody Out There ? et son solo de guitare classique que tout le monde à forcément joué un jour… Le piano arrive puis commence Nobody Home, la dépression de Waters arrive à son paroxysme, en même temps que son talent. Nobody Home est une ballade vraiment poignante, aux textes puissants et introspectifs. Vera s’enchaine directement, ce morceau n’est pas spécialement intéressent et perd tout son intérêt une fois sortie du contexte, tout comme la suivante : Bring the Boys Back Home.

Is There Anybody in There ?

Des voix sorties du premier disque se font entendre, la groupie, le maitre d’école, le manager, tout le monde semble vouloir parler en même temps. Soudain, la partie chantée de Is There Anybody Out There? revient, suivie d’un accord de clavier, un Ré mineur, que dis-je, c’est LE ré mineur, le ré mineur qui ouvre le grand chef d’œuvre de Pink Floyd, l’incroyable Comfortably Numb. La voix de Waters se fait angoissante, accompagnée parfaitement par le clavier de wright, on se croirait dans un rêve, l’accompagnement et les effets donnent une impression de torpeur. Soudain, une guitare acoustique prend le dessus et Gilmour se met a chanter de sa voix claire : « When I was a child, I’ve got a fever… » La réussite est totale. S’ensuit un petit solo sans grande prétention. Le deuxième couplet est dans la lignée du premier, à l’exception que Waters donne cette fois des effets à sa voix et sort de la ligne de chant basique. Le refrain revient puis… les mots de suffisent pas à exprimer la suite, c’est un deuxième solo, mais quel solo… Une partie de guitare aveuglante, impressionnante, émotive, c’est sans contestation possible LE chef d’œuvre de Gilmour… C’est avec grande peine que je me relève pour tourner le vinyle.

So Ya... (Partie 2)

Après un The Show Must Go On vite expédié, on peut entendre des bruits de public, puis la reprise du thème de In The Flesh? commence, le premier couplet est presque le même que celui du premier In The Flesh. Lorsque tout a coup… Notre Pinky national commence a délirer, le voila devenu un néo-nazi dangereux près à persécuter « l’impur ». Thème abordé sur la suite directe, Run like Hell, véritable pièce disco-rock simplement géniale. Pink se met a compter en allemand puis arrive Waiting For the Worms qui commence comme un morceau calme et finit en véritable marche militaire pour marteaux en réutilisant le thème de Another Brick

Good Morning your honor

Une porte s’ouvre… Des bruits de pas retentissent, ca y est, on est dans The Trial, la chanson qui est surement la plus ambitieuse de l’album. Un orchestre symphonique se charge de l’accompagnement et Waters change sa voix au grès de ses humeurs. Tous les personnages y passent, le maitre d’école, la femme du héros enfin bref tous les personnages de l’album se réunissent sous la voix d’une seule personne; c’est une prouesse vocale incroyable que Waters effectue ici… Soudain, on entend des bruits d’éboulement, ca y est, c’est parti pour le dernier morceau de l’album… Outside the Wall une ballade sans grand intérêt qui ne m’empêche pas de ranger mon vinyle dans sa pochette le sourire aux lèvres.

Conclusion

Cet album est sans aucun conteste l’album le plus ambitieux de sa décennie. Vous ne vous rendez pas compte, à l’époque ou le disco émergeait, Pink Floyd nous livrait ce chef d’œuvre conceptuel, musical. C’est une réussite en tous points, je pense le meilleur double album que j’ai pu écouter (London Calling, Tommy et autres Melon Collie And The Infinite Sadness peuvent aller se recoucher). The Wall, c’est 80 minutes de bonheur, bref, un très très grand album…



Auteur de la page : black strat (texte et mise en page).

article/the-wall.txt · Dernière modification: 27/06/2011 à 12:34 (modification externe)